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Les grandes leçons de keeneland 2007

Autres informations / 27.09.2007

Les grandes leçons de keeneland 2007

SPÉCIAL KEENELAND : LE BILAN

Les 15 jours de vente de

yearlings à Keeneland viennent de s’achever, l’heure est donc au bilan et aux

analyses.

 

Premier constat.

C’est bien à 2 ventes bien

distinctes auxquelles nous avons assisté.

Une première qui a duré 2

jours (le book 1) et une seconde qui s’est étalée sur 13 jours. La première, de

sélection, s’est mal déroulée si on la compare au feu d’artifice de 2006, et

elle a révélé une baisse de l’ordre de 20% des principaux indices. La seconde

nous a offert le spectacle d’une progression remarquable sur les 13 jours du

middle market qui s’est révélé être en hausse d’environ 15% en moyenne.

 

Deuxième constat.

Les ventes de sélection sont

devenues fragiles. Leur déroulement découle de facteurs pas toujours objectifs

et maîtrisables par les organisateurs et les professionnels.

Une vente de « prestige » ou

de « sélection » peut être déterminée par la présence ou l’absence de tel ou

tel gros intervenant, elle peut être influencée par la conjoncture financière,

elle peut être conditionnée déterminée par tel ou tel arrangement tacite entre

les gros opérateurs, etc.

 

Troisième constat

Un middle market en pleine

forme.

Les ventes normales qui

rassemblent les bon yearlings ainsi

que le moyen marché se

portent très bien. Les 13 derniers jours de Keeneland nous ont offert la

réalité d’un marché très solide, en nette progression, avec de nombreux

intervenants très diversifiés. Donc : belle santé et forte profondeur du middle

market comme n’a cessé de nous le marteler Geoffrey Russell, directeur des

venets de Kenneland.

 

Quatrième constat.

Le marché s’est

professionnalisé et s’est assagi.

Il est vraisemblable que les

prix de folie pour des yearlings entre 5 et 15 millions de dollars

appartiennent à un passé pour l’instant révolu. Ce dégonflement de la petite

bulle médiatico-spectaculaire très aidé par l’arrangement tacite entre Darley

et Coolmore est un très bonne nouvelle qui nous ramène vers des calculs plus

économiques. Cette tendance devant évidemment se retrouver sur les grands

marchés européens de l’automne, les acteurs étant les mêmes.

 

Cinquième constat.

Le marché se concentre vers

les prix intermédiaires. Selon les observateurs et agents, le yearling

recherché à Keeneland était celui qui devait atteindre un prix entre 200.1 et

300.000$, c’est-à-dire un animal attractif et sain, porteur d’avenir sans être

pour autant par le meilleur étalon et la meilleure jument tout en étant bien

né. Par transposition, on pourrait en déduire que le « bon yearling européen

type » se situe dans les 100/200.000€. Keeneland, le leader, nous livre cette

leçon à méditer par tous les éleveurs : il faut viser le haut du milieu !

 

Sixième constat.

Le marché des yearlings est

très favorable aux pouliches.

Cette dimension est elle

aussi importante : elle révèle un engagement des opérateurs vers l’élevage,

c’est-à-dire vers les fondamentaux de l’activité, vers ses bases. Cette

tendance est rassurante quant à la pérennité des courses et de l’élevage car

elle traduit le retour d’une culture hippique auprès des nouveaux acteurs : ils

se situent dans le long terme.

 

Septième constat.

Les Etats-Unis et l’Europe

divergent.

On assiste à une «

re-spécialisation » américaine et européenne, chaque continent ayant « ses »

étalons. Le temps de l’importation d’étalons européens est révolu depuis 10

ans, depuis que Claiborne a cédé le leadership à Lane’s End, depuis que Will

Farish a effacé Bull Hancock de la mémoire des éleveurs du Kentucky. Le temps

où les Northern Dancer, Danzig, Nureyev et autres Lyphard «faisaient» Keeneland

est oublié. Désormais règnent des étalons très américains comme Distorted Humor

et A.P.Indy, Kingmambo étant le dernier représentant du « pont » entre les 2

continents. Cette spécialisation n’est d’ailleurs pas étrangère au repli du

Book 1, les étrangers cherchant avec difficulté le yearling adaptable, ce qui a

aussi relevé l’intérêt pour les pouliches.

 

Huitième constat.

Baisse probable des prix de

saillies.

Les prix des saillies des

étalons leaders, entre 100.000 et 300.000€, doivent impérativement baisser,

pour se mettre en correspondance avec le vrai marché test qui est celui des

yearlings.

Par ricochet, les prix des

saillies aux alentours des 50.000€ doivent eux aussi subir un contrecoup dans

la cadre d’une homogénéisation de l’ensemble du marché de l’élevage. C’est une

bonne nouvelle pour les éleveurs qui ont vu, durant les dernières années, le

marché totalement dirigé par les grands étalonniers qui ont monopolisé les

profits de la profession.

JDG reviendra bien sûr sur

tous ces enseignements pour les préciser et pour ouvrir ses colonnes aux débats

qui ne manqueront pas de surgir.