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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Breeding star

Autres informations / 03.12.2008

Breeding star

 

 

Gaëtan Trotin

Eleveur et propriétaire d’Eliga,

lauréate du Prix André Michel (Gr3)

 

Lorsqu’on le félicite Gaëtan

Trotin pour la victoire d’Eliga, l’éleveur nous répond : « mais je vous en prie ». L’homme a, de toutes évidences, du

savoir-vivre. Beaucoup d’humour aussi. Il faut encore ajouter à ce petit tour

des qualités personnelles une véritable expérience dans l’élevage. Il a débuté

son activité en 1991 avec l’achat d’une trotteuse, Utile de La Lande (Idéal du Maine),

deuxième d’un quinté à Vincennes. « Avec

le nom que je porte, je ne peux être que trotteur ! s’exclame Gaëtan

Trotin. Désormais je suis plus sauteur et

je ne serai jamais « plateur », les histoires comme celles de Jacques

Détré et de Gaëtan Gilles avec Vision d’Etat (Chichicastenango) n’arrivent pas

tous les jours. »

 

Une formation par le Trot

Actuellement, Gaëtan Trotin a

organisé son activité d’élevage sous le nom de l’Ecurie Pégase. Il possède

quatre poulinières pur-sang et une trotteuse, Gilnote (Jacobinus), « primée

au concours de modèle ». « Je

suis originaire de la Mayenne,

nous explique Gaëtan Trotin, c’est d’ailleurs pour cette raison que mon écurie

s’appelle l’Ecurie Pégase [le mythologique cheval blanc volant est l’emblème de

la Mayenne,

ndlr]. L’élevage est l’unique activité de l’Ecurie Pégase. J’ai commencé mon

activité avec Jacques Bruneau, actuellement propriétaire et entraîneur de

trotteurs. » Mais, avec le temps, un basculement s’est doucement

effectué au profit des galopeurs. Au fur et à mesure des années, Gaëtan Trotin

a développé la part des pur-sang. « De

fils en aiguilles, je me suis retrouvé avec plus de pur-sang que de trotteurs.

L’une de mes trotteuses et mère d’Hélios d’un Soir (plus de 350.000€ de gains),

Amande Fleurie, n’avait plus le droit d’être saillie à cause des

réglementations qui existent au trot. Et la sœur de Gilnote est morte. »

 

Quatre poulinières

Si la mère d’Eliga, Kadalkote (Kadalko), est morte de

coliques en début d’année, Gaëtan Trotin a mis à l’élevage la sœur de la

lauréate du Prix André Michel (Gr3) : Dominelle

(Pinmix), 5ans. Titulaire de cinq places en plat et en obstacle, elle va donc

perdre sur statut de maiden (au sens de l’élevage) au printemps prochain. L’éleveur

possède aussi la sœur suivante, Elivette

(Arvico), une 3ans à l’entraînement chez David Chevrollier. En revanche,  le produit suivant, Salut Honoré (Lost

World), a été vendu (voir plus loin). Gaëtan Trotin possède également Tem Daly (Medaaly), pleine d’Enrique, et

Loire de Lumière (Passing Sale). Ces

trois jeunes poulinières sont stationnées dans le Maine-et-Loire. Une

quatrième, Princesse Canon

(Cadoudal), est installée au Haras du Berlais de Jean-Marc Lucas. Cette

poulinière de 11ans a eu comme deuxième produit Vladou (Loup Solitaire). Ce dernier fait partie des bons éléments

de sa génération (les 3ans). Il a remporté un prix de série sur les haies cet

automne à Auteuil et s’est également classé 2e du Prix Robert

Lejeune (L), derrière Viotti (Dream

Well).

 

Gaëtan Trotin et le haras du Berlais

C’est sous l’entraînement de

Robert Collet qu’Eliga a remporté le Prix André Michel, dimanche. Gaëtan Trotin

est arrivé jusqu’à lui par l’intermédiaire de Jean-Marc Lucas (haras du

Berlais). « J’étais associé sur Enzo

du Berlais (Mansonnien) avec Jean-Marc Lucas [en 2004, ndlr]. Le cheval portait

d’ailleurs mes couleurs. Il était chez Jean-Paul Gallorini et il y a eu « un

schmilblik » entre eux. J’ai ensuite suivi M. Lucas chez Robert

Collet. »

Trop de chevaux aux ventes

L’an dernier, Gaëtan Trotin a

vendu un frère d’Eliga, Salut Honoré

(Lost World). Présenté par le Haras d’Omméel, le poulain a été acheté par

Hubert Barbe (HB Bloodstock) pour 10.000€. Il est parti en Irlande. « C’est évidemment trop peu, déplore

Gaëtan Trotin, inquiet de l’avenir des ventes en France et à l’étranger. La

conjoncture est mauvaise et les ventes de décembre arrivant, il existe une

certaine appréhension. Il faut absolument que les instances limite les

naissances comme cela a été fait au trot. Parce que là, c’est la caverne d’Ali

Baba ou la solderie, je ne sais pas, mais dans tous les cas, il y a trop de

numéros cette année encore.»