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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Les deux têtes d’arqana

Autres informations / 15.08.2007

Les deux têtes d’arqana

Le 1er juillet 2006, Olivier Delloye plaque la

direction de la communication de Conforama, une des entreprises du géant

Pinault-Printemps-Redoute, pour devenir directeur dans une entreprise de moins

de vingt personnes, l'Agence française de ventes de pur sang. Il rejoint un

monde qu'il connaît bien, puisque son père Gilles, ancien entraîneur, est le

puissant secrétaire général de la Fédération des courses. Les couleurs de son

grand-père ont même gagné le Grand Prix de Paris en 1957 avec Altipan. Olivier

est d'ailleurs né au mois d'août 1973… un jour de ventes : « Mon père a appris

ma naissance en achetant des yearlings. » Mais l'euphorie est de courte durée.

Deux jours après l’arrivée d’Olivier, patatras ! L'Agence française disparaît,

du moins sur le papier, pour se fondre dans Arqana. Impossible de faire machine

arrière ; trop tard pour quitter le bateau… Curieux mois de juillet 2006 :

l'organigramme a transformé Olivier, adjoint de Philippe Augier pendant deux

jours, en directeur général d'Arqana chargé des ventes de chevaux. Sur le

terrain, il lui faut trouver ses marques dans l'urgence, puisque la plus grosse

vacation de l'année - Août-Yearlings - a lieu dans les jours qui suivent.

Un an plus tard, mercredi 15 août 2007, 8 heures du

matin. Le soleil est revenu sur Deauville, après un mardi pluvieux qui n'est

jamais le bienvenu à trois jours des ventes. Nous sommes dans le bureau d'Eric

Hoyeau, Président du Directoire d'Arqana. Avec Olivier Delloye. On comprend

vite que les débuts mouvementés d'Arqana ne sont plus qu'un lointain souvenir.

Même si les deux hommes ne se sont « pas choisis » (dixit Olivier - un simple

constat), la complicité entre eux, comme le souligne Eric, a été immédiate : «

Notre mode de fonctionnement s'est très vite mis en place. Entre nous, tout

s'est fait naturellement. Mais quand même, nous avons eu de la chance que ça

marche ! » Comme Arqana a rapidement décidé de conserver ses deux sites

consacrés aux ventes de galopeurs, les deux managers partagent leur temps entre

Deauville et Saint-Cloud - et passent plus de temps au téléphone (« On

s'appelle 25 fois par jour », confie Olivier) ou à échanger des messages

électroniques instantanés (« Nous sommes tous les deux des Blackberry addicts

», dit Eric) qu'en réunion. Le système informatique de l'ensemble de

l'entreprise a lui aussi évolué pour faciliter le travail en réseau à distance.

Le deal, précisément, entre Eric et Olivier, c'est que

les deux hommes touchent à tous les sujets, partagent tout, en apportant à

chaque fois ce qui fait leur force : l'expérience et le sens commercial côté

Eric, la jeunesse et l'expertise marketing côté Olivier. Entre Eric le «

marchand de chevaux » et Olivier le « jeune cadre dynamique », la tentation

aurait été de s'éviter. C'était simple, il suffisait de passer un pacte : toi,

tu conserves Deauville et moi je garde Saint-Cloud, toi tu t'occupes du

management et moi je prends le commercial… Ils ont fait le contraire. Et la

spirale positive qui accompagne Arqana depuis sa création il y a un an leur

donne raison. Deux entreprises, Goffs France et l'Agence française, ont

fusionné avec succès, alors que leur taille et leur culture n'étaient pas du

tout les mêmes. La mayonnaise a pris, comme entre les deux patrons d'Arqana,

Eric et Olivier, si différents, si complémentaires. Et aujourd'hui amis.