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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Carrière : stodoun :un seul être vous manque

Autres informations / 07.01.2008

Carrière : stodoun :un seul être vous manque

Dimanche

sonnait la sortie d’un monstre sacré. Du moins, c’est l’annonce faîte avant

course par son entourage  (cf. notre

édition précédente). Stodoun  (Pistolet

Bleu) s’en va et Cagnes va devoir reprendre à son compte le vers de Lamartine,

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » D’autant plus que Stodoun a

eu le panache de sortir dimanche, sur une victoire, dans le Grand Prix de la

Ville de Nice (Gr3), Grand steeple de Cagnes qu’il remporte ainsi pour la 3e

fois !  Et, quand l’histoire est belle,

elle mérite d’être contée.  Stodoun a

débuté dès le mois d’avril de ses 2ans, pour l’entraînement de Bernard Renard

et les couleurs de l’écurie Douaire, la même association qui avait fait fureur

quelques années auparavant avec les propres frères (par Kaldoun) Smadoun,

Kalmoss, Madoun et Madour. La mère de Stodoun, Tidouna, est d’ailleurs une

fille de Kaldoun et est rattachée à la même famille maternelle que Smadoun et

consorts. Elle a aussi produit Yosna (Sicyos) jument titulaire de 15 victoires

pour 197.030€. A 2ans, Stodoun court six fois sans pouvoir faire mieux que 3e.

Il enchaîne à 3ans et dispute 13 courses jusqu’au mois d’août où il se présente

à Rochefort-sur-Loire dans un réclamer. Il a, entre temps, gagné une épreuve à

Durtal sur un terrain très pénible en battant ce jour un cheval monté par Joël

Boisnard, Happy Chêne, de 4 longueurs. Joël est impressionné par son vainqueur

et s’en souviendra... le 23 août 1999, une date restée à jamais gravée dans sa

mémoire. Ce jour-là, il croise à nouveau la route de Stodoun, dans l’ambiance

particulière de Rochefort-sur-Loire, hippodrome bucolique, enclavé entre la

Loire et un de ses affluents anonymes, le Louët. L’hippodrome est charmant et

ombragé et il y coule généreusement des vins de Loire blancs, fameux et

doucereux, les Coteaux du Layon et le Chaume. 

En cet été 1999, Joël Boisnard prépare activement son futur, l’activité

d’entraîneur. Dans cette nouvelle position, il cherche des chevaux et,

évidemment, il se souvient de Stodoun et s’enflamme pour ce 3ans au physique

quelconque : plutôt léger, aux points de force invisibles… Autour de quelques

verres, il sollicite son beau-père, 

Gérard Margogne et demande son avis à Yannick Fertillet, un grand

spécialiste des achats à réclamers. Joël a déjà déposé un bulletin à 43.000FF

et Yannick lui propose de s’associer à condition de mettre plus pour assurer un

peu. L’association est scellée, quelques verres frais à nouveau dégustés, et un

autre bulletin de réclamation, à 47.111FF cette fois, est déposé dans l’urne.

Heureuse décision. Bernard Renard, a eu vent de l’intérêt porté à son cheval et

rédige un bulletin à 45.000FF !  La suite

est mieux connue. Stodoun passe ensuite alternativement dans les boxes de

chacun de ses propriétaires en fonction des saisons et des programmes

possibles. A Gérard Margogne, la charge de le courir en obstacle dans l’ouest ;

à Joël Boisnard celle de le présenter en plat dans l’ouest et en région

parisienne voire même en obstacle à Enghien (3e prix Léopold d‘Orsetti (Gr3)) ;

à Yannick Fertillet, la responsabilité des meetings hivernaux cagnois, desquels

il organise quelques raids fructueux vers l’autre meeting du moment, celui de

Pau. Devenu le roi de Cagnes, Stodoun compte sur la piste azuréenne 15

victoires et 6 places en 22 présentations. Bien sûr, il connaîtra quelques

soucis de santé et les interruptions de carrière malheureusement inhérentes à

la discipline de l’obstacle. Mais à chaque fois, il a su rebondir et revenir au

meilleur niveau. Son entourage doit aussi en en être félicité. A 12ans, il sort

par la grande porte, la très grande porte. Mais rien n’est improvisé et cette

sortie était programmée dans un accord entre les trois propriétaires. Il

fallait éviter la course de trop. Stodoun va dorénavant vivre une retraite

heureuse chez un pharmacien de Pouancé, à 5kms de l’écurie de Joël Boisnard. Il

disposera d’un box à son nom (!) et aura quelques compagnons de jeu.  L’établissement promet le meilleur comme des

couvertures lors des grands froids et des friandises. Il est d’ailleurs fort à

parier que les visites seront nombreuses. Anne, la femme de Joël, semble déjà

vivre ces futures rencontres tout en se rappelant les débuts. Quand ils se sont

installés et pris à leur tour Stodoun dans leurs box, leur premier apprenti, un

certain Maxime Levent, vivait en caravane dans l’attente d’un logement pas

encore sorti de terre. C’était en 2002. Et six ans plus tard, Stodoun termine

sa carrière monté par Maxime. Ce cheval s’est construit une famille. Il leur a

apporté beaucoup. C’est maintenant à lui de recevoir.