John o’connor (ballylinch stud) : « 15%% des parts seront réservés aux éleveurs françaais »

Autres informations / 07.09.2007

John o’connor (ballylinch stud) : « 15%% des parts seront réservés aux éleveurs françaais »

JDG. – Beaucoup d’éleveurs

voulaient acheter Lawman et, finalement, c’est vous qui avez emporté la mise…

John O’Connor. – Je vais vous

faire une confidence. Cela fait des mois que Lawman était ma « top target » (cible

prioritaire) de l’année ! Cet hiver, Jean-Marie Béguigné et Paul Nataf sont

venus me voir à Ballylinch (en Irlande, ndlr). Jean-Marie m’a parlé d’un 2ans.

Il m’a dit que c’était un cheval exceptionnel. Ce 2ans, c’était évidemment

Lawman. C’est à ce moment-là que le projet d’achat a mûri dans ma tête...

Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement chez lui ? Tout ! Son pedigree, son

modèle, sa pointe de vitesse, les distances sur lesquelles il a réussi...

Vous savez sans doute que la

France regrette son départ en Irlande ?

Oui, mais je veux dire aux

éleveurs français que, depuis que nous avons commencé à parler avec Paul Nataf,

nous avons décidé qu’un contingent des parts sera réservé aux éleveurs

français. Je peux même vous dire que ce sera de l’ordre de 15%. Ballylinch se

réserve une partie importante des actions, et les autres seront proposées aux

éleveurs irlandais et anglais dans le cadre de la syndication en cours.

Quel sera le prix de la part

?

Il n’est pas encore fixé. Je

vous en dirai plus dans deux ou trois semaines. Promis : vous serez les

premiers à savoir ! Avez-vous une idée de l’attractivité que représente Lawman

auprès des Irlandais et des Anglais ?

Il fait déjà l’objet d’un

grand intérêt. Je vous rappelle que nous avons toujours bien réussi avec

d’anciens compétiteurs français, comme Whipper ou Soviet Star.

L’ANALYSE

LE DESTIN CLASSIQUE DE LAWMAN

La chronique de Lawman en

2007 est un assez bon résumé de l'ambiance actuelle en France et en Europe. Il

a fait l'objet des convoitises dues à son rang, et l'issue des tractations est

une fois de plus un départ pour un haras irlandais.

Acte 11.. Le pensionnaire de

Jean-Marie Béguigné, fils de l'étalon en vogue Invincible Spirit et frère de la

classique Latice, gagne le Prix du Jockey Club (Gr1). Il devient un étalon

prometteur. Mais avant même que son avenir au haras ne se dessine, Darley

approche l'entourage du poulain pour l'acquérir. On sait que l'écurie Godolphin

est une grande consommatrice de ce type de chevaux, d'autant plus cette saison,

au cours de laquelle les organisations du cheik Mohammed semblent décidées à

faire main basse sur tous les sire prospects du monde. Le succès de Chantilly

est-il encore trop proche, trop fort dans le cœur de certains de ses

copropriétaires ? Toujours est-il que les deux parties ne tombent finalement

pas d'accord, d'autant qu'un avertissement vétérinaire, opportun pour tout le

monde, conditionne la suite de la carrière du poulain. Puis Lawman gagne donc

le Prix Jean Prat sous les couleurs de Claudio Marzocco et de ses amis, en

particulier Enrico Ciampi et le courtier Paul Nataf.

Acte 22.. Des éleveurs

installés en France décident de s'allier pour faire une nouvelle offre à

l'équipe de Lawman. C'est une excellente nouvelle. On sait le mal qu'ont les

Français à s'entendre sur ce type d'opérations. D'autres haras français, de

grande taille, leur emboîtent le pas. L'apparition d'une nouvelle génération

d'investisseurs, souvent étrangers, dans les haras normands a pu contribuer à

ces offres, toutefois insuffisantes, même après la mauvaise prestation de

Lawman dans le Prix Jacques le Marois.

Les Irlandais ne faiblissent

pas pour autant. John O'Connor, de Ballylinch Stud, où sont déjà installés

Whipper, Soviet Star et King's Theatre, proposés entre 7.000€ et 12.000€ la saillie,

emporte ainsi le lot. Il faut dire que, comme il nous l'a confié, O'Connor est

depuis plusieurs mois sur le coup. Et puis son offre est manifestement très

supérieure à celle des Français, obligeant les « Lawmen » à mettre de côté

leurs hésitations « patriotiques ».

Le problème est bien là.

Peut-on, sur le marché français, « remplir » un étalon dont le prix de saillie

dépasse les 20.000 euros ? En théorie, oui. Pourquoi huit cents juments

iraient-elles à la saillie à l'étranger sinon pour les étalons les plus coûteux

? Cependant, dans les faits, ce n'est pas le cas. Les sires irlandais, s'ils

étaient basés en France, auraient du mal à remplir leur carnet de bal, comme si

leur seule présence sur le continent réduisait leur attrait, y compris aux yeux

des éleveurs et des commerciaux français.

Le fait, néanmoins, que

certains d'entre eux, y compris de nouveaux opérateurs, se soient réunis pour

offrir plusieurs millions d'euros est très encourageant. Ils n'ont pas eu gain

de cause cette fois, mais ils ont montré qu'ils étaient capables de venir à

bout de leurs différences pour inverser la tendance et rejoindre les

étalonniers sincèrement soucieux d'améliorer le niveau de notre élevage. Pour

eux, l'herbe du voisin qui est plus verte que la leur pousse sur nos prés.

ER