L'enseignement d'une grande vente de yearlings : deauville est « professionnelle »

Autres informations / 22.08.2007

L'enseignement d'une grande vente de yearlings : deauville est « professionnelle »

La hausse record de la moyenne enregistrée lors

de la dernière vacation demande quelques éclaircissements. Est-ce l'effet d'une

demande internationale qui s'est « déposée » à Deauville le temps d'un week-end

pluvieux ? Sûrement pas, bien au contraire. En effet, il semblerait que les

ventes de Deauville n'aient pas réussi à capter une large clientèle

internationale comme cela se produisait aux plus belles heures de ces ventes

dans les années 1980. Par exemple, les clientèles asiatiques et américaines,

qui pourtant apprécient traditionnellement le contexte deauvillais, ont fait

défaut. De même, les clients en provenance des nouveaux lieux qui s'ouvrent à

l'économie mondiale n'ont pas fait de halte en Normandie : peu de nouveautés du

Moyen Orient, pas de Russes à l'exception d'Eduard Mordukhovitch, drivé par MAB

Agency, et peu de clients des nos pays limitrophes (Italie, Espagne et

Allemagne). De plus, la demande anglaise s'est montrée assez timide (Blandford,

Warren, Stroud sont restés sur un ton mineur) et c'est sans doute à cause d'une

évolution négative des allocations outre-Manche. En un mot, si ces ventes ont

bien fonctionné, ce n'est pas en raison d'un renouvellement de la demande ou

d'un gonflement de celle-ci. Cette affirmation étant d'autant plus certaine

que, parallèlement, la clientèle française ne faisait pas d'étincelles, voyant

d'ailleurs des soutiens aussi précieux que la Marquise de Moratalla ou les

frères Wertheimer se faire d'une extrême discrétion. Il faut se rendre à

l'évidence : le sursaut des ventes de Deauville est la conséquence d'un facteur

interne qualitatif et non d'un facteur externe visible. C'est l'ensemble de ces

ventes qui a progressé. Tous les consigners, grands ou petits - et c'est

particulièrement marquant chez les petits - ont proposé des yearlings valables,

aptes à marcher avec décision, aux aplombs pas trop critiquables, avec des

pedigrees suffisants. Ce qui s'est transformé, c'est le soin apporté par les

vendeurs à leurs produits : Deauville est désormais devenue une scène

professionnelle, à l'instar de Newmarket ou de Kill. Les Français étaient

perçus comme des dilettantes doués et inconstants par nos maîtres d'outre-

Manche ; cette période est close : les éleveurs français sont devenus des

professionnels aux yeux de tous, et Arqana a contribué à cette mue.