Tribune

Autres informations / 22.12.2008

Tribune

Association des Entraîneurs Propriétaires

1, avenue Lesage

78600 Maisons-Laffitte

 

le 15/12/2008

 

Intervention de M. Frédéric

Danloux au Comité France Galop du 15/12/2008

 

Monsieur

le Président,

 

Il

n’y a quasiment plus d’entraîneurs uniquement entraîneurs.

Nous

sommes tous aujourd’hui propriétaires d’une grosse partie de notre effectif.

Selon

des chiffres fournis par vos services, on estime que plus de 60% des chevaux à

l’entrainement sont à la charge des entraineurs.

Pourquoi

en est-on arrivé là ?

Les

entraineurs ont dû se substituer aux propriétaires faute de quoi ils étaient contraints

de mettre la clé sous la porte.

Les

causes en sont multiples :

§  les grosses et moyennes fortunes se sont délocalisées

fiscalement et physiquement,

§  les difficultés des petits propriétaires à assumer la

totalité du risque financier qu’engendre la possession d’un cheval de courses

et qui n’a cessé de croitre ces dernières années,

§  la politique de France Galop favorisant exagérément

les 2ans a beaucoup fait rêver les propriétaires qui, ensuite, ont déchanté

(peu de chevaux sont capables de gagner à 2ans et la casse a été importante) et

ont préféré réduire leur effectif ou pire quitter notre sport.

 

Aujourd’hui

les entraîneurs-propriétaires représentent 60% des effectifs et de

l’activité :

§  soit les entraineurs réduisent considérablement leurs

effectifs et le système est en danger car il n’y aura plus assez de partants

pour assurer la recette ;

§  soit nous devons prendre des mesures radicales afin

que les acteurs principaux puissent continuer à alimenter la recette :

·       

il faut une

refonte totale de la politique de France Galop sur les jeunes chevaux, la

politique du « tout 2ans » a montré ses limites,

·       

les propriétaires

préfèrent voir courir leurs chevaux sur une plus longue période, ils préfèrent

le long terme au court terme et les parieurs préfèrent jouer sur des chevaux

connus plutôt que sur des météores,

·       

la

décentralisation a également montré ses limites, les propriétaires préfèrent

voir courir leur cheval dans leur région,

·       

il faut redonner

un sens aux programmes afin de nous permettre de fidéliser nos propriétaires

pour qui un cheval n’est pas un produit de consommation,

·       

il faut donc

revaloriser massivement les courses qui engendrent la majeure partie de la

recette ; ceci nous permettra de retrouver une véritable clientèle,

d’assurer la croissance de la recette et ainsi permettre à nos courses de

sélection de garder leur niveau international ; c’est l’alimentaire qui

fait vivre notre institution,

·       

la création d’un

département « entraîneurs » nous parait être d’une extrême urgence.

 

Les

entraîneurs, qui sont aujourd’hui la cheville ouvrière de l’institution, sont

sous-représentés au sein des instances et donc ne sont jamais ou peu entendus,

la diversité n’existe pas ; notre association malgré sa légitimité n’a pas

de représentant au conseil du plat ni à la commission du code entre autres. Sur

le site internet de France Galop, dans la rubrique « comment acquérir un

cheval », l’entraîneur n’existe pas, les seuls contacts indiqués sont

« Arqana et l’Association des courtiers » ceci est très significatif

de l’esprit qui règne au sein de l’institution.

 

Enfin

nous ne pouvons aujourd’hui adhérer à « La Charte des membres de

France Galop ».

En

effet, nous sommes déjà très encadrés par le code des courses existant.

Nous

voulons que tous les collèges de l’institution soient soumis au code des

courses ce qui n’est pas le cas actuellement, les éleveurs n’étant soumis ni à

agrément ni au contrôle anti-dopage par exemple.

Il

vaut mieux amender le code des courses et le rendre juridiquement applicable au

regard du droit français plutôt que de créer un texte inapplicable car sans

aucune légitimité.

La

liberté d’expression reste un droit fondamental de notre société.

Monsieur

le Président notre profession est en grand danger, nos employés sont de moins

en moins motivés et préfèrent quitter le métier, nos clients se font rares et

ne peuvent plus assumer le coût réel d’un cheval à l’entraînement, nous-mêmes

sommes tous épuisés surtout moralement et nous ne pourront longtemps continuer

à assurer le spectacle à ce rythme.

 

Monsieur

le Président, prenez exemple sur les trotteurs qui ont compris qu’il fallait

soutenir les professionnels surtout en période de crise.

 

Monsieur

le Président il faut nous entendre et nous écouter : il y a urgence, le

malade est proche de l’agonie.