Hongkong : courses et politiques en conflit

Autres informations / 25.02.2008

Hongkong : courses et politiques en conflit

 

Les courses de Hongkong

accusent les politiques locaux de ne pas soutenir leur développement : un

exemple pour l’Europe.

 

Engelbrecht-Bresgues,

le pondéré patron allemand des courses de Hong Kong vient de déclarer la guerre

au Gouvernement qu'il accuse de favoriser implicitement l'activité illégale des

Bookmakers locaux. Quel est le détonateur de cette révolte peu banale à

Hong-Kong ? L'entreprenant Engelbrecht avait conclu un pré-accord novateur avec

le champ de courses de Churchill Downs pour que Hong-Kong et l'Asie puissent

jouer sur le Kentucky Derby 2008 début Mai. Mais ce projet a été refusé par les

autorités politiques de l'île sous prétexte que cette course se déroulait en

dehors des 78 jours de courses concédés au Hong Kong Jockey Club.

 

Winfried Engelbrecht-Bresgues s'est exclamé : « Le Hong Kong

Jockey Club a des clients qui souhaitent pouvoir engager des paris sur quelques

grands événements hippiques internationaux dont le Kentucky Derby. En refusant

cette possibilité, le Gouvernement précipite nos clients dans les bras

accueillants des bookmakers illégaux qui n'en demandaient pas tant. Nous

n'avons pas le droit de recueillir des paris sur les grandes courses mondiales

qui nous intéressent, alors que nos adversaires illégaux ont tous les droits,

et prennent tous ces paris sans en reverser le moindre retour à quiconque, ni à

Churchill Downs qui organise la course, ni à Hong Kong qui relaie les images ! »

 

La

législation de Hong-Kong, où les autorités étatiques attribuent les licences de

paris comme en France, bride les bénéficiaires en ne leur permettant pas de

relever les défis d'une concurrence illégale. L'exclusivité accordée au Hong

Kong Jockey Club se retourne contre lui dans la mesure où sa croissance est

contrariée par cette tutelle trop restrictive, alors que les opérateurs online

ne rencontrent aucune limite à leur développement. Cette injustice, voisine de

celle que rencontre le PMU, révolte le dirigeant qu'est Winfried Englebrecht,

et elle devrait interpeller les autorités françaises dans le cadre de ce que

pourrait être une ouverture contrôlée aux nouveaux opérateurs online et

off-shore. La concurrence est vertueuse à condition que les compétiteurs soient

à armes égales ; tout législateur, national ou européen, doit avoir pour

souci de veiller au respect de ce préalable incontournable.

 

Or

les autorités de Hong-Kong, à l'instar de l'idéologie qui anime la commission

de Bruxelles, manient les arguments contradictoires. En effet, ils viennent de

préciser qu'ils ne souhaitent pas accorder plus de fenêtres supplémentaires au

Hong-Kong Jockey Club car cet accroissement des opportunités inciterait la

communauté de Hong Kong à jouer plus ! Autrement dit, ils ne souhaitent pas la

forte croissance pour que celle-ci n'encourage pas l'addiction au jeu. La

morale politique veut limiter l'offre de paris, ce qui serait acceptable si

cette restriction s'appliquait à l'identique aux opérateurs extérieurs et

illégaux, ce qui n'est évidemment pas le cas. Bref, les grands principes

moraux, comme ceux parfois invoqués en Europe, ne sont que des slogans

incantatoires et pervers dans la mesure où ils ne font que précipiter ceux qui

veulent jouer dans les bras des paris Internet et équivalents qui ne rapportent

rien aux pouvoirs publics et à la filière hippique. En somme à Hong-Kong, et

déjà en Europe, ce qui est officiel, légal et mesuré végète au sein d'un

périmètre étroit, alors que les nouveaux opérateurs, de type bookmakers, récupèrent

discrètement et illégalement la clientèle que le jeu passionne. À méditer.