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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Corine barande barbe : pour des pistes tous temps, près des centres d’entraînement

Autres informations / 10.01.2009

Corine barande barbe : pour des pistes tous temps, près des centres d’entraînement

Après Tony Clout, hier

(édition du 09/01), l’entraîneur et animatrice des Actionnaires du Galop

apporte son point de vue :

« Des meetings, oui ! Mais là

où résident des populations importantes de chevaux, là où l’on peut accueillir

tout le monde à égalité et en dépensant le moins d’argent et d’énergie inutile

possible. » Il en va de même pour les pistes tous temps.

Plusieurs régions réclament,

pour leur hippodrome, une piste artificielle. Cela semble opportun et légitime.

Mais tout à coup, en réaction, une idée plane : remplacer le meeting d’hiver de

Deauville et Cagnes en obstacles par deux grands meetings tout « Sud »,

assortie d’un rejet d’une piste artificielle à Chantilly. Trois axiomes qui

nous amènent à des intérêts très particuliers… (…)

Pour l’information des

lecteurs, il convient d’apporter un autre éclairage que ces "bouteilles à

la mer". Elles me semblent avoir pour seul objectif de priver les 2800

chevaux de Chantilly et tous ceux alentours d’une piste artificielle à portée

de sabots. Dans la foulée, courir en Normandie devient même "contre

nature" ! Comme en démonstration, Dame Nature, elle-même, se rebelle

immédiatement et, sous forme de réalité météorologique, balaie cette théorie

d’un revers de neige et de froid : annulations à Pau, Marseille et Cagnes

décapitent en trois jours les trois pôles de l’Idée. Pour argument, on évoque

des critiques sur les pistes de Longchamp, Deauville et Auteuil, taisant la

longue complainte sur la sécurité et l’état général des pistes régionales tout

au long de l’année. Mais l’objectif n’est évidemment pas de supprimer toutes

les courses courues au sud de la Loire, dès que le soleil brille et assèche les

terrains… L’idée lancée fait abstraction à la fois des facteurs humains,

économiques et écologiques, sans parler du confort des chevaux.

Quel paradoxe de vouloir tout

changer juste au moment du succès historique du meeting d’hiver de Deauville.

Ne devrait-on pas justement répondre à une demande aussi forte, plutôt que

d’aller volontairement à contre-courant ? Est-il besoin de rappeler

qu’originaire de Mongolie, le cheval supporte bien mieux le froid que le chaud

? Il ne peut être contre nature de courir les chevaux là où ils sont entraînés…

dans le climat même où ils ont grandi.

"Pour le bien de

tous", certains rêvent de Super Meetings (chez eux !).

N’oublions pas que les

meetings ne sont pas ouverts à tous, et ce qu’il en coûte aux acteurs

"privilégiés" qui y participent lorsqu’ils se situent loin de leur

lieu de travail.

En effet, pour accéder aux

meetings, il faut :

Obtenir des boxes (nombres

limités à Cagnes et Pau : la moitié de la demande est satisfaite)

Obtenir où trouver des

logements pour le personnel (compliqué à Cagnes et encore pire à Pau)

Trouver et financer le

logement des entraîneurs et des propriétaires qui viennent voir courir leurs

chevaux

Assumer le surcoût

incontournable des meetings : 50 à 100% selon les structures (indemnités pour

le personnel, récupérations à gérer sur place, etc.)

Et enfin, gérer le reste de

l’effectif qui mérite toute l’attention pour préparer la saison prochaine.

Pour ceux qui ne sont pas

admis à rester sur place, s'il n’y a plus de courses dans leur région, n’est-il

pas contre nature d’OBLIGER humains et chevaux à partir dans la nuit pour

revenir le surlendemain, soit jusqu’à 30h de camion, plus la fatigue de la

course ? Est-ce régulier vis-à-vis des turfistes qui ne connaissent rien de

tous ces détails qui changent la donne ? Est-ce écologique de faire ainsi

voyager autant de concurrents ? Est-ce économiquement raisonnable ? Préservons

les énergies en courant le plus possible là où vivent la majorité des partants

!

Une nouvelle piste s’amortit,

pas les dépenses de fonctionnement ! Telle la gestion des transports : comment,

avec des lois de plus en plus sévères, transporteurs publics et privés parviennent

-ils à gérer les croisements (retours et départs) de meetings simultanés ? A

quel prix ? Doit-on consacrer encore plus d’argent aux transports ? Pourquoi pas

toute l’augmentation des allocations ! Les chiffres sont têtus : des meetings,

oui ! Mais là où résident des populations importantes de chevaux, là où l’on

peut accueillir tout le monde à égalité et en dépensant le moins d’argent et

d’énergie inutile possible. C’est pour cela que Lyon et Marseille veulent une

P.S.F., et Chantilly aussi !

Avoir des chevaux de course

est un plaisir que les contraintes abîment. Les propriétaires ont libre choix :

on ne peut les forcer à déplacer leur plaisir au gré de quelques-uns. Sinon,

ils se lassent, réduisent leur effectif, puis tournent la page.

En des temps qui s’annoncent

difficiles, je trouve raisonnable de réfléchir à une organisation plus

rationnelle. Regardons les choix spontanés des acteurs. N’en déplaise aux rêveurs,

pratiquer l’écoute et la loi de l’offre et la demande est probablement le

meilleur chemin de la survie et du développement du Galop en France. Question

subsidiaire : En dehors du seul Sud-Ouest, que disent les professionnels de

l’obstacle de l’idée de concentrer l’hiver leur discipline à Pau ?