Le grand pedigree : zarkava

Autres informations / 24.10.2007

Le grand pedigree : zarkava

LA POULICHE : UNE PRINCESSE

JDG avait décerné le label de «JDG Rising Star»

à Zarkava à la suite de ses impressionnants débuts dans le Prix de la Cascade.

Elle ne nous a pas démenti quand elle cloua ses valeureuses opposantes dans le

Prix Marcel Boussac Gr1. Christophe Soumillon a donné des émotions à ses

preneurs dans ce classique des 2ans pouliches car il fut victime de sa volonté

première, à savoir d’emprunter le chemin de la corde, qui est effective-

ment avantageux le jour de l’Arc. Mais il y

était victime « d’encombrements de trafic » et ce n’est qu’après s’être dégagée

de ces ennuis que Zarkava a pu placer sa fantastique accélération pour prendre

le meilleur de 2 longueurs sur Conference Call (Anabaa) qui elle-même eût fait

une très belle gagnante du Boussac s’il n’y avait eu la star Zarkava.

Elle avait si bien travaillé le mardi précédant

le grand weekend de l’Arc qu’Alain de Royer Dupré nous confia qu’il avait

décidé de courir sans hésitation, alors que nous savons que ce grand entraîneur

n’aime guère bousculer ses jeunes pousses, et leur demander de relever de tels

défis alors qu’elle débutait assez verte quatre semaines avant le grand jour.

Mais, très belle pouliche, à la fois expressive et puissante, la descendante de

Zahra, et donc de Petite Étoile, bouscule les convenances et les routines, tant

elle apparaît comme exceptionnelle. Si les Dieux du Turf la protègent, il est

certain que Chantilly tient là une authentique championne et que nous devrions

la revoir au printemps 2008, entre la Poule d’Essai et le Prix de Diane, pour

hisser haut les couleurs vert et rouge de l’Aga Khan.

 

LE PÈRE : ZAMINDAR, LE SIRE DE CES DAMES

Zamindar est un peu le chouchou de JDG, car

nous n’avons jamais raté une occasion de rappeler le parcours très inhabituel

de ce mal-aimé de l’élevage. S’il avait quand même sailli environ 70 juments

pour sa 1re année de monte en 1998, c’était déjà le signe d’une réserve des

éleveurs britanniques en regard des 120 juments qui furent saillies la même

année par son frère Zafonic. Aussi, après une mauvaise saison 2000 où il fut

longtemps indisponible, il fut « délocalisé

» et isolé pour 2001 et 2002 à un haras de

Floride qui le louait et où il a sailli peu de juments sans relief à un prix de

saillie officiel de 5000$. Mais, dans le même temps, sa 1re production anglaise

avait 3ans et apparut ainsi Zenda, gagnante de la Poule d’Essai des Pouliches

Gr1. Dans le même temps, Zafonic eut un accident mortel.

Du coup, retour au bercail de l’exilé qui eut

une centaine de juments à saillir en 2003 et parmi elles, les mères de Darjina

et de Coquerelle ! Cependant, comme la mémoire est bien fragile, et que Zenda

était oubliée, le pauvre Zamindar n’eut que 49 foals en 2005, dont Zarkava (!),

et il n’a servi que 33 juments en 2005 et 47 en 2006. Cette année, malgré

Darjina, ses saillies se traitaient à un prix inférieur au tarif officiel... À

tel point qu’on l’annonçait imprudemment cet été comme venant en France pour la

saison 2008, mais Zarkava brilla de mille feux à Longchamp et l’entourage du

Prince Khalid semble avoir opté pour un statu quo bien compréhensible en 2008.

Cependant, il faudra bien un jour que le marché rende justice à ce formidable

Zamindar, père déjà de 4 pouliches classiques malgré son parcours contrarié.

 

 

LA MÈRE ZARKASHA : HABILLÉE AGA KHAN DE HAUT EN

BAS !

Zarkasha (1999) pouvait se noyer dans la masse

des poulinières de l’Aga Khan car elle n’a pas couru, et elle concentre dans

son pedigree tous les « étalons maison » : Kahyasi, Doyoun et Shernazar. Mais

elle est sœur de Zarkiya (Catrail)(1997) qui galopait, gagnante du Sandringham

Gr3 et 4e de la Poule d’Essai, ce qui suffit pour ouvrir les portes du haras,

sur un mode d’essai. C’est pourquoi elle fut présentée à Kendor puis à Zamindar

; et si le 1er produit est resté anonyme, le second, c’est Zarkava, joie et

mystère de l’élevage. Reconnaissons que Zarkana (1992), la grand-mère de

Zarkava, n’a pas été présentée à des foudres de guerre pour ses 5 premières

années : Catrail, Zilzal, Kahyasi, Priolo et Starborough ; et ça ne l’a pas

empêché de faire Zarkiya avec Catrail, ce qui en soi est un exploit, tant ce

sire fut décevant en Irlande. La 3e mère de Zarkava, Zarna (1987) est surtout

la mère de Zarannda (Last Tycoon) qui gagna le Prix Amandine L et qui fut 2e de

l’Astarté Gr2. Cette Zarna ayant pour elle d’être une fille de Zahra (l’Aga a

donné ce patronyme à sa Princesse de fille) qui est la seule descendante

directe de Petite Etoile, pouliche de légende qui passe en Angleterre pour la

plus impressionnante gagnante des Guinées-Oaks depuis la Deuxième Guerre

Mondiale ! Pour compléter la légende qui est en train de s’écrire, Petite

Etoile est la descendante de la prestigieuse poulinière de base de la famille

Aga, Mumtaz Mahal. Que Zarkava se le dise : elle a de qui tenir !

 

  

LE CROISEMENT : UNE RECETTE QUI MARCHE

Il n’y a guère de lois sérieuses et performantes

en élevage, mais on note souvent des croisements qui marchent bien au sein

d’une famille, et ce constat vaut comme recette si on arrive à le

repérer. C’est ce que l’étude de JDG révèle

pour cette famille de Zahra que l’Aga Khan affectionne tant. En effet, quel est

le point commun des quelques bons performers qui se sont révélés à chaque

génération ?

Examinons Zarkava, Zarkiya, Zarannda, chacune

représentant la meilleure performer à chaque génération de la famille de Zahra.

Qu’ont-elles donc en commun ? La première est par Zamindar, la seconde est par

Catrail, la troisième par Last Tycoon : ces trois étalons sont des

milers-sprinters, bref des chevaux « vites ». Zamindar et Catrail étant de surcroît

des descendants de Mr Prospector. En somme, la recette semble simple pour

croiser les mères de la lignée de Zahra : les présenter à des étalons de

vitesse, plutôt du côté de Mr Prospector. Ce qui semble convenir à cette

vieille famille de l’Aga Khan souvent croisée, comme la mère de Zarkava, à des

Kahyasi, des Doyoun et des Shernazar.