La botte d’imperial secret

Autres informations / 07.01.2008

La botte d’imperial secret

 

Dimanche 6, Cagnes-sur-mer. Les voies du Seigneur sont

impénétrables. À Cagnes comme ailleurs lorsque les courses d’obstacles révèlent

leurs tourments les plus absurdes, cette maxime passe partout revient souvent

en mémoire. Dans quel état d’esprit se trouvait Richard Chotard lorsque son Imperial Secret (Imperial Ballet) a

passé en vainqueur le poteau de la Grande Course de Haies de Cagnes (L) ?

Deuxième de Limaranta l’an dernier, le représentant de Tony Eaves a bénéficié

de circonstances favorables cette fois, puisque tout portait à croire qu’il

terminerait à nouveau second avant que Royal

Surabaya (Michel Georges) ne fasse tomber Cyrille Gombeau au dernier

obstacle. L’entraîneur du lauréat avait néanmoins la tête ailleurs, auprès de

son autre pensionnaire Marble Garden (Royal

Academy), tombé au bout de la ligne d’en face dans la course précédente, le

Grand Prix. Conséquence de sa seule et unique chute en France, la mascotte de

l’écurie ne retournera pas à Lamorlaye. « Ce

cheval donnait tout, a expliqué un Richard Chotard très ému. Il a fait le tour du Grand Steeple et

terminé cinquième avec son cœur. Ensemble, nous sommes allés à Cheltenham, il a

aussi pris la quatrième place du Grand Steeple d’Enghien. C’était un cheval

d’obstacle, un cheval sympa. Nous avons tout essayé… »

De son côté,

Gregory Adam expliquait sa course en selle sur Imperial Secret : « Il faut le laisser aller à sa main,

de l’avant, et ne pas chercher à le contrarier. J’ai laissé passer Royal

Surabaya dans le dernier tournant parce que mon cheval avait besoin de souffler

après en avoir tout de même beaucoup fait devant. Nous n’étions sans doute pas

encore battu lorsque l’autre est tombé, car Imperial Secret avait pris son bol

d’air. » De son côté, un Cyrille Gombeau évidemment écoeuré par cette

sortie ratée confiait à l’entraîneur de l’infortuné favori, Bernard Barbier,

qu’il ne « savait plus où le mettre

tellement il avait du gaz ». Au fond, peu importe qui aurait gagné. On

aurait juste préféré que tout le monde reste debout et que le meilleur s’impose

sans laisser derrière lui des questions sans réponse.

Cependant,

c’est un des aspects de la magie de l’obstacle. Elle peut être noire, mais

c’est de la magie quand même.

Le favori Ginko Biloba (Villez) n’a jamais menacé

les chevaux de tête. Il a terminé troisième, à cinq longueurs d’un Rock and Palm (Great Palm) toujours

plus convaincant cet hiver, lui-même loin du gagnant.