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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Aujourd’hui... le fou

Autres informations / 10.03.2008

Aujourd’hui... le fou

JDG

vous livre un éclairage particulier sur un étalon. Deux pages pour aider chaque

éleveur à l’heure de son choix.

 SAISON DE MONTE 2008

 (Polish Precedent et Floripédès par Top Ville)

En

station au HARAS DU GRAND CHESNAIE (53 200 Menil).

Prix

de saillie : 2.000€ HT LF PS – 1.500€ HT LF AQPS

Guy

PETIT : 06 07 32 13 44 – Gilles FOURNIER : 06 83 32 84 93 – Anthony BAUDOUIN 06

08 84 02 01

 

Le

Fou est en passe de réussir  son  pari 

:  prouver  qu’il n’est 

pas  que  le 

frère  de Montjeu, mais aussi un

très bon cheval de course et un reproducteur prometteur. Alors que Montjeu est

issu de Sadler’s  Wells,  icône   de

Coolmore Stud, Le Fou est un fils de Polish Précèdent, qui a  fait  sa 

carrière  à  Dalham Hall, le haras de Cheikh Mohammed à

Newmarket, où il  est  mort 

fin  juin  2005  à

19 ans. Miler bai bâti tout en puissance, 

ce  pensionnaire d’André Fabre fut

le champion de la saison 1989 où il a réussi le prestigieux doublé Jacques Le

Marois – Moulin de Longchamp. Issu d’un croisement américain de tout pre- mier

ordre, entre Danzig, extrêmement influent des deux côtés de l’Atlantique, et

une mère par le patriarche yankee Buckpasser (Tom Fool), Polish Precedent a

accompli son œuvre au haras. En tête de ses meilleurs rejetons sur la distance

classique : l’exceptionnel voyageur Pilsudski, vainqueur de la Japan Cup (Gr1)

et du Breeders’Cup Turf (Gr1), en plus du doublé Eclipse (Gr1) et Champion

Stakes (Gr1) en Angleterre. Polish Precedent a donné aussi un crack femelle

avec Pure Grain, deux grands milers également avec Court Masterpiece et le

furieux Ratki, un géant de 1,75m avec Darsi, tandis qu’il est également

représenté dans le parc étalon français avec l’aventurier Polish Summer.

 

La

famille maternelle de Le Fou a été l’objet d’un soudain coup de projecteur

médiatique grâce aux divers exploits de Montjeu, tant sur les pistes qu’au  haras. 

Six  Gr1,  dont deux 

performances  qui  ont marqué les mémoires dans le Prix de l’Arc

de Triomphe (Gr1) 1999      et les King George

d’Ascot (Gr1) 2000 : c’est avec un tel palmarès que Montjeu a intégré la cour

de Coolmore Stud.  Cela  n’a 

pourtant  pas suffi à en faire

automatiquement une star,  restant  d’ailleurs 

dans  l’ombre  coolmo- rienne  de  son  contemporain Giant’s Causeway, en raison sans

doute de sa souche très marquée par la tenue et un parfum semblant suranné.

Cette odeur a été insufflée par le père de mère, Top Ville,

auteur

d’un temps record dans le Prix du Jockey-Club (Gr1) 1979, qui a bien produit en

plat comme en obstacle avec Pistolet Bleu, Darara, Saint-Estèphe, Shardari, Un

Desperado, Force Atlantique, ou autre Astonville. Top Ville est aujourd’hui un

traceur recherché, père des mères d’Egyptband, Northerntown, Turtle Bowl,

Kindergarten, Winged Love, Voix du Nord et consorts.

 

Ces

valeurs ont profité d’un retour au premier plan grâce à la stupéfiante production

de Montjeu, qui compte déjà trois gagnants de Derbies,      soit Hurricane Run, Authorized et Motivator pour autant de

générations en âge de les disputer... Affiché à 30.000 euros juste avant ses

premiers  partants,  le 

tarif  de  Montjeu 

a  quadruplé aujourd’hui. Il a

éminemment mieux réussi que trois de ses proches  cousins, Dear Doctor, Généreux Génie et

Dadarissime, tous recrutés par des Haras Nationaux en l’occurrence aussi

tenaces que malchanceux, alors qu’ils se basaient sur les mêmes ingrédients qui

ont réussi au fils de Sadlers’Wells. C’est-à-dire une souche maternelle

robuste. Sa mère Floripédès a en effet gagné son Gr3 sur 3.100m, le Prix de Lutèce,

et n’a été devancée que par Star Lift dans le Prix Royal Oak (Gr1), sous la

selle de Richard Briard. Elle était entraînée par George Bridgland, dont les

nostalgiques conservent le souvenir ému d’un gentleman à l’ancienne. Il a

également veillé au soin de son frère Dadarissime (Highest Honor), très

fougueux mais autre bon marathonien triple gagnant de groupe.

 

 

Cette

tenue se retrouve aussi à la génération précédente puisque Toute Cy (Tennyson),

la grand-mère de Le Fou, demi-sœur de Généreux Génie et Dear Doctor, est

une  propre  sœur 

de  Le  Mamamouchi, vainqueur du Berteux (Gr3) avant

d’aligner 13 victoires en obstacles. Cette arborescence marquée par le sceau «

Souza-Lage », a développé la branche de Le Fou sous l’égide de Sir Jimmy

Goldsmith, qui avait acquis Floripédès pour courir. Tombé sous le charme de la

Bourgogne, cet homme d’affaires haut en couleurs avait acquis le vaste domaine

de Montjeu abritant un château construit en 1606 sur un site désert dont le

bâtisseur disait qu’il y serait toujours assez loin des méchants, tandis que

ses amis sauraient bien l’y trouver ! C’est donc loin de toute animation, au

cœur de la Saône-et-Loire, qu’a grandi le futur crack, qui allait porter le nom

du château. Né un mois avant le succès de son frère Montjeu dans le Prix du

Jockey-Club, Le Fou est le 8e  foal donné

par Floripédès, qui a fini ses jours dans les prés irlandais de Coolmore Stud.

Cette liste a été entamée par Cuixmala (Highest Honor), restée inédite mais

deve- nue  mère  du 

remarquable  Mont  Rocher 

(Caerleon), conquérant des campagnes de France, et poursuivie par un

autre voyageur, Le Paillard (Sanglamore), gagnant à Lyon du Prix René Bedel (L)

puis vainqueur aux Etats-Unis du San Juan Capistrano Handicap (Gr1) et enfin

étalon en Nouvelle-Zélande.  Notons  que 

la  fratrie  compte 

un  4e reproducteur,  Little 

Jim  (Sadlers’Wells),  vainqueur 

en France et installé en Grande-Bretagne.

Et

si ce dernier doit son ticket au haras uniquement par le lien du sang, Le Fou

a, en revanche, décroché sa place au haras aussi à la force du boulet sur les

pistes. Entraîné comme son aîné par John Hammond, Le Fou n’a bien sûr pas

accompli les mêmes exploits mais il a réalisé, au cours d’une carrière  longue (de 2 à 6ans) et  clairsemée (8 courses au total), quelques

valeurs de très haut niveau.  Et bien

qu’issu d’une souche de tenue, il a fait preuve de beaucoup de vitesse pure, en

gagnant sur 1.600 à 2.000m.

 

Grand

et élégant cheval d’1,66m, Le Fou a effectué des débuts discrets à 2 ans soldés

par une 5e place derrière Tripat (Persian Bold) et a changé de régime pour sa

rentrée à 3 ans. A Longchamp sur 2.000m, Le Fou se per- mettait de devancer ce

jour-là deux futurs champions : son dauphin Westerner (Danehill), marathonien

exceptionnel, et Sulamani (Hernando), 7e. Il a ensuite frôlé le succès dans le

Prix La Force (Gr3), en n’étant devancé que d’une courte encolure par River

Dancer (Sadler’s Wells), fils de Darara. Il dominait à cette occasion deux

sujets remarquables, Martaline (Linamix) et Great Pretender (King’s Theatre),

tous deux devenus étalons en France. Très en vue dans le Prix du Jockey-Club,

apanage de Sulamani, Le Fou s’y est accidenté. Ce qui a ruiné non seulement sa tentative

mais aussi la suite de sa carrière. Pendant trois saisons ensuite, Le Fou a

tenté des come-back improbables. Deux exemples. Tout d’abord sa rentrée

victorieuse à 4 ans, après treize mois d’absences dans une course à conditions

à Fontainebleau, devant le très bon « Bary » Minds Locked (Zamindar), suivie

d’une 3e place dans une listed valant bien des victoires, puisqu’obtenue

derrière les excellents Policy Maker (Sadler’s Wells) et Senex (Pelder) – deux

gagnants de Groupes auxquels il rendait beaucoup de poids. Ensuite son autre

retour à 5 ans, après 8 mois d’éclipse, dans un Prix de l’Axe Majeur dénué de

tout caractère gras à Longchamp, où Le Fou dominait les bien connus Sensible

(Sadler’s Wells), Morning Eclipse (Zafonic) et une certaine Pride (Peintre

Célèbre) ! Belle toile…

 

Après

deux premières saisons au Haras du Hoguenet (14), où il a couvert 66 et 54

juments, Le Fou est arrivé chez Gilles Fournier au Haras du Grand Chesnaie (53)

pour passer le cap toujours difficile de la troisième année de monte et doit

retourner ensuite en Normandie au haras du Hoguenet.