La breeder’s cup dans le doute

Autres informations / 27.10.2007

La breeder’s cup dans le doute

Samedi 27, M o n m o u t h (Etats-Unis). Plus

que toute autre, cette édition 2007 semble aujourd’hui très incertaine, en

particulier d’un point de vue américain. L’installation de la grande

manifestation sur le joli petit hippodrome de Monmouth y est pour beaucoup.

Dans une région qui fut la rivale touristique de Saratoga pour riches

Newyorkais jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale (un peu Dieppe contre

Deauville), les courses ne sont plus tout à fait florissantes. Peu de

concurrents ont couru là cette saison. Les logos violets de la Breeders’Cup

tentent sans succès de s’imposer sur le fond vert et blanc typique de Monmouth

Park depuis son ouverture à la fin du XIXème siècle, et une certaine confusion

semble donc régner. Il a aussi beaucoup plu dans la région de New York, où il

faisait portant grand soleil et un climat méditerranéen, jusqu’à lundi soir.

Vendredi matin, pourtant, l’anneau de gazon semblait encore bien résistant. Un

autre facteur de confusion a aussi son importance cette année. La promotion des

pistes Tous Temps aux quatre coins des Etats-Unis ces deux dernières saisons, en

particulier dans le Kentucky et en Californie, apporte son lot de perspectives

nouvelles pour les Européens, mais plonge beaucoup de professionnels et de

parieurs américains dans l’incertitude. Ces derniers devaient jusqu’alors faire

leur « papier » avec deux, voir trois surfaces possibles : le dirt, le dirt

détrempé (« sloppy », comme vendredi à Monmouth) et le gazon. D’autre part, les

pistes en dirt, comme Keeneland auparavant, et Monmouth Park, favorisaient

souvent les chevaux de vitesse, les plus vite sur le mors et au premier rang.

Cet angle favorable a disparu sur les All Weather. L’édition 2007 des Blue

Grass Stakes (Gr1), une des principales préparatoires au Kentucky Derby (Gr1),

sur le nouveau sol de Keeneland s’est disputé à la manière de Longchamp, dans

un sprint, ce qui a beaucoup déçu les fans US. Deuxième ce jour-là, Street

Sense (Street Cry) est allé ensuite prendre sa revanche sur le sable de Churchill,

dans le Derby. On ne sait donc pas très bien quoi penser des chevaux qui ont

réussi sur le sable fibré, par opposition aux chevaux de dirt. Certains entraîneurs

américains sont radicaux : Bob Baffert évite carrément de courir sur ces

pistes, parce qu’il s’est spécialisé sur les chevaux de vitesse. Pour quelqu’un

qui a fait fortune en Californie, c’est un comble. L’an prochain, la Breeders

sera à Santa Anita, justement, sur la toute nouvelle Cushion Track. Pour un pro

comme Baffert, c’est pire que s’il devait courir en obstacles à Kempton Park !