Un « madoff » au sein du turf suisse ?

Autres informations / 13.01.2009

Un « madoff » au sein du turf suisse ?

C'est une bombe qui a été lancée par Willi Bär dans la

presse dominicale helvétique. Dans le Sonntags Zeitung du 11 janvier

(www.sonntagszeitung.ch/nachrichten/artikel detailseiten), le respecté

chroniqueur hippique et avisé pronostiqueur nous apprend en effet que Daniel Jordi,

manager de l'Ecurie Weissenstein, tête de liste ultra dominatrice de la saison

2008, aurait empoché des millions après avoir monté une "chaîne de

Ponzi" de novembre 2007 à avril 2008.

Moyennant une mise de départ de 2.500 francs suisses (1.800

euros), chaque participant aurait touché un montant quatre fois supérieur le

jour où le cercle des initiés lui-même quadruplait en volume. Selon l’article,

Daniel Jordi les avertissait par SMS et l'argent leur était rétribué cash dans

un hôtel réputé de Berne, la capitale de la Confédération. Willi Bär cite ainsi

le cas d'une personne ayant touché 100.000 FS sept semaines après un

investissement initial de 25.000 FS. Sur sa lancée, cette personne aurait

déposé 250.000 FS dans cette spirale infernale. Mais, fin avril 2008, plus per sonne

ne répond au numéro de téléphone habituel. Au 18 avril, plus de 1.000

versements auraient été réalisés, dont 408 "souscripteurs" à 2.500

FS, et 14 à 250.000 FS, pour un total de 13 à 14 millions de francs suisses (9

millions d'eu ros). Selon d'anciens participants, Jordi aurait encaissé

personnellement 4 à 5 millions de francs. Via son avocat, le principal

intéressé dément toute implication dans cette affaire. A l'un des floués qui

l'attendait un jour à son domicile et lui demandait toute la documentation pour

pouvoir continuer le "jeu" à son propre compte, Jordi aurait répliqué

qu'il avait tout mis au pilon.

Rappelons que l'Ecurie Weissenstein a réalisé un véritable

carton en 2008, décrochant plus de 400.000 FS d'allocation (Cf. JDG du 21/11),

du jamais-vu jusque-là. Elle s'était également distinguée par une politique

d'achats inédite par son ampleur, mais qui avait laissé plus d'un observateur

pantois devant la rationalité de ces acquisitions, vu le retour sur

investissement modéré que proposent les allocations outre Jura. Les "bleu

et vert" avaient connu une période faste il y a une dizaine d'années,

quand l'effectif était aux soins d'Urs Suter. L’an passé, ils sont revenus en

force sur le devant de la scène. D'un point de vue institutionnel, on peut se

demander quelle position va adopter le Galop Suisse et la Fédération Suisse des

Courses. Aucune plainte n'a pour l'heure été déposée par les

"victimes" (consentantes), mais il faut savoir que la participation,

comme la mise sur pied de pareils montages financiers, relèvent de

l'illégalité. On ignore par ailleurs si certaines d'entre elles se comptent

également parmi le monde du turf local.