Le grand portrait : thierry delègue

Autres informations / 30.08.2007

Le grand portrait : thierry delègue

La fin de l’année 2007 est riche en échéances.

Outre la question “bruxelloise”, nous pensons bien sûr aux élections à France

Galop et à la succession de Louis Romanet. Pour que vous puissiez mieux

connaître le tandem qui lui succédera, nous vous avons présenté hier Emmanuelle

Bour ; place aujourd’hui à Thierry Delègue.

Tout le monde sait que Thierry Delègue est un

homme discret, trop discret. Connu et reconnu pour sa maîtrise des sujets

techniques des courses et de l'élevage, il l'est moins pour ses analyses

prospectives. Qui sait, par exemple, que c'est lui qui a convaincu Jean-Luc

Lagardère de la nécessité d'une piste artificielle pour créer un meeting

hivernal à Deauville ? Il est clair que sa réserve naturelle ne le sert pas au

sein d'un système où ceux qui occupent bruyamment le devant de la scène

monopolisent l'attention. À la base des principaux dossiers de l'Institution,

Thierry Delègue est l'indispensable cheville ouvrière de France Galop, sa

présence solide permettant à sa camarade de promotion à «l'Agro», Emmanuelle

Bour, de former avec lui un tandem crédible. Quand l'idée de cette équipe prit

corps, Thierry, dont la réflexion s'insère dans un cadre d'ouverture mondiale,

décida d'enrichir ses analyses en parcourant le monde hippique des Etats-Unis à

l'Asie. Il en est revenu avec beaucoup d'idées et quelques convictions dont il

nous a fait part. « En premier lieu, ce qui me préoccupe est l'attrait des

courses, et il me paraît acquis que cet intérêt est lié à l'existence de

«champions», dans chaque catégorie. Seuls l'exploit et l'excellence captivent

les foules. Alors que, dans le monde entier, les courses souffrent de leur

tendance à la banalisation, à la monotonie, il me paraît indispensable de

promouvoir toutes sortes de challenges et de défis. » Voilà un discours radical

et novateur auquel les habituels responsables ne nous ont pas habitués. Pour

confirmer et matérialiser ses desseins, le responsable des courses nous a

confié qu'on s'acheminait, dans le cadre du grand weekend de l'obstacle, vers

l'inscription d'une course de haies dans un challenge anglo-français. Bref, il

veut promouvoir des champions, rallier ainsi du public, à l'image du concept

intéressant mais peu adapté aux courses européennes des «World Series».

Le rôle de sa Direction, qui compte 327

collaborateurs soit 84% des effectifs de France Galop, doit à ses yeux toujours

évoluer vers une ouverture plus grande, en changeant son image d'administration

trop tatillonne. Après le premier pas qu'a constitué la création du Département

Propriétaires début 2006, il a voulu marquer d'un symbole fort cette

orientation en souhaitant que lui soit directement rattachée la nouvelle

Direction des Relations extérieures. Chargée plus particulièrement des

relations internationales et du développement du propriétariat, cette direction

a aussi vocation à jouer l'interface entre les membres de France Galop et les

autres Directions. La présence sur le terrain, la volonté d'écoute et la

disponibilité des membres de cette équipe sont les maîtres mots de Thierry à ce

sujet : « Nous sommes au service de nos membres et nous devons les accompagner

dans leurs diverses démarches : recrutement, accueil, gestion comptable ou

technique. L'esprit Club doit s'imposer ! » D'autre part, il désigne une

priorité politique : améliorer la transparence de nos courses. « Nous souffrons

à France Galop d'une communication encore insuffisante envers le public et les

professionnels. La transparence est devenue une nécessité absolue. Dans notre

monde moderne surinformé, il faut expliquer pour convaincre et le faire vite.

Pour prendre un exemple pratiqué avec bonheur à Hongkong, je compte proposer

d'instaurer une mini-conférence de presse à l'issue de chaque réunion France

Galop, avec un commissaire et le directeur de réunion qui répondront aux

questions des journalistes. » Là encore, celui qui passe pour être timide prend

ses nouvelles responsabilités par les cornes, mettant en avant l'expérience

acquise dans l'ombre de Louis Romanet, longue période d'incubation

indispensable au patron qu'il devient. « La lisibilité des courses est

indispensable et je suis très séduit par les procédés virtuels de suivi des

concurrents utilisés à Keeneland et Woodbine » ajoute notre interlocuteur.

« Mais ne concluez pas que l'étranger fait tout

mieux que nous, précise-t-il. L'autodénigrement est un sport national

parfaitement injustifié ! Nos courses et notre organisation sont d'un

remarquable niveau, quasiment inégalé dans le monde. Dans le concert européen

et mondial d'évolution des courses et des paris, qui représente à mes yeux une

formidable opportunité de développement, la France occupe une position très

favorable et porteuse d'avenir si nous épousons les bonnes directions. En

particulier, le mutualisme au niveau du jeu me semble être une exigence absolue

car seule la pratique du pari mutuel est garante de confiance, d'équité, de

contrôle, de transparence des paris. Nous ne sommes pas un casino, où les

parieurs jouent contre une entreprise profitable qui les assèche. Nos parieurs

jouent entre eux sur une compétition sportive que nous organisons. »