Patrick biancone : « je repars à neuf »

Autres informations / 17.11.2008

Patrick biancone : « je repars à neuf »

Après une interdiction d’activité de plusieurs mois, Patrick

Biancone a repris sa profession d’entraîneur aux Etats-Unis ce mois de

novembre, le lundi 10 précisément. L’entraîneur français, grand arpenteur de la

planète courses, est, comme il le dit, « en pleine phase de

reconstruction ».

« J’ai ouvert mon

écurie le 10 novembre et reçois actuellement des chevaux dont beaucoup viennent

d’Europe. Je suis toujours installé en Californie, à Santa Anita. On

reconstruit tranquillement mon effectif. Je ne veux pas prendre des chevaux qui

ont couru chez d’autres entraîneurs. Car, de manière générale, il y a toujours

deux possibilités pour les chevaux :

  • ou ils ont bien réussi et il n’y a pas de

    raison qu’ils quittent leur entraîneur,

  • ou ils n’ont pas eu de résultats et, dans ce

    cas là, je n’en veux pas !

    Il peut, bien sûr, y

    avoir des exceptions à la règle, au cas par cas. J’ai toujours eu beaucoup de

    chevaux européens et j’ai donc encore beaucoup de connexions en Europe. Ce que

    je peux dire, c’est que quand j’ai arrêté, j’avais beaucoup de chevaux de

    stakes et que je veux retrouver ce niveau. » Patrick Biancone

    travaille toujours avec Fabien Ouaki (Fab Oak Stables aux Etats-Unis) pour

    lequel il a remporté le Breeders’ Cup Juvenile Turf en 2007 avec Nownownow (Whywhywhy). A la question de

    savoir s’il peut recevoir ce dernier, l’entraîneur n’est pas encore en position

    de répondre. « J’en saurai plus sur

    mon effectif à la fin du mois. » Nownownow, 3ans cette année, est

    actuellement entraîné par Jason Orman.

     

    Médication et pistes

    américaines

    Le grand tournant que vivent actuellement les courses

    américaines dans les domaines de la médication et des surfaces méritent un

    éclairage du Français. « Concernant

    la médication, la décision est simple : c’est une interdiction totale des

    stéroïdes et c’est une très bonne chose. Pour ce qui est des surfaces, le

    développement des pistes de type polytrack au détriment du dirt changent les

    choses par le confort apporté à l’entraînement. Il faut savoir qu’ici, tout le

    monde entraîne sur les hippodromes. C’est la règle, c’est culturel. Il ne vient

    à personne de posséder son centre privé. Par opposition, c’est comme si on

    demandait à tout le monde de travailler en France sur la piste de l’hippodrome

    de Chantilly. C’est inimaginable !

    L’avantage du

    polytrack, par rapport au dirt, est qu’il offre une qualité de piste bien

    meilleure pendant très longtemps. On peut travailler toute la matinée dans les

    meilleures conditions alors qu’une piste en dirt se détériore très vite. Dans

    ce cas, il y avait souvent des accidents qui n’apparaissent plus aujourd’hui.

    Le polytrack change les physionomies des courses : ce n’est ni du dirt, ni

    du turf. Pour moi qui reçois pas mal de chevaux européens, plus orientés

    « turf », c’est un avantage. De toute manière, un cheval qui n’aime

    pas le polytrack n’est pas un cheval de course. Le vrai cheval de course s’y

    adapte sans problème. Je pense q’il y a 80% des pur-sang pour qui le polytrack

    ne change rien, 10% qui excellent sur cette surface et 10% qui n’aiment pas.

    Mais ces derniers ne sont pas des vrais compétiteurs. C’est un peu comme au

    tennis. Les bons joueurs réussissent sur toutes les surfaces. Evidemment, on

    sait que Nadal est meilleur sur terre battue mais il reste aussi compétitif sur

    les autres surfaces ! »

     

    « Aller le plus

    vite et le plus longtemps »

    De nombreux observateurs suggèrent que la modification des

    surfaces devrait avoir des incidences sur la physionomie des courses

    américaines où le mot d’ordre est, en général, « devant et vite ».

    Patrick Biancone tempère cette appréciation. « Je trouve que le principe qui règne ici – aller le plus vite et

    le plus longtemps – est finalement le meilleur. Les notions de tactiques de

    courses, chères aux Européens, ne se conçoivent d’ailleurs que dans les courses

    de tous les jours ou les maidens. C’est, là, le problème. Dès que vous arrivez

    dans les grandes courses, on retourne au principe « aller le plus vite et

    le plus longtemps ». »

     

    « Julien

    Leparoux ne va faire que s’améliorer »

    Formateur de Julien Leparoux dont la percée fulgurante, en

    quelques années, en fait aujourd’hui un des meilleurs jockeys du circuit

    américain, Patrick Biancone possède, plus que d’autres, les bonnes clés pour analyser

    cette réussite. « Julien Leparoux a

    le talent et le poids – c'est-à-dire pas de problème de poids –. Il est

    travailleur et honnête. Toutes les qualités qui expliquent son succès

    aujourd’hui. Il a aussi été super bien préparé avant d’entrer dans le

    « match ». Le jour où il a été mis sur le marché, le produit était

    perfectible mais presque fini. Il ne va faire que progresser maintenant et

    s’améliorer encore. Pendant au moins trois ou quatre ans. »

     

    Patrick Biancone :

    le 2.759e… au poker

    Patrick Biancone aime le poker. Habitué des tournois

    américains, il figure aujourd’hui au 2.759e rang dans un classement

    de référence, celui du « Bluff Power Ranking ». Sa meilleure

    performance récente est sa troisième place à un tournoi satellite de

    l’important Star World Poker Classic, le 18 avril. Le lieu ne laissera pas les

    connaisseurs indifférents : il s’agit du temple du poker, le casino

    Bellagio de Las Vegas. Plus récemment, en juillet, Patrick Biancone a pris la

    douzième place du Larry Flint’s Grand Slam of Poker.