Top price record pour un achat mongol

Autres informations / 10.12.2008

Top price record pour un achat mongol

VENTE DE YEALINGS ARQANA DECEMBRE

TOP PRICE RECORD POUR

UN ACHAT MONGOL

 

Quand le poulain gris qui porte le #953 entre sur le ring,

on sent que quelque chose de spécial va se passer. Des investisseurs habituels

des ventes se retrouvent simultanément autour du ring. Le fils de Linamix – le

seul de la vacation – présenté par le Haras de la Pérelle a de l’élégance.

Jean-Pierre Deroubaix (FBA) est accompagné de son investisseur mongol. Il était

encore peu de temps avant dans le coin salon du bar. Les enchères montent vite

jusqu’à 60.000€. On saura ensuite qu’Eric Libaud et JeanClaude Rouget ont jeté

leur dévolu sur le poulain mais se sont arrêtés à 40.000€ pour le premier et

50.000€ pour le second. Ensuite, c’est une bataille à deux qui se joue entre

Jean-Pierre Deroubaix et Frédéric Sauque. A 180.000€, l’enchère commanditée par

le Mongol, a le dernier mot.

 

Nouveau record de décembre

Le précédent record avait été établi en 2006 à 77.000€ par

deux achats. L’un au crédit de Wertheimer et Frère et l’autre de Paul Nataf.

 

La famille du top

Fils de Linamix et Djenanne (Danzero), le poulain est

rattaché à la famille de Shaka (Exit To Nowhere, Critérium de Saint-Cloud, Gr1)

et Séralia (Royal Academy). C’est la famille de Secret Form (Formidable, Prix

de l’Opéra, Gr2 à l’époque) et Secret Quest (Rainbow Quest, Prix Vanteaux,

Gr3). Djenanne est gagnante. Il s’agit ici de son premier produit.

 

Les déclarations

Jean-Pierre Deroubaix (FBA), acheteur pour M. Ganbat,

président de la Société des Courses Mongoles « C’est un très beau poulain. Il a

fait plus que nous avions pensé car nous nous sommes retrouvés à deux à nous

battre pour lui. Il est dommage qu’il n’y ait pas eu trois ou quatre autres

numéros de ce niveau car, alors, les investissements auraient été mieux

répartis et son prix aurait été moins élevé. Le fait est que nous étions

plusieurs à le vouloir. Il va rester en France mais je ne sais pas encore chez

quel entraîneur il va être envoyé. »

 

Frédéric Sauque, dernier sous-enchérisseur

« J’intervenais pour un syndicat de quatre propriétaires

européens dont deux français. Une chose est sure : nous avons fait monter la

moyenne ! »

 

Jean-Claude Rouget, sous-enchérisseur

« Le poulain était intéressant et j’ai monté jusqu’à

50.000€. Ce qui était son prix à mes yeux. »

 

Eric Libaud, sous-enchérisseur

« C’était le poulain de la vente, ce que j’appellerais un

poulain flatteur. Je l’ai monté jusqu’à 40.000€. Après, cela aurait été déraisonnable.

Je n’ai monté que sur ce numéro car je cherchais de la qualité. »

 

Un vendeur heureux

M. Winter (Haras de la Perelle) nous a fait part de sa

satisfaction – et surprise – après le dénouement d’une vente si heureuse. « Je

suis très agréablement surpris. Ce poulain n’avait pas été inscrit pour la

vente d’octobre et s’est retrouvé très naturellement à cette session. Il

possède quelque chose de spécial, c’est une force de la nature. Au total, j’ai

vendu trois lots aujourd’hui. Je pensais, au départ, en obtenir 60.000€ pour

les trois. Au final, j’en ai cédé un à 17.000€, bradé un à 5.000€. Si on ajoute

le top price, cette vente a généré plus de 200.000€. C’est vraiment une bonne

surprise. Quand je pense que j’ai vendu un fils de Pivotal 120.000€ en octobre

(à Nicolas Clément, ndlr), cela prouve qu’aux ventes, rien n’est établi

d’avance. Cela démontre aussi que les beaux poulains peuvent faire beaucoup. En

revanche, j’ai essayé d’acheter des bonnes juments mais je n’y suis pas parvenu

car elles étaient trop chères. En conclusion, on peut dire que les ventes

réservent toujours des surprises, quelquefois mauvaises et quelquefois bonnes.

»

 

Les acteurs du parcours d’un acheteur mongol

Eric Hoyeau

« Plusieurs clients mongols étaient venus en visite à Paris,

et se sont rendus à Saint-Cloud lors de la vente d’automne en novembre. Ils

voulaient acheter un cheval. Ils ont alors rencontré Dominique Boulard qui les

a guidés et leur a fait découvrir les courses françaises. Mais, ne connaissant

pas trop les rouages de nos ventes, ils ont préféré revenir investir en

décembre. Dominique Boulard a gardé contact avec eux. Il faut aussi souligner

l’intervention positive de Georges Rimaud, general manager de Son Altesse Aga

Khan, qui a accepté de leur ouvrir les portes du Haras de Bonneval pour une

visite. Finalement, l’un d’entre eux a réalisé le top-price du jour. Il s’agit

d’un fils de Linamix et le choix ne doit peut-être rien au hasard après la

visite de Bonneval… »

 

Jean-Pierre Deroubaix nous a expliqué avant de réaliser

l’achat pour son client.

« Mon contact avec mon client remonte à dix jours par mail !

Et je l’ai rencontré aujourd’hui pour la première fois. En fait, nous sommes

entrés en contact par un ami commun : un Russe que j’ai rencontré lors de

courses à Piatygorsk. Mon client mongol s’est aussi rendu sur cet hippodrome

russe et s’est lié d’amitié avec mon ami. Ce qu’il faut comprendre quand vous

allez en Asie, c’est d’abord la façon dont ils vivent. Il ne faut pas chercher

à s’imposer mais savoir les écouter. Il y a une question d’humilité làdedans.

Lorsque j’ai regardé les chevaux avec M. Gandal, je me suis rendu compte qu’il

cherchait d’abord un cheval qui lui plaisait. C’est vraiment un homme de cheval

qui a un excellent coup d’œil. Il voit tout de suite si le cheval a un défaut.

Il cherche du beau modèle, compact, avec de beaux pieds. Aujourd’hui, c’est un

voyage de découverte. Je sais qu’il est prêt à laisser ses chevaux en France ou

en Europe. Pour moi, il s’agit de travailler avec lui sur le long terme. »