Disparition d’alec wildenstein

Autres informations / 19.02.2008

Disparition d’alec wildenstein

 

Alec

Wildenstein est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à Paris des suites

d’une longue maladie. Né en août 40 à Marseille, il était âgé de 67 ans. Moins

de sept ans après la disparition de son père Daniel, le second pilier des

« bleus », une des écuries françaises les plus célèbres dans le

monde, disparaît ainsi.

« C’est

arrivé si subitement, a déclaré Marie-France Pacault, secrétaire de M.

Wildenstein rue La Boëtie. Nous ne nous y attendions vraiment pas. Il avait

encore plein de projets pour l’écurie, pour les chevaux sur lesquels il fondait

ses plus gros espoirs… » L’écurie Wildenstein est représentée par 80

chevaux à l’entraînement en France, dont 37 poulains de 2 ans, la plupart chez

Élie Lellouche, quelque autres chez Dominique Sepulchre.

Elie Lellouche

avait rendu visite au propriétaire jeudi dernier : « Nous avions des relations plus amicales que professionnelles, a

expliqué l’entraîneur, et son décès est un coup dur. Nous avons eu notre part

de bons souvenirs, ces dernières années, avec les Prix de Diane (Gr1) d’Aquarelliste et de Bright Sky, la victoire de Westerner

dans la Gold Cup (Gr1) et celle de Vallée

Enchantée à Hong Kong. Alec avait succédé à son père en appliquant les

mêmes méthodes. Il suivait l’écurie de près, mais il laissait faire les gens.

C’est à lui que j’avais à faire mais son frère Guy, des États-Unis, a toujours

suivi l’actualité de la casaque de près. »

Les

deux fils de Daniel Wildenstein avaient perpétué la passion familiale en créant

l’écurie Wildenstein en 2002, quelques mois après la disparition de leur père,

en octobre 2001 à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Les couleurs sont ainsi

restées très actives dans les trois disciplines, notamment au trot avec Késaco Phedo, vainqueur du Prix d’Amérique

en 2004 après avoir été racheté pour moitié à Deauville sur la base d’un prix

record de 3 millions d’euros, et en obstacle avec Kotkijet, qui s’imposait pour la deuxième fois dans le Grand

Steeple en 2004, trois ans après son premier succès dans le classique

d’Auteuil.

C’est

néanmoins en plat que les plus beaux succès allaient couronner la gestion

d’Alec Wildenstein à la tête des « Bleus », confiés à Elie Lellouche

en 2001, quelques semaines avant le succès d’Aquarelliste dans le Prix de Diane

(Gr1). La pouliche allait aussi donner un Prix Vermeille (Gr1) à Daniel

Wildenstein quelques semaines avant son décès. La saison suivante, Bright Sky

remportait un second Diane consécutif pour la famille, puis le Prix de l’Opéra,

pour s’imposer également sur le mile du Prix d’Astarté (Gr1) l’été suivant, en

2003. Le plus beau coup de l’écurie Wildenstein au cours des années 2000 est

néanmoins sans doute celui qu’a failli réussir Westerner, deuxième du Prix de

l’Arc de Triomphe (Gr1) d’Hurricane Run

en 2006 après avoir remporté la Gold Cup d’Ascot, quatre mois plus tôt à York

sur 4.200 mètres. Le fils de Danehill transformait l’essai un an après avoir

pris la deuxième place du marathon d’Ascot.

Le

coup de poker d’Alec Wildenstein avec Westerner perpétuait le style propre à

cette écurie souvent novatrice, à laquelle la France hippique doit beaucoup. Le

goût du risque, allié à une longue expérience des choses du turf et de

l’élevage, permettaient aux Wildenstein de relever des défis, ou de faire

confiance à des hommes que d’autres, plus traditionnels, n’auraient osé

considérer. Ces casaques-là ont fait les grandes heures de notre sport, et il

faut souhaiter que la passion ne s’éteigne pas après ces deux disparitions

successives.

Il

est évidemment trop tôt pour deviner ce que va devenir l’écurie des bleus,

d’autant que le décès d’Alec Wildenstein, qu’on savait malade depuis quelques

temps, prend tout le monde de court. Rien ne devrait changer dans les prochains

mois, le temps que s’organise la succession. Les petits-enfants de Daniel

Wildenstein ont pu montrer à l’occasion leur intérêt pour les courses et

l’élevage. Dans les confidences qu’il avait publiées avant son décès, l’éleveur

propriétaire s’était dit confiant dans la pérennité des couleurs au-delà de sa

propre existence. Mais une telle organisation réclame beaucoup de travail et

d’attention, en somme un véritable engagement. Les courses françaises

perdraient beaucoup si, après d’autres disparitions de ces dernières années,

une nouvelle casaque classique s’en allait de nos programmes.