Robert polin : vingt-cinq ans de photos à pau

Autres informations / 15.01.2009

Robert polin : vingt-cinq ans de photos à pau

L’hippodrome de Pau rend hommage à

la photo. Immortalisant les courses depuis 1983, Robert Polin a voulu montrer

ses vingt-cinq années de clichés. Il a mis en scène une exposition en vingt-six

tableaux (et autant de montages) consacrés au Grand Steeple de Pau, dont la

toute première édition, pour laquelle il expose ses photos d’apprenti. Elles

furent réalisées lors de son stage    de

formation en photographie, car il s’agit d’une seconde carrière : auparavant,

Robert Polin fut jockey, jusqu’à ce qu’un terrible accident mette un terme à

ses exploits, après une victoire à l’obstacle. Il avait fait ses classes chez

Pierre Pelat, avant de s’installer en Bretagne, lui, l’originaire du Nord.

C’est lors d’un cross-country qu’il percute un arbre, le 2 septembre 1979 : «

on passait encore dans la forêt à l’époque. » Cinq mois de coma ont suivi, puis

un changement de métier, obligé... « Je ne voulais pas quitter le monde du

cheval et je ne me sentais pas capable d’écrire. Je me suis donc tourné vers la

photographie… pour m’apercevoir assez vite que j’avais l’œil photographique. »

Le hasard veut qu’il effectue sa

formation à Gelos, à côté de Pau.

Son CAP en poche, il travaille dans un laboratoire

de photos, mais ses amis jockeys viennent le trouver : le photographe attitré de l’hippodrome a disparu, et plus personne ne leur tire le portrait

à l’arrivée… Robert Polin saute le pas et se met à son compte.

Vingt-cinq ans plus tard, il voulait

« marquer le coup », et partager avec tous ceux qu’il a photographiés, le plaisir

qu’il a eu à le faire. Pour le choix des photos, qu’il tire lui-même, il est

parti des plus récentes et a remonté le temps, aidé par une archiviste dans ce

travail fastidieux. Au plaisir se mêle la nostalgie, les premières images

timides de ses débuts, les souvenirs de ceux qui ont disparu au fil des années,

dont Yves Barradat, le premier adjoint du maire de Pau, disparu en 2007, «

Notre Monsieur Loyal » ajoute-t-il. Un montage spécial célèbre le 100e Grand

Steeple. Couru en 1987, sous la neige, il fut gagné par Jemirkhan (Kashtan),

entraîné par Jean-Claude Rouget et monté par Philippe Boisgontier.

Le fait d’avoir été cavalier l’a

aidé dans son travail de photographe : « Je sens la course comme un jockey,

j’accompagne le mouvement. » De fait, tout l’art est d’être à bonne distance,

affectivement proche et physiquement lointain. Petit clin d’œil à cette passion

pour le monde des courses, qui habite Robert Polin depuis son plus jeune âge,

la photo de l’affiche de l’exposition n’est pas de lui, mais il y figure en

tant que jockey. C’était en 1978, à Questembert !

« Vingt-six Grands Prix de Pau »,

Robert Polin. Jusqu’au 24 janvier dans le grand hall de l’hippodrome de Pau