Le père, monsun : un « super » qui a mis de temps à s'imposer

Autres informations / 19.09.2007

Le père, monsun : un « super » qui a mis de temps à s'imposer

Elevé par le Gestut Isarland,

Monsun atteignit le prix correct de 90.000DM aux ventes de yearlings de

Baden-Baden. Et personne ne pouvait imaginer alors qu'il deviendrait le premier

étalon allemand de dimension vraiment internationale. Cheval solide et sérieux,

il remporta 12 de ses 23 courses entre 2ans et 5ans, dans la plus pure

tradition d'outre-Rhin. 2ans utile (2 vict), il gagna 6 courses à 3ans, sa

meilleure année, dont les Gr1 Arak Pokal et le Preis von Europa. Il confirma à

4ans en regagnant le Preis von Europa, et déclina ensuite à 5ans.

C'était suffisant pour

entamer sa carrière d'étalon chez son propriétaire, au Gestut Schlenderhan, le

haras allemand le plus célèbre, à qui le turf européen doit la fameuse famille

des

« A » à laquelle appartient

Allegretta d'où Urban Sea, King's Best, Galileo, Anabaa Blue et Adlerflug,

récent vainqueur du Derby allemand. Cheval assez fort et bien fait, de taille

moyenne (1,63m), assez long dans son rein, Monsun eet des débuts en

demi-teinte, manquant de glamour classique pour attirer les éleveurs, ayant

donc des générations peu fournies. Bien que produisant Samum (Derby allemand

Gr1) dès sa première année, la situation n'a pas vraiment évolué avant 2006.

Voilà encore un étalon qui a dû se faire tout seul, n'ayant pour lui ni un

nombre important de foals, ni la qualité des juments présentées malgré son lieu

de stationnement. Il faut dire qu'il était, au départ, presque trop allemand et

trop solide, y compris pour les éleveurs germains qui rêvent en anglais. Car

Monsun est un pur produit local, totalement vierge des grands courants modernes

de l'élevage international (ce qui en renforce la spécificité et l'intérêt pour

l'élevage européen qui tient là une perle rare), issu du croisement des lignées

autochtones de Dschingis Khan et Birkhan, peu connues des éleveurs européens qui,

à la rigueur, avaient entendu parler d'Acatenango. C'est pourquoi le nombre de

juments saillies resta limité malgré des bons résultats immédiats : Manduro par

exemple n'est qu'un des 56 produits de son père pour sa 6e génération, ce qui

semble dérisoire en regard des statistiques irlandaises, d'autant plus

dérisoire que sur les 56 produits de 2002, Monsun eut 7 gagnants de Stakes dont

Manduro et Royal Highness

! Pour preuve de cette

tiédeur, bien que déjà établi en Allemagne, Monsun n'eut que 41 foals en 2004,

et 33 en 2005. Mais le décollage eut lieu en 2006 avec Shirocco, sa

Breeders'Cup Turf et sa Coronation Cup. Monsun fut enfin perçu par l'élevage

international comme un sire exceptionnel, sa saillie passant à 120.000€ en

2007, avant d'être annoncée à 150.000€ en 2008, ce qui est phénoménal pour un

cheval stationné en Allemagne (il faut dire qu'en 2006, le Baron Von Ullmann

avait refusé, avec quelque plaisir, une offre « géante» de Coolmore). Hormis

les produits mentionnés, notons dans sa production Gentlewave, gagnant du Derby

Italien et heureusement stationné en France au Haras du Thenney, Schiaparelli

(Derby allemand), Anna Monda (Gr1) et Guadalupe (Oaks d'Italie). Désormais, il

saillit les meilleures juments d'Europe, représentant la seule opportunité d'un

croisement de qualité totalement outcross, et l'on est en droit d'attendre

quelques exploits de sa fin de carrière qui ne ressemble en rien à ses débuts

laborieux d'étalon trop local.