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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Annulation

Autres informations / 13.03.2008

Annulation

ANNULATION : SO UNUSUAL ET

POURTANT…

Si les

annulations sont monnaies courante en Grande-Bretagne l’hiver, la preuve en a

encore été apportée cette hiver, elles constituent à cette époque de l’année et

pour ce genre d’événement des exceptions notoires.

Le cas de

Cheltenham est de ceux qui se règlent vite : les supporters du Festival

rappellent deux dates dans les lustres modernes : 2001 et 1978. En 2001,

nous sommes en pleine tourment de la Fièvre

Aphteuse (Foot and Mouth Disease) et l’annulation de l’ensemble

du meeting est prise plusieurs jours avant son lancement. En 1978, le cas est

différent. Au mercredi soir chacun rejoint le sommeil accompagné de quelques litres

de bières et de menus flocons de neige. Mais au réveil, la surprise est de

taille : plus de 10 cm

d’un tapis blanc recouvre la cité et les pistes. Les plus pointilleux

précisent : 13 cm ! Le jeudi (jour de la

Gold Cup) est déplacé et raccroché au

meeting d’avril. Le lauréat se nomme Midnight Court et est entraîné par le

grand Fred Winter. Ce sera sa seule Gold Cup !

 

PETIT INVENTAIRE DES ANNULATIONS

Hors Cheltenham

et hors seule Grande-Bretagne, un petit travail de mémoire (ou d’inventaire)

met en lumière des causes nombreuses et variées ­ et la plupart ne doivent rien

au climat.

En France, il y

a d'abord les grèves, bien sûr : des employés GTHP, PMH, du personnel d'écurie,

etc. Et parfois, quand la réunion pourrait avoir lieu sans paris, puisque le

PMH est en arrêt de travail, ce sont les parieurs qui envahissent la piste pour

empêcher les courses d'avoir lieu sans eux. La France est le pays des

fromages (il y en aurait autant que de jours de l'année) et des grèves (au

moins une par an, un record).

Et puis il y a

les risques sanitaires : la dernière épizootie (« épidémie » de la

fièvre aphteuse) a déjà été évoquée et a conduit à l'annulation d'un meeting

complet de Cheltenham.

Et enfin les

risques tout court, par exemple quand le peloton prend les mouettes dans le

nez, au sens propre du terme, un jour à Cagnes-sur-Mer, ou quand les chevaux

font du patin à roulettes dans le dernier tournant sur un hippodrome noyé par

une crue de la Seine. Ou

encore quand, en 1906, les parieurs mécontents mettent le feu aux baraques du

pari mutuel à Longchamp ! Bien sûr, les courses sont annulées. Mais notre pays

y gagne une lignée d'administrateurs. C'est en effet pour son article consacré

à l'incendie que le grand-oncle de Louis Romanet achève de se faire remarquer

par les responsables de la

Société d'encouragement. Moins d'un an plus tard, il y est

intégré, initiant un siècle de gestion Romanet... Comme quoi l'annulation d'une

réunion peut mener à l'organisation de beaucoup d'autres !

Au nombre des

annulations saugrenues, la palme revient peut-être à Calder (Etats-Unis) et ses

épreuves si particulières de l’« Extreme Day at Calder ». Le 22

juillet 2006, les bizarreries se succèdent à un rythme endiablé comme le «

Report le plus rapide du monde », à savoir deux épreuves courues en même temps

(une sur le gazon, l'autre sur la piste extérieure en sable). Il était aussi question

d'un Prix du Mauvais sens, puisque disputé en sens inverse des programmes

habituels aux État-unis (corde à droite au lieu de corde à gauche). La journée

devait s'achever par un sprint de jockeys… à pied. Malheureusement, un orage a

mis à mal quelques-unes de ces courses de fous, notamment le « Report le plus

rapide du monde » et le « Marathon », puisque la piste en gazon était

impraticable ! (source « La

Revue du Galop »)