Une baisse réelle…

Autres informations / 19.01.2009

Une baisse réelle…

En plus de ce facteur global

qui excède évidemment le marché hippique, l'élevage américain connaît une très

forte surproduction, conséquence des années de croissance de 1995 à 2005.

Il résulte de ces tendances

que le catalogue de cette année était très inférieur à ceux des années

précédentes, du fait d'une offre limitée en qualité. La combinaison des deux

phénomènes a jeté une chape de plomb sur les ventes de Keeneland, de Novembre à

Janvier, où tout cela est devenu évident. Ce n'est pas le moment de vendre, et

les acheteurs ont peu de liquidités, d'où une offre faible et une demande

réduite : le marché stricto sensu de l'élevage trinque. Le choc s'annonçant

plus mesuré pour les marchés des "prêts à courir" en raison des

allocations à gagner, des yearlings et des breeze-up.

2006 et 2007 : les bonnes

références

Dans cet esprit, les chiffres

de Keeneland janvier 2008 étaient une référence surévaluée. 37.000$ : c'est le

prix moyen des dernières années à retenir, correspondant aux résultats 2007 et

2006 et il faut oublier les 47.000$ de 2008. De sorte que la baisse réelle, ou "corrigée"

des fausses variations, comme disent les statisticiens, est celle qui voit le

prix moyen chuter de 37.000$ à 25.000$, soit une baisse du prix moyen de 32% en

valeur corrigée. Ce qui est sévère mais quand même plus conforme à la réalité

du commerce observé, les acheteurs ne cessant de préciser qu'il demeure

difficile d'acheter les sujets qui correspondent à la demande. C'est pourquoi

Geoffrey Russel, le Directeur des ventes, n'hésite pas a évoquer du sprited

bidding durant cette semaine, glacée par ailleurs.

Regarder la moyenne plutôt

que le chiffre d’affaires

La chute du chiffre

d'affaires au-delà de 50% est plus raide et, contrairement à la moyenne, elle

n'appelle pas des corrections aussi sensibles. Cela s'explique. Dans le monde

du pur-sang, la crise économique s'accompagne d'une tendance à l'abandon des

prix déraisonnables, tendance que nous avions relevée dès l'été, c'est-à-dire

avant le krach du 16 septembre, date à laquelle Lehman Brothers s'est vue

lâchée par la F.E.D. Les grands opérateurs, comme Darley et Coolmpore, qui

n'hésitaient pas à mettre plusieurs millions d'euros dans des yearlings ou

poulinières, se sont désormais fixés des limites plus sensées. Ce processus a

pesé sur toutes les ventes cette année, entraînant par exemple une chute sensible

les premiers jours de Keeneland Septembre. Par contrecoup, ce sont tous les

gros prix, ceux au-delà des 500.000€, qui sont devenus plus rares, et cette

raréfaction a des effets directs sur le chiffre d'affaires des organismes de

ventes. Nous avions plusieurs animaux dépassant le million de dollars en

janvier 2008 à Keeneland, aucun cette année, d'où la baisse plus accusée du

chiffre d'affaires global. C'est pourquoi la véritable référence pour prendre

le pouls du marché est l'évolution du prix moyen. >>

UNE BAISSE RÉELLE…

Les jeunes étalons ont fait

le spectacle

Ce sont de jeunes étalons qui

ont occupé le devant de la scène pour les yearlings présentés à ces ventes de

janvier : Speightstown (Gone West), Songandaprayer (Unbridled's Song), Tapit

(Pulpit). Ce sont des noms quasi inconnus pour les professionnels européens, de

"jeunes pousses" de la scène américaine, et ils sont en passe

d'évincer les stars qui prennent de l'âge. Deux d'entre eux, Speightstown et

Tapit, avaient leurs premiers 2ans en 2008, alors que Songandaprayer avait deux

longueurs d'avance sur eux. Ils ont tous des prétendants aux lauriers

classiques en 2009 : sont-ils la relève tant attendue d'un parc américain

d'étalon très affaibli, en regard de ce qu'il était vers la fin du siècle passé

?

Une demande étrangère

quasi-inexistante

Il ne fait aucun doute que la

clientèle européenne et arabe, sans abandonner Keeneland, y fait des

apparitions plus discrètes. Or ces opérateurs représentent la force vive du

marché des animaux à prétention classique. C'est pourquoi, là aussi, surgit une

question préoccupante : la crise sur le marché hippique américain, ne

serait-elle pas aggravée par une relative désaffection de cette clientèle qui

semble privilégier l'espace européen, où la sélection semble plus efficace et

surtout plus saine que sur les champs de courses américains ? À Keeneland

janvier, où certes le catalogue était faible, les seuls acheteurs étrangers

significatifs que l'on a vu se manifester sont Katsumi Yoshida et Anthony

Penfold, ce dernier pour un haras anglais. C'est peu.