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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Avenir de la filière

Autres informations / 20.03.2008

Avenir de la filière

 

Ouverture du

marché des jeux en ligne : chez Ladurée, rien de nouveau…

L’Association

EBGA (European Gaming & Betting Association) regroupe des bookmakers en

ligne, c’est-à-dire prenant des paris sur Internet uniquement. Elle a organisé

une conférence de presse mercredi matin à Paris, dans le salon de thé Ladurée.

Une dizaine de journalistes étaient venus écouter le rapport du professeur

Jean-Jacques Rosa. Celui-ci a d’abord lu les principales conclusions de son

étude, financée par l’EBGA. Résumé : « Le PMU défend son monopole en

disant qu’il lutte contre l’addiction. Cet argument ne tient pas. La France

doit ouvrir le marché des jeux en ligne pour être en conformité avec le droit

européen. Cette ouverture profitera aux consommateurs (concurrence = prix en

baisse), à l’économie (prix en baisse = augmentation du chiffre d’affaire) et à

l’Etat (augmentation du chiffre d’affaire = augmentation des rentrées

fiscales). »

Pas un mot de

la filière hippique, pas des socioprofessionnels. Très superficiel, le rapport

Rosa place sur un plan d’égalité les loteries, les casinos et les courses. Pour

lui, il n’y aurait aucune différence entre les jeux d’argent. Les courses,

Jean-Jacques Rosa confesse mal les connaître – notamment le lien essentiel

(consubstantiel) qui lie la compétition hippique et les paris. Tout à sa vision

ultralibérale, et sans connaissance de l’histoire du sport et des paris

hippiques, il assimile même à une subvention de l’Etat, la part du prélèvement

reversée à la filière… L’analyse reste immanquablement scotchée à la

consommation (les joueurs) et aux revenus fiscaux (l’Etat). Du reste, morne

plaine.

La secrétaire

générale de l’EGBA, Sigrid Ligné, est plus pointue. Plus prudente aussi.

Question : Vos entreprises s’intéressent-elles aux courses ?

Réponse : « Les courses ne représentent qu’une toute petite partie de

notre activité. » Etes-vous pour ou contre le mutuel ? « Nous

sommes favorables à la cote fixe mais cela ne veut pas dire que nous soyons

contre le mutuel. » Seriez-vous prêts à financer la filière hippique sur

des bases comparables aux bases actuelles ? « Nous ne connaissons pas

encore les conditions d’entrée sur le marché. Nous avons encore besoin d’en

parler avec les personnes qui vont fixer les règles de l’ouverture. Rien ne dit

que les choses resteront en l’état. » Dans d’autres pays d’Europe,

l’arrivée de bookmakers a considérablement affaibli la filière. Qu’en sera-t-il

en France ? « Pourquoi évoquer un scénario catastrophe ? »