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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Corde raide a new york

Autres informations / 31.12.2007

Corde raide a new york

 

Les trois

hippodromes dépendant de la New York Racing Association (NYRA) depuis 1955

vivent une fin d’année 2007 très difficile. Faute d’un accord de dernière

minute, Aqueduct (actuellement en meeting), Belmont Park et Saratoga pourraient

devoir fermer leurs portes.

À l’issue d’une

saga juridico-politico-commerciale qui permet de mieux comprendre l’origine de

la fortune et de la mauvaise image des avocats et des élus américains, les

autorités locaux et l’Institution des courses new-yorkaises, actuellement en

procès à propos de la propriété des terrains où sont installés les champs de

courses, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les termes d’un prochain

bail. La NYRA, en faillite et mise en ballottage par les autres opérateurs - privés

ceux-là - ayant répondu à l’appel d’offres que supposait l’expiration des

accords précédents, a néanmoins reçu le soutien du gouverneur démocrate de

l’État, Eliot Spitzer [photo], qui lui a demandé d’abandonner la propriété des

terrains moyennant un accord sur trente ans et l’effacement de sa dette.

Cependant, d’autres élus locaux, et en particulier le leader républicain de

l’assemblée de l’État Joseph Bruno, élu de la région de Saratoga, ont réclamé

davantage de la part de la NYRA. Ils souhaitent pêle-mêle la sous-traitance de

la gestion des simulcastings, un bail plus court, une réorganisation du Comité

de la NYRA (28 membres actuellement), un Comité de surveillance de l’État et

l’autorisation de mettre en place des machines à sous dans les deux hippodromes

de Long Island (Aqueduct et Belmont) et non seulement à Aqueduct. En somme, la

« tutelle » en veut pour son pouvoir, à défaut de son argent.

En attendant un

accord à long terme, le comité de supervision de cinq membres désigné par

l’État pour gérer l’organisation en cas d’échec des négociations au 31/12 a

offert à la NYRA de poursuivre la gestion par intérim jusqu’au 23 janvier.

Cependant, celle-ci refuserait de laisser les rênes aux représentants de

l’État, même de façon temporaire. Elle est donc allée demander à l’autorité

compétente, le Racing and Wagering Board,

qui délivre les autorisations de prendre des paris, de lui accorder un répit.

Cette dernière s’est déclarée incompétente, puisque le comité de supervision la

lui avait déjà accordée... Le plus grand flou demeure donc. Toutefois, les

réservations d’hôtel seraient en baisse pour le meeting d’été à Saratoga en

raison des doutes sur la pérennité du Deauville newyorkais. D’autre part, des

lobbies des courses de Saratoga menacent de publier des avis s’adressant

directement à Joseph Bruno, élu de Saratoga, pour lui demander des

explications. Aussi le sénateur aurait-il soudain lâché la pression et même

déclaré qu’un accord était imminent, ce qu’a démenti Charles Hayward, président

de la NYRA.

Cet imbroglio,

qui évoque les scénarios de séries telles que Desperate Housewives, One Foot in the Grave et bien sûr Spin City, pourrait être amusant s’il ne

menaçait de mettre des milliers de chevaux et d’hommes en grande difficulté.

Toutes

proportions gardées, il aurait pu se dérouler à Paris. Si France Galop n’avait

pas pu signer de bail précaire, pour Longchamp et Auteuil, avec la Ville de

Paris à l’expiration du bail précédent tandis que la mairie socialiste se

serait chamaillée ensuite avec l’État au sujet de l’avenir – pas forcément

hippique – des deux hippodromes. Le tout avec en toile de fond des propositions

d’opérateurs de courses privés et/ou étrangers mais légaux, désireux de gérer

les deux champs de courses à la place de France Galop et pas forcément avec

l’aide du PMU.

Ça fait

beaucoup de « si », mais à New York, tout est possible !