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Autres informations / 22.08.2008

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ANDRÉ FABRE : « CHEIK

MOHAMED DEVIENT LE PRINCIPAL PROPRIÉTAIRE »

 

La

rumeur circulait depuis quelques jours dans les cercles bien informés des

courses et de l'élevage : un changement brutal se dessine du côté d'André

Fabre, le plus grand entraîneur français en exercice. Durant les ventes, chacun

se posait des questions pour déchiffrer les nouvelles qui se dissimulaient sous

l'impassibilité du plus titré des professionnels cantiliens. C'est un homme à

la fois détendu et grave que nous avons rencontré vendredi matin.

« Cheik Mohamed s'est porté acquéreur de mon

plus grand établissement, la Cour Rothschild, qui comporte une centaine de

boxes. Cette acquisition et les modifications structurelles qu'elle implique,

représentent une évolution sensible. Une nouvelle étape commence pour moi.»

Le ton d'André est clair et précis, et l'on ressent chez lui une détermination

sereine : « Cheik Mohamed devient

ainsi mon propriétaire principal, et dès la fin de cette année, j'aurai la

responsabilité d'une bonne trentaine de futurs 3ans, et je recevrai environ 70

yearlings de qualité. »

Une

précision déterminante est apportée : « J'entraînerai donc pour Cheik Mohamed, mais pas pour Godolphin qui est

le porte-drapeau de Dubaï, et que Cheik Mohamed veut mettre en avant. Ce qui

signifie que certains bons éléments seront transférés, le moment venu, de

l'écurie de Chantilly vers Godolphin qui est la vitrine de l'opération du

patron de Dubaï. » Et quand l'on s'étonne d'un tel accord, André Fabre

est tranchant : « C'est un gentleman

agreement avec le Cheik, son objectif est de promouvoir son émirat, donc les

couleurs Godolphin, et je jouerai le jeu à 100% ! »

Ce

n'est pas pour autant que le maître de Chantilly oubliera ses autres

propriétaires. « J'ai actuellement

plus d'une vingtaine de propriétaires différents, et il est clair que je ne

continuerai pas ainsi pour de multiples raisons. Cette évolution qui est la

mienne s'accompagne d'une volonté de réduire mon effectif, ce qui est une

contrainte logique compte tenu des conditions économiques et sociales

d'entraînements qui se sont détériorées à Chantilly. Je ne pourrai donc

conserver que 5 ou 6 propriétaires de longue date qui auront au total moins

d'une centaine de chevaux, ce qui signifie qu'ils ne pourront m'envoyer chacun qu'un

nombre limité de sujets. »

Et

quand on s'étonne de cette réduction qui limite ses ambitions, il rétorque : « Si j'ai pris cette

décision, qui est un tournant pour moi, c'est principalement en raison de ce

qu'est devenu l'entraînement, de ce qu'est devenu le programme des courses, de

ce qu'est devenue la compétition. Nous sommes à Chantilly sur une très

mauvaise pente du fait d'une orientation déséquilibrée du Galop, du fait d'une

concurrence biaisée avec les entraînements de Province. En ce qui me concerne, je refuse de m'adapter à ces circonstances

qui contrarient un entraînement de qualité, et ma réorganisation est la

conséquence logique de ce refus. »

André

Fabre est déterminé. Il rappelle que les courses sont une « compétition »,

internationale, au plus haut niveau, et il veut pouvoir relever le défi dans

des conditions optimales. À cet effet, il a multiplié commentaires et

suggestions pour que Chantilly et la France luttent à armes égales avec la

concurrence. JDG les publiera dans une prochaine édition.