La correction d’english channel

Autres informations / 28.10.2007

La correction d’english channel

Samedi 27, Monmouth (États Unis). Sept longueurs, rien que

ça ! Non seulement Dylan Thomas (Danehill) n’a jamais été en mesure de défendre

son Arc, mais en plus, l’américain English Channel (Smart Strike) a laissé le

peloton à sept longueurs, la marge la plus importante jamais enregistrée dans

le Breeders’Cup Turf. Le flop européen dans l’édition 2007 du « Championnat

mondial des pur-sang » est total et sans appel. Une bonne nouvelle tout de

même, notamment pour l’éleveur Aga Khan : le deuxième est né en France, puisque

c’est Shamdinan (Dr Fong). Constamment au premier rang avec l’outsider Fri Guy

(Theatrical), qui a surtout pris soin de ne pas battre de record de vitesse, le

pensionnaire d’Angel Penna Jr a solidement gardé la deuxième place malgré la

bonne fin de course de Red Rocks (Galileo), le tenant du titre. « Je suis très,

très heureux, a déclaré l’entraîneur après la course. Il avait beaucoup

progressé après sa dernière course et n’est battu aujourd’hui que par un très

bon cheval. » C’était seulement la quatrième course américaine du troisième du

Prix du Jockey Club. Le courtier Eugenio Colombo, qui a assuré la transaction cet

été, était évidemment sur un nuage : « Pft, c’est encore mieux que d’avoir

gagné les Secretariat Stakes, s’est-il exclamé. Le cheval est le seul 3ans de

la course et ce qu’il fait aujourd’hui est formidable. » Dylan Thomas, pour sa

part, a terminé seulement cinquième sans jamais se montrer menaçant. « Il a eu

le parcours que j’attendais, a noté Aidan O’Brien, mais il a tout de suite été

à l’ouvrage sur ce terrain. Il a une si belle action, il préfère le bon

terrain. ». Son jockey Johnny Murtagh était plus radical encore : « Ce n’était

pas une course sur herbe, la preuve, a-t-il déclaré en montrant ses bottes tâchées

de boue. Il a patiné toute la route. Il a même détesté son canter pour aller au

départ, alors que c’est un cheval qui adore courir. Nous n’avions aucune chance.

» Curieusement, les plus inquiets avant la course étaient peut-être les membres

de l’entourage d’English Channel. On craignait en effet qu’il déteste lui aussi

cette piste assouplie. Pourtant, après avoir galopé au sein du peloton et

s’être rapproché en face, le pensionnaire de Todd Pletcher a laissé ses

adversaires sur place dans la dernière ligne droite pour ce qui était sa

dernière course. « Le voir courir va me manquer, a admis son propriétaire James

Scatuorchio. Il a beaucoup travaillé et comme quelqu’un a eu la gentillesse de

tomber d’accord avec moi pour son entrée au haras la semaine dernière, sa

carrière de course est terminée. » Résident du New Jersey, le propriétaire

espérait depuis le début de l’année que son cheval arriverait au top samedi,

car il savait que l’avantage d’être à domicile, surtout avec un cheval qui

avait déjà gagné deux fois sur cette piste, pouvait s’avérer décisif : « Nous

n’aurions pas battu Dylan Thomas en France avec ces montées et ces descentes.

Il était sur notre terrain, aujourd’hui. » Un drôle de terrain mais un sacré

gagnant. Il en faut, de la vitesse, pour mettre sept longueurs à un peloton de

Groupe 1 après un mile en 1’46’’. Malheureusement, English Channel va quitter

les pistes et une prochaine rencontre avec nos meilleurs européens n’est pas au

programme. La suite à Santa Anita, sur un autre terrain, pas forcément plus favorable

aux Européens, d’ailleurs. Au moins, il ne devrait pas pleuvoir, en Californie

du Sud.