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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Manduro : les réactions

Autres informations / 19.09.2007

Manduro : les réactions

ANDRÉ FABRE : « DIFFICILE DE

SAVOIR QUAND EST INTERVENU L’ACCIDENT »

L’entraîneur de Manduro avait

déclaré au Racing Post :

« Manduro est le meilleur

cheval que j'ai entraîné. J'aime tout en lui : son attitude, son apparence, son

mental. J'étais plus     que confiant pour

l'Arc et j'avais suggéré à Georgevon Ullmann de tenter l'exploit de la B r e e

d e r s ' C u p Classic, tant je crois Manduro capable de tous les exploits,

sur toutes les distances, sur tous les terrains. » Répondant aux questions de

JDG, mardi, il a ajouté : « Il est très difficile de savoir quand est intervenu

précisément son accident. Cependant, il existe à Longchamp, quand le terrain

est léger, une zone à la fin de la descente, dans la fausse ligne droite, où

ont lieu la plupart des incidents. C'est précisément là que Manduro et Distant

Way se sont un peu gênés mutuellement. Il a peutêtre suffi que Manduro ne

galope pas tout droit un court instant pour que l'irréparable advienne. On ne

saura jamais, et c'est désormais derrière nous. »

 

PETER CHAPPLE-HYAM : UN

TABLEAU ASSOMBRI

Dans les colonnes du Racing

Post, l'entraîneur du favori de l'Arc Authorized a dit toute sa peine de perdre

un adversaire de ce niveau : « C'est très dommage, car c'était un cheval

magnifique et on n'aime jamais voir un champion terminer sa carrière à cause

d'une blessure. L'Arc sera quand même une superbe course, mais l'absence de

Manduro assombrit le tableau de l'épreuve et ça c'est dommage. Je compatis avec

son propriétaire et son entraîneur. J'ai déjà été à leur place et c'est dur à

supporter. En fin de compte, nous travaillons avec des animaux et tout peut

leur arriver. Il faut s'y habituer, même si c'est difficile à digérer. »

 

MAURICE ZILBER : UN PUR FABRE

Connaisseur en champions,

entraîneur ayant gagné le Jockey Club, le Derby et les King George, nous donne

un avis contrasté : « Manduro est sûrement un bon cheval, qui pour moi n'a pas

battu grand monde, faute d'une opposition relevée, en tout cas en France dans

l'Ispahan, dans le « Le Marois » et même dans le Foy. Mais s'il a atteint cette

stature exceptionnelle, si le cheval a gagné en brio, on le doit à André Fabre.

Je dirais que Manduro est un pur produit Fabre, qu'il est une invention de la

marque Fabre, qui a su tirer la quintessence, à 5ans, du fils de Monsun. Pour

moi, au risque de vous décevoir, l'entraîneur a fait le cheval. »

 

JEAN-MARIE BÉGUIGNÉ : TROP

D’EFFORTS

Entraîneur de Lawman, qui lui

aussi a quitté prématurément la compétition : « Ce qui est arrivé à Manduro,

ainsi qu'à Lawman, est une conséquence de l'intensité de la compétition et de

l'amplitude des efforts à accomplir et à supporter par les organismes et le

squelette de ces athlètes de haut niveau que sont les chevaux de course.

Manduro est un excellent cheval, qui a régné sur les chevaux d'âge européens,

ce qui n'est pas rien. Mais je ne lui attribuerais pas les superlatifs qui

remplissent la presse, saisie par l'émotion : un très grand performer doit

avoir des succès classiques, ce qui n'est pas le cas de Manduro. Il se révèle

au plus haut niveau à 5ans, un peu quand les purs ont quitté le terrain de jeu.

»

 

 

 

YVES DE NICOLAŸ : TRAGIQUE ET

BANAL

Entraîneur de Top Moss, 1re

du Prix d'Aumale (Gr3) lundi à Chantilly : « L'incident arrivé à Manduro est

tragique et banal, c'est la dure loi de notre compétition. C'est un grand

champion, qui a été victime d'un excès de vitesse sur une piste qui les

autorise, et qui, d'une certaine manière, les punit. Or Manduro a fait beaucoup

d'excès de vitesse cette année… »

 

ALAIN DE ROYER DUPRÉ :

TERRAIN LÉGER…

Entraîneur de Mandesha,

seconde de Manduro dans le Prix Foy : « Bon nombre des partants de dimanche

dans ces grandes courses préparatoires au week-end de l'Arc sont rentrés bien

raides à l'écurie. Mandesha met du temps à se rétablir de l'effort de dimanche,

et elle ne doit pas être la seule, tant le terrain était léger. Manduro, qui

est sans doute allé un peu plus vite que tout le monde, n'a pas supporté l'état

de la piste : cela a dû résonner dans son squelette et l'un de ses canons s'est

fissuré. C'est bien regrettable, car on aurait pu éviter des circonstances si

difficiles pour nos chevaux en arrosant un peu plus la piste. C'est également regrettable,

car Manduro est un champion et nul n'aime les voir partir ainsi. »

 

THIERRY DELÈGUE :

UNE EXCEPTIONNELLE LONGÉVITÉ

Directeur général adjoint de

France Galop : « Ce qu'il y avait d'exceptionnel chez Manduro, c'est sa

longévité. Cela faisait longtemps que nous pouvions le voir courir. Déjà, à 2

ans, c'était un très bon cheval puisqu'il avait débuté par une victoire avant

de gagner Gr3 en Allemagne. Il a disputé dix-huit courses, pour dix victoires

et huit places. Aujourd'hui, une carrière aussi fournie est rare chez un pur

sang à ce niveau de compétition. Et il finit sur cinq victoires consécutives !

Manduro est la vedette dont le galop avait besoin et nous sommes très déçus par

sa blessure. Nous aurions tous voulu qu'il achève sa symphonie… »