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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Bernard le gentil vend toutes ses poulinières a.q.p.s.

Autres informations / 10.01.2009

Bernard le gentil vend toutes ses poulinières a.q.p.s.

Éleveur à la suite de son

père Jacques depuis les années 70, Bernard Le Gentil a décidé de diminuer son

élevage « de façon drastique », comme il nous l’a déclaré. Constitué il y a

encore peu de vingt-trois poulinières, l’effectif se compose aujourd’hui d’une

quinzaine d’unités. Bernard Le Gentil a, d’ores et déjà, mis onze poulinières

A.Q.P.S. sur le marché (leurs pedigrees sont disponibles sur

www.france-sire.com).

« J’ai choisi de réduire mon

effectif pour plusieurs raisons. La première vient de mon âge (73ans), je

prends un an tous les ans ! Ensuite, j’avais une très bonne équipe depuis vingt

ans, mais la retraite l’a rattrapée, elle aussi. Depuis deux ans, j’essaye de

reformer une petite équipe. Mais aujourd’hui, les choses ne se présentent plus

comme avant, il est très difficile de trouver du personnel dans le

Pas-de-Calais. Toutes ces raisons ont été aggravées par le fait que je suis

très éloigné de tous les étalons stationnés en France. Cette donnée était

valable il y a trente ans, mais, avec l’augmentation du coût des carburants et sans

une équipe plus étoffée, les allers et retours sont plus compliqués. Mon camion

fait 2.000 kilomètres par an et par jument durant la saison de monte. » Bernard

Le Gentil a donc décidé de se séparer de onze de ses juments dont dix pleines.

Les prix de vente s’échelonnent entre 10.000€ et 20.000€. Aucun de ses proches

ni de ses quatre enfants n’étaient en mesure de reprendre l’élevage. « Je vais

également vendre leurs produits lorsqu’ils auront entre 2ans et 3ans », a

poursuivi Bernard Le Gentil

Quatre juments pur-sang

Les onze poulinières en vente

constituent la totalité de son effectif A.Q.P.S. Bernard Le Gentil, défenseur

depuis trente ans des « demi-sang », nous a expliqué ses choix. « J’ai choisi

de ne vendre que les juments A.Q.P.S., non pas par choix d’une race pour une

autre, mais simplement pour avoir une position commerciale plus claire. Ainsi,

je ne suis pas soupçonné d’avoir effectué une sélection. » Ce sont donc quatre

juments pur-sang qui vont continuer à faire vivre le label de son éleveur :

Ombre d’Estruval (Nikos), sortie de l’entraînement cet hiver, sa mère Grotte

d’Estruval (Zayyani) et deux pouliches de la famille de Garde d’Estruval (Garde

Royale), troisième du Prix Robert de Clermont-Tonnerre (Gr3) et quatrième du

Grand Steeple d’Enghien (Gr2).

Un élevage vieux de 70ans

Bernard Le Gentil a pris la

succession de son père Jacques, éleveur des années 1950 à 1970. Trois juments

sont à l’origine de l’élevage "’Estruval", dont deux de race

anglo-arabe. Callidie est l’une de celles-là. Elle a été achetée à Pompadour

dans les années 1950 par Jacques Le Gentil

Fabiola IV était également

une anglo-arabe. La troisième jument-base était une A.Q.P.S., Joie de La

Balance (Rigoletto II), achetée en 1953. Callidie est notamment à l’origine

d’Or Noir (Monsieur X), lauréat de 15 victoires, l’un des grands champions de

l’élevage d’Estruval. Fabiola IV est à la base de Terre d’Estruval (Mistigri),

lauréate du Prix Jacques de Vienne et du Prix de l’Avenir. Joie de La Balance a

engendré la branche de Sabre d’Estruval (Mistigri), deux fois deuxième du Grand

Steeple-Chase de Paris (Gr1), et de Granit d’Estruval (Quart de Vin), le seul

cheval français à avoir gagné le Grand National irlandais (Gr1).

Quand on demande à Bernard Le

Gentil quel cheval l’a le plus marqué, il n’hésite pas un instant : « Sabre

d’Estruval ! C’était un crack, qui est malheureusement tombé contre des chevaux

devenus des légendes. Dans le Grand Steeple, la première année, il fut battu

par Katko, et la seconde par The Fellow. »