La princesse mandesha tire sa révérence

Autres informations / 10.10.2007

La princesse mandesha tire sa révérence

LES SUITES DE L’ARC DE TRIOMPHE

Il fallait s’y attendre, et aucun lecteur de

JDG ne sera étonné par la nouvelle qui a été confirmée aujourd’hui : Mandesha

rentre au haras.

Elle n’était plus l’époustouflante pouliche de

2006 qui a réussi un « coup de trois » magique : Astarté-VermeilleOpéra. Trois

Gr1 qu’elle survola de toute une classe. Disons-le clairement, l’année

dernière, à partir de l’été, Mandesha a été magique gagnant chaque fois sur une

simple accélération progressive ces 3 Gr1 qui sont parmi les plus diffciles à

accrocher. Sa domination était telle qu’elle s’est permis le luxe, un peu comme

Manduro cette année, d’ignorer les distances, remportant ces courses prestigieuses

sur 1600m à Deauville, puis sur 2400m dans le Vermeille, puis enfin sur 2000m

le jour de l’Arc ! Il fallait une princesse pour Zahra et elle l’était, par sa

classe pure, par son accélération dévastatrice, par son modèle impressionnant

qui lui donnait cette allure de mâle dominant.

Quelle était sa distance préférée ? Question

pas facile. L’éleveur répondrait sans hésiter le mile. En effet, son père Le

discret et excellent étalon Desert Style (Green Desert) tenait difficilement le

mile, mais on remarque que certains de ses meilleurs produits tiennent bien

au-delà comme Next Desert, vainqueur du Derby allemand. Cependant, de ce côté,

indéniablement c’est la vitesse qui prime. Quant à la mère Mandalara (Lahib),

difficile de se prononcer : elle n’a couru et gagné qu’une fois sur 1900m à

Chateauroux, remportant à la peine d’une courte tête cette course sans

signification. Cependant ses frères Mandilak et surtout Manndar (Doyoun)

tenaient 2000m. Christophe Soumillon qui adore cette Mandesha nous a déclaré

sans hésiter « qu’elle lui semblait être plus à l’aise sur 1600m », sans doute

l’éblouissement de l’Astarté.

Reconnaissons que Mandesha témoigne d’un

syndrome (sans doute naturel) qui affecte les très bonnes pouliches de courses

qui restent à l’entraînement à 4ans sur la base des exploits réalisés à 3ans.

Sans faire référence à une statistique laborieuse à établir, les entraîneurs

chevronnés savent que l’on retrouve pas toujours sa championne, en tout cas

très rarement dans le premier semestre de l’année de 4ans. Il nous semble, hélas,

que c’est cette règle jamais démontrée, qui est venue à bout des bonnes intentions

de l’entourage de cette fabuleuse performer. Disonsle abruptement : la Mandesha

2007 n’a jamais égalé celle de 2006, loin s’en faut. Certes sur le papier ses

performances semblent de très bonne facture : 1 victoire et 3 places de 2e dans

des Gr1. Après une victoire peu impressionnante dans le Corrida Gr3, elle a

accumulé d’excellentes places de 2e dans de prestigieux Gr1 comme le Grand Prix

de Saint-Cloud (1long1/2 derrière Mountain High), les Nassau St ( 1 long ½

derrière Peeping Fawn), le Foy ( 2 long ½ derrière Manduro). Hormis à

SaintCloud, nul déshonneur d’être défait par Peeping Fawn, la championne de

l’été en Grande-Bretagne, ou par Manduro, le gagnant moral de l’Arc de Triomphe

tant les lignes sont claires. Mais ce qui nous a chagriné dans les Nassau et le

Foy, comme à Saint-Cloud, Mandesha semble aller facile dans le parcours, elle

se rapproche comme pour manger Peeping Fawn à Goodwood, comme pour inquiéter

Manduro à Longchamp, et chaque fois elle coince, elle grimace. L’incontestable

Princesse semble ne plus en vouloir, et ceci depuis le début de l’année, elle

n’a plus envie de se faire mal. Et c’est ce qui est souvent arrivé à certaines

légendes du Turf qui ont mal négocié le passage à la maturité.

On sentait Alain de Royer Dupré secrètement

inquiet pour sa championne tout au long de l’année. Finalement, après la leçon

du Foy et l’évidente mauvaise volonté de la star, on a essayé les œillères

australiennes qui ont fait merveille à l’occasion du travail du Mardi qui

précédait l’Arc. Munie de cet artifice, on avait retrouvé la Princesse et elle

fit une impression telle que l’entourage reprit l’espoir. Hélas, la coquine a

trompé son monde et elle sait désormais faire la différence entre la course qui

fait mal et la matin qui demeure amusement. Comme disent les vieux de

Chantilly, non seulement c’est une Princesse, mais désormais elle sait lire et

écrire.

C’est maintenant une autre histoire qui s’ouvre

pour la Princesse de la Princesse: celle de l’élevage, si passionnante. Quel

sire sera digne Mandesha ? Quand nous le saurons, nous ne manquerons pas de

l’annoncer à nos lecteurs : les stars comme Mandesha ne quittent jamais

l’actualité.