La france s’invite a la breeders’cup

Autres informations / 27.10.2007

La france s’invite a la breeders’cup

Vendredi 26, M o n m o u t h (États Unis). Votre

correspondant s’est assez plaint de l’absence des Français à Monmouth Park pour

ne pas bondir sur l’occasion : la victoire de N own own ow (Wh y w h y w h y ) dans

la première édition du Breeders’Cup Juvenile Turf (Gr1) est française. Le

propriétaire Fabien Ouaki, l’entraîneur François Parisel (assistant de Patrick

Biancone, qui a pris sa suite il y a quelques jours suite à la suspension de l’entraîneur

français – Parisel ellait son troisième partant officiel, aussi le troisième de

la journée) et le jockey Julien Leparoux le sont tous les trois – comme Patrick

Biancone. Malgré la pluie diluvienne, l’obscurité qui ne semblait plus devoir

tarder, cette première Juvenile Turf a tenu ses promesses, bien au-delà de la

nationalité de ses vainqueurs. Sous le commandement de Preachin Man (Danzig),

qui a bouclé les premiers 400 mètres en 24’’, et de Prussian (Danzig), bientôt

rejoints par l’irlandais Domestic Fund (Sadler’s Wells) et The Leopard (Storm

Cat), la course s’est vite décantée, Nownownow et le représentant d’Aidan

O’Brien Achill Island (Sadler’s Wells) galopant bons derniers. Les leaders ont

tenu le coup jusqu’à l’entrée de la ligne droite, lorsque le peloton a commencé

à faire mouvement dans leur sillage. On a d’abord aperçu Achill Island, lancé

en pleine piste par Johnny Murtagh passer les chevaux de tête, mais Julien

Leparoux faisait mouvement à son tour et prenait le meilleur à environ

cinquante mètres du but. « C’était le plan, a expliqué Julien Leparoux, il

fallait le relaxer derrière, comme l’avait demandé P a t r i c k Biancone. J’ai

presque pris l’avantage trop tôt, car il s’est repris, une fois devant, avant

de repartir quand l’autre est revenu sur nous. » Nownownow a été élevé aux USA

par Fabien Ouaki, qui court là-bas sous le nom de Fab Oak Farm. Il a installé

son élevage dans le Kentucky après avoir vendu ses actifs français à Deauville

en 2003, suite aux problèmes rencontrés par l’entreprise familiale, les

magasins Tati. « Il n’y avait aucun rapport, explique-t-il aujourd’hui, mais

dès que nous parlions avec les syndicats, ils remettaient nos chevaux sur le

tapis. J’ai donc tout vendu, et ils ont compris après seulement que le problème

n’était pas là. » Fabien Ouaki avait déjà envoyé Bonapartiste aux USA chez Ron

McAnally après qu’il eut fini deuxième du Prix de Lutèce (Gr3). Le cheval

devait ensuite se placer plusieurs fois de Groupe 1. C’est une des expériences qui

l’ont incité à développer son élevage outre-Atlantique, mais aussi l’arrivée de

son vieil ami Patrick Biancone aux États-Unis : « Le marché, le public, les

chevaux… tout est ici, estime-t-il. J’ai une propriété de 40 hectares tout près

de Winstar dans le Kentucky et Patrick me conseille, suit mon élevage. J’y ai

20 juments, dont la mère de Nownownow, Here and Now (Exit to Nowhere), que

j’avais achetée yearling à Deauville pour 130.000 Francs , et la soeur du poulain,

Marche de Paix (Marchand de Sable), une gagnante de Listed que j’ai vendue

350.000$ avant de la racheter pour 20.000$ ! » Here and Now a été élevée en

France par Maurice Lagasse et Michel Henochsberg. La présence d’Exit to Nowhere

dans son pedigree laissait supposer que son poulain s’en sortirait bien sur une

piste assouplie. La fête eut été complète si un grand absent avait pu faire le

déplacement : Patrick Biancone, qui remporta son premier Groupe 1 américain sur

le dirt en 2002 avec Whywhywhy, dans les Futurity Stakes 2002. Le cheval

appartenait déjà à Fabien Ouaki et à son entraîneur. « Patrick vit comme une

balle de pingpong, a dit de Biancone Fabien Ouaki, qui rebondit toujours. Avec

le temps, il faut envoyer la balle plus fort sur la table pour qu’elle

rebondisse. Il reviendra, comme toujours, parce que c’est un homme de cheval depuis

le début, et qu’il ne pense qu’à ça. »