Le grand portrait : emmanuelle bour

Autres informations / 29.08.2007

Le grand portrait : emmanuelle bour

La fin de l’année 2007 est riche en échéances.

Outre la question “bruxelloise”, nous pensons bien sûr aux élections à France

Galop et à la succession de Louis Romanet. En cette veille de rentrée, nous

avons souhaité vous présenter les deux personnes qui formeront un tandem à la

direction générale de France Galop : Emmanuelle Bour (que nous vous présentons

aujourd’hui) et Thierry Delègue (dont nous publierons le portrait demain).

 

Si Emmanuelle Bour Poitrinal est une femme qui

monte, elle le doit largement à l'effet de surprise qu'elle sait provoquer.

Après des études à « l'Agro », et plus d'une vingtaine d'années aux Haras

nationaux (qu'elle a fini par diriger), elle a été choisie par Edouard de

Rothschild pour assumer, avec l'aide de Thierry Delègue, l'impossible

succession de Louis Romanet à partir de l'année prochaine. Cette annonce avait

provoqué un choc dans le milieu plutôt conservateur et «masculin» du Galop, qui

ne donnait que peu de crédit à cette nomination. Quand la future Directrice

générale a débarqué à France Galop un matin d'avril, tout le monde l'attendait

au tournant. « France Galop est une grande maison, et j'ai commencé par faire

un tour de piste général, rencontrant un maximum de gens, visitant les sites et

les services, prenant des points de repère. J'ai été impressionnée par la très

grande technicité des individus tant sur le terrain que dans les services plus

administratifs. » En un mot, elle a été bluffée par ce qu'elle a découvert «

derrière le rideau », pour reprendre son expression. Cette prise de contact l'a

pleinement rassurée quant à sa volonté d'intégrer la société-mère, et quand on

l'interroge sur ses motivations, elle s'enthousiasme en précisant « qu'il

s'agit d'une formidable opportunité d'évoluer dans le segment le plus pointu de

la filière cheval. » Et de citer volontiers les paroles de Jean-Luc Lagardère :

« Le pur-sang, c'est la F1 du cheval ! ». Depuis le printemps, on la voit dans

tous les lieux du Galop, comme s'il s'agissait de rattraper le temps perdu. Et

si elle consacre tant d'instants aux uns et aux autres, « c'est parce que ce

milieu est très exigeant : il y flotte une culture associative qui veut que

chacun ait son mot à dire et qu'il réclame à juste titre beaucoup d'attention.

» Cette posture de la nouvelle venue a séduit ses interlocuteurs, qui déplorent

parfois une certaine forme d'autoritarisme au sein de l'Institution. Il n'en

demeure pas moins qu'Emmanuelle Bour avoue avoir encore beaucoup à apprendre,

notamment sur les relations entre les courses et le jeu, et sur le domaine

qu'elle qualifie elle-même d'économique : « J'ai clairement été engagée pour

m'occuper en priorité des problèmes économiques et politiques, et j'arrive dans

la conjoncture extrêmement tendue qu'impose la Commission de Bruxelles. » Elle

déplore l'agression dont est victime le système français, tout en avouant qu'on

ne peut se soustraire à l'ouverture économique et à la dimension européenne -

qu'elle comprend et qu'elle encourage. Elle s'attend à deux mois de travail et

de négociations intenses pour que l'Institution des courses parvienne à un

compromis satisfaisant avec la Commission et les partenaires concernés.

Cette période

cruciale ne fait pas peur à Emmanuelle Bour, qui préfère rebondir positivement

: « L'ouverture qui se profile nous oblige à réfléchir sur la vocation et le

rôle de France Galop, qui ne peut rester figée au sein d'un monde qui change.

En particulier, le souci prioritaire est celui de l'avenir de la filière

économique qui est en jeu dans les recompositions futures. Je crois qu'il faut

absolument élargir le champ de France Galop qui, au-delà de son rôle

réglementaire et technique, doit se préoccuper des dimensions économiques et

sociales de notre activité. ». On le constate : Emmanuelle Bour part en guerre.

Et dans son combat, pas question d'évoquer un quelconque handicap lié à sa

condition de femme : « En période de changement, un regard différent et

complémentaire est certainement un atout et je vous rappelle que l'ouverture

est une idée qui se dit au féminin ! »