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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Colloque sur l’ouverture du marché des jeux d’argent en france

Autres informations / 31.10.2008

Colloque sur l’ouverture du marché des jeux d’argent en france

 

Jeudi 23 octobre 2008, la Maison de la Chimie à Paris a accueilli

un colloque sur le thème des « conditions d’ouverture du marché des jeux

de hasard et d’argent en France. » C’est le sénateur François Trucy,

auteur du rapport d’information sur l’Evolution

des jeux de hasard et d’argent, qui était à l’initiative de cette

manifestation. Les représentants des courses ont joué un rôle central dans ces

débats, réunissant hommes politiques et opérateurs de paris. En regret, on peut

relever la faible représentation des médias hippiques français – hormis CanalTurf

et bien sûr Jour de Galop –. A ce colloque

nécessaire et important pour l’avenir de la filière des courses, la

représentation des courses était assurée, en particulier, par Bernard Ferrand,

président du Syndicat des éleveurs, Richard Crépon, représentant l’association

des entraîneurs, Bertrand Bélinguier, Président directeur général du PMU,

Jacques Chartier, Directeur technique du Cheval Français, et Ambroise Dupont,

Président de la section « Cheval » du groupe d'études de l'élevage au

Sénat.

 

Sébastien

Proto : « le pari mutuel pour les courses hippiques sera une close

non négociable »

La première table ronde a notamment réuni Bruno

Durieu, Rapporteur de la mission sur l’ouverture du marché des jeux de hasard

et d’argent, Pierre Camou, Président de la fédération française de rugby, et

Jean-Pierre Hugues, Directeur général de la ligue de football professionnel.

Jean-François Lamour, Député de Paris et ancien ministre de la jeunesse et des

sports, s’est acquitté du rôle de modérateur. Bruno Durieu a rappelé que

« tout le monde s’accorde aujourd’hui

à reconnaître que le système de pari mutuel est le meilleur pour le secteur

hippique ». Cette assertion a d’ailleurs été répétée plusieurs fois et

confirmée par Sébastien Proto, le directeur adjoint du cabinet d’Eric Woerth le

Ministre du budget, qui a déclaré : « le pari mutuel pour les

courses hippiques sera une close non négociable. Cela permet d’assurer un

retour nécessaire à la filière. Il s’agit en quelque sorte d’une mission de

service public. » Sébastien Proto a, par ailleurs, annoncé que l’attribution

des licences, tous domaines confondus, débutera au « second semestre

2009 ». Une date qui laisse sceptiques certains opérateurs, compte tenu de

l’importance et des difficultés du dossier.

Autre constat rassurant, les hommes politiques

présents ont répété vouloir « lutter

contre les opérateurs illégaux en assurant un système fiable de licence, éviter

les paris sur des évènements virtuels et créer une autorité de régulation et de

contrôle des licences avec une surveillance forte ».

 

Observatoire

des jeux et autorité indépendante

Lors de la seconde table ronde du matin, la création

d’un observatoire des jeux, autorité unique et indépendante, a été longuement évoquée.

Cette table ronde était animée par Jean Arthuis, sénateur de Mayenne et ancien

ministre de l’Economie, également connaisseur reconnu des courses en tant que

propriétaire/éleveur de trotteurs et driver amateur. Il a été fait état de

l’organisation des jeux en Europe et l’addiction que ceux-ci peuvent entraîner

via le net. La présence de Jean-Luc Venisse, professeur de psychiatrie, a permis

d’apporter un éclairage scientifique à ce processus.

 

Des

points de vue opposés

La première table ronde de l’après-midi était pour le

monde hippique la plus proche de ses préoccupations en permettant à différents

opérateurs de relater leurs propres expériences. Cote à cote, se trouvaient

notamment Bertrand Bélinguier, Emmanuel de Rohan Chabot, Directeur général du

site Zeturf, et Christophe Dhaisne, Directeur

général du groupe Unibet pour l’ouest de l’Europe. Deux casinotiers, Dominique

Desseigne, Président du groupe Lucien Barrière – et Patrick Partouche, Président

du directoire du groupe Partouche, étaient aussi intervenants de cette table

ronde. Ce dernier a souligné un point important, sur lequel achoppe souvent les

débats : « Les sociétés de

paris en ligne et de jeux ne payent pas les taxes et les impôts que tous les

opérateurs légaux payent. » Bertrand Bélinguier a ajouté :

« la fiscalité doit être identique

pour tous ».

Le problème de la délocalisation de nombre d’opérateurs

de prises de paris, installés dans les « paradis fiscaux », a donné lieu à de nombreux échanges. Attaqué

sur ce point, Emmanuel de Rohan Chabot pour Zeturf – Zeturf est installé à Malte

– a joué le volontarisme : « nous

sommes prêts à financer la filière tout en offrant des conditions

de jeux compétitives. » Il a d’ailleurs souligné que Zeturf avait fait des propositions dans

ce sens aux sociétés-mères sans être entendu. Simultanément il défend « l’idée du mutualisme »

contrairement à Christophe Dhaisne qui prône « le pari à cote fixe, attractif ». Celui-ci a d’ailleurs

souligné « qu’il n’y avait pas eu

plus de fraude avec le pari à côte fixe ». Les récentes

« affaires » liées à ce mode de pari en Grande-Bretagne tendent

pourtant à prouver le contraire (lire les sanctions de l’entraîneur Paul Blockley

et du jockey Dean McKeown dans JDG du 24/10). Sur ce point,

Bertrand Bélinguier a rappelé : « l’opérateur

qui prend des paris à cote fixe a plus d’intérêt à voir le résultat d’une

course tourner en sa faveur ».

Bertrand

Bélinguier : « Nous ne devons pas oublier ce qui s’est passé en

Allemagne et en Italie »

Christophe Dhaisne, qui était accompagné dans la salle

du PDG d’Unibet : Peter Nylander, arrêté il y a un an pour avoir organisé

des paris qui allait à l’encontre de la loi française, a organisé son plaidoyer

en huit points. Au sein de cette argumentation, il met en avant le rôle de

l’Etat. « L’Etat doit être un régulateur qui doit reconnaître les

opérateurs qui devront avoir une offre légale incluant la cote fixe. » Emmanuel

de Rohan Chabot, qui approuve ces propos,

a ajouté : « Le taux de

retour devra être attractif. Nous voulons aussi financer l’univers du sport.

Mais nous pensons que les taxes doivent porter sur la marge brute et non sur le

chiffre d’affaires ». Bertrand Bélinguier a fait une déclaration sur

« l’acteur historique » que

représente le PMU : « Sébastien

Proto – directeur adjoint du cabinet d’Eric Woerth, ndlr a donné le cadrage sur le projet de loi. Nous

sommes contents des termes  « ouverture maîtrisée ». Elle est

importante pour préserver la filière et pour diminuer le nombre d’opérateurs

illégaux. La reconnaissance de la filière cheval est importante selon nous. En

France elle représente 67.000 emplois et 248 hippodromes. Nous ne devons pas

oublier ce qui s’est passé en Allemagne et en Italie qui traversent à présent

une très grave crise ».