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Jour de Galop

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Annulation à marseille : une décision qui fait du bruit

Autres informations / 03.02.2009

Annulation à marseille : une décision qui fait du bruit

Lundi 2 février,

Marseille-Borély. Les spectateurs présents ont pu constater peu avant 14h que

la piste de Borély était gorgée d’eau. Des incertitudes planaient alors sur la

bonne tenue de la réunion. Allait-elle avoir lieu ? Le doute s’est installé de

manière plus précise lorsque les jockeys qui se rendaient derrière les stalles

de départ de la première épreuve ont fait volte-face pour revenir derrière les

balances. Courra, courra pas ? Telle était la question.

Finalement, après une discussion

animée entre les jockeys et les autres acteurs des courses (commissaires,

entraîneurs, …), il a été décidé de courir la première course afin de juger si

la piste était dangereuse. Celle-ci s’est déroulée sans incident, mais a

démontré que l’aptitude au terrain « liquide » était primordiale.

Vingt minutes plus tard, on

annonce que la réunion s’arrête là. Au vu des explications de chacun, les

raisons qui ont abouti à cette annulation paraissent embrouillées. Surtout

lorsque l’on nous apprend que la piste n’est pas vraiment

dangereuse.

Stéphane Richardot, Président

des jockeys du Sud-Est, a livré en premier ses explications à nos confrères

d’Équidia : « La piste n’est pas dangereuse, le terrain est juste lourd. C’est

« courable ». Le choix d’annuler la suite du programme a été pris pour

préserver les chevaux et ne pas léser les parieurs. On aurait pu continuer la

réunion. Il faut seulement des chevaux de terrain lourd. »

Peu après, Rubens Crémieux,

Président de la Société des courses de Marseille, prenait également la parole,

exprimant son incompréhension : « Je me demande dans quel siècle on vit et qui

décide. Le terrain est lourd, certes, mais je pense que quelques jockeys ont

joué dans cette décision, alors que les jockeys locaux voulaient courir. Je me

demande si cela vaut encore la peine de se donner du mal à organiser des

courses et je conseille aux propriétaires de

ne pas investir dans des

chevaux de terrain lourd ! Je trouve cette décision anormale. »

 

Joint peu après par

téléphone, il a complété son propos pour JDG : « Je ne comprends toujours pas. Qui

gouverne ? J’ai vu des réunions à Deauville se courir en plein brouillard ou à

Pau en terrain complètement défoncé. Je considère que même en cas de pluie, un

pilote de for mule 1 prend les commandes de sa voiture et qu’il en est de même

pour les jockeys. C’est vraiment une décision aberrante dans le sens où

beaucoup de jockeys étaient d’accord pour monter. Dès lors, il aurait fallu

remplacer seulement ceux qui ne voulaient pas monter. Mais on nous a brandi

comme justification l’intérêt des parieurs pour annuler la réunion. »

LES RÉACTIONS

Thierry Larrivière : «

Attention à ne pas tomber dans le transfert systématique vers les P.S.F. »

Thierry Larrivière, qui présentait huit partants à Marseille Borély, nous a

également donné son point de vue sur la décision qui a été prise : « Dans le

Sud-Est, nous sommes tributaires des intempéries. La piste est plutôt sèche et,

lorsqu’il pleut, la terre ne boit pas. Ce problème ne se pose pas dans le

Sud-Ouest où le sol est plutôt sablonneux. Lundi, nous avions d’énormes flaques

d’eau, mais la piste n’était pas dangereuse, même si c’était difficile pour cer

tains chevaux. Les entraîneurs et les propriétaires se sont retrouvés

tributaires de certains jockeys, qui n’avaient pas un avis unanime. »

D’un point de vue plus

général, il nous a également fait part de ses craintes si ce type de décision

devait se généraliser : « Nous avons maintenant des P.S.F., ce qui est très

bien. Mais imaginez si, lorsque nous nous retrouvons dans le même cas de

figure, les réunions sont systématiquement déplacées sur P.S.F. Cela pénalise

fortement les chevaux ayant une prédisposition au terrain lourd, qui ne

trouveront plus de conditions pour s’exprimer. Lundi, j’avais une jument,

Riobamba d’Ho, spécialiste du lourd. Elle se serait baladée. Les propriétaires

et les entraîneurs se retrouvent contraints de passer à côté d’une éventuelle

victoire. De plus, on choisit maintenant de plus en plus souvent de transférer

les réunions sur gazon sur la P.S.F., afin de ne pas abîmer la piste lorsque le

terrain est lourd et, donc, de ne pas avoir à reboucher les trous pour les

réunions sui vantes. Car cela coûte de l’argent d’engager du personnel. J’ai

peur que l’on tombe systématiquement dans le transfert gazon vers P.S.F.,

lorsque les conditions sont légère ment difficiles. »

 

 

Keven Borgel : « Un

comportement regrettable » Keven Borgel, Délégué des entraîneurs du Sud-Est,

nous a également livré son ressenti : « Moi-même, ainsi que mes confrères du

Sud-Est, trouvons extrêmement regrettable le comportement des jockeys dit «

parisiens », qui ont refusé de monter et ont influencé leur confrères afin

qu’ils suivent leur décision. Nous avons assez de jockeys dans le Sud-Est pour

monter, alors je trouve dommage que les jockeys extérieurs viennent semer la

zizanie dans notre région. De plus, il faut noter que les jockeys d’obstacle

étaient d’accord pour monter dans les deux dernières épreuves de la réunion. »