L’affaire green girl

Autres informations / 06.02.2008

L’affaire green girl

Gulfstream Park, Etats-Unis. Alors que la française Green Girl (Lord of Men) a remporté

dimanche dernier le Suwannee River Handicap (Gr3) à Gulfstream Park en Floride,

la validation de l’arrivée entre à présent dans une phase juridique.

L’entraîneur Mark Hennig, en charge de sa dauphine La

Dolce Vita (Quiet American) a, en effet, porté

réclamation auprès des officiels. Il conteste l’arrivée à partir d’un point

règlementaire qui, à ses yeux, n’a pas été respecté. Les jockeys Rene Douglas

(Green Girl, 1re), Eibar Coa (J’ray, 3e) et Edgar Prado

(Bel Air Beauty, 6e) ont, il est vrai, quitté leur monture pendant

quelques minutes avant le départ de la course. Or le règlement du Jockey Club

de Gulfstream Park précise que « le cheval doit porter le poids qui lui a

été assigné du paddock au départ et du départ à l’arrivée. » Alors que

Rene Douglas est tombé de Green Girl juste après le défilé, il est remonté sur

sa partenaire, une fois celle-ci récupérée, huit minutes plus tard. Pendant ce laps

de temps, Eibar Coa et Edgar Prado ont décidé de descendre de leur monture,

pour les détendre. Les officiels devraient communiquer leur décision vendredi

prochain.

 

GREEN GIRL, DU TEMPERAMENT A REVENDRE

Les facéties de Green Girl, dimanche à

Gulfstream Park juste après le défilé, ne sont pas ses premières du genre. Son

entourage français nous a ainsi appris que la jument a toujours été nerveuse et

délicate. Retour sur un parcours peu banal.

Co-élevée et

effectuant sa première partie de carrière chez Philippe Demerscastel, Green

Girl est remarquée par John Hammond pendant son année de 3ans. Il en fait part

aux managers de Ronchalon Racing Ltd, des Français installés à l’étranger.

Lorsque Green Girl passe sur le ring des ventes de décembre 2005 de Newmarket,

le marteau tombe en leur faveur à 78.000Guinées. Elle a 3ans ; c’est une

belle somme, mais la pouliche a déjà montré des moyens (5e de la Poule d’Essai des Pouliches

(Gr1)). Compliquée et explosive, elle oblige John Hammond à utiliser de

véritables subterfuges pour assurer un « équilibre mental » à sa

jument. Entre ses sorties en 2006 et 2007, il l’envoie ainsi souvent

décompresser au pré. Les propriétaires ont, de cette période, des souvenirs

saisissants. « Nous avons eu très

peur lorsque nous avons vu Davy Bonilla monter en l’air et retomber lourdement

à l’entraînement. En novembre 2006, à Toulouse dans un Gr3, avec Frédéric

Spanu, elle s’est aussi débarrassée de son jockey dans le rond de présentation.

Et a causé ensuite des difficultés dans les boîtes de départ. Peut-être

n’aurait-elle d’ailleurs pas dû courir ce jour-là (7e,

ndlr) ? »

John Hammond

conseille à ses propriétaires de lui faire suivre sa carrière aux USA à l’été

2007. Elle y trouvera un meilleur programme et pourrait s’épanouir grâce au

système d’entraînement américain où les chevaux se préparent sur les

hippodromes. Installé aux USA, le Français Christophe Clément entre en lice. Et

l’analyse de John Hammond se confirme car, après deux premières sorties sans

résultat mais à haut niveau (Gr2 et Gr1), elle prend la 4e place

d’un Gr3 à Aqueduct le 11 novembre. Deuxième ensuite d’un Gr2 à Calder, elle

vient de gagner le Suwannee River Handicap (Gr3) à Gulfstream Park (lire

supra).

L’éventualité

d’une rétrogradation serait une mauvaise nouvelle, mais n’effraie pas son

entourage : « Nous sommes dans

l’expectative. Et nos contacts nous ont informés que les règles de la Floride pouvaient conduire

à sa rétrogradation. »

En revanche, le

futur de Green Girl n’est pas remis en cause. Elle est partie dans le Kentucky

dès le lendemain de l’épreuve et va rencontrer Kingmambo (Mr Prospector) quelle

que soit la décision des officiels de Gulstream Park.