Jean d’indy : « france galop doit continuer à encourager l’élevage d’obstacle »

Autres informations / 14.02.2009

Jean d’indy : « france galop doit continuer à encourager l’élevage d’obstacle »

Vendredi matin, France Galop

présentait ses plans pour le premier semestre en obstacle. Président du Conseil

de l’obstacle, Jean d’Indy nous parle, dans un langage direct, de la place de

sa discipline au sein de France Galop.

L’obstacle est-il le parent

pauvre à France Galop ? Quand on vous entend, on a l’impression qu’il a en

permanence besoin d’être défendu !

Je crois simplement que les

hommes qui représentent l’obstacle à France Galop, et qui l’aiment, ont

particulière ment envie de le défendre ! Même s’il est aujourd’hui totalement

dépassé, peut-être que le vieux souvenir d’une Société d’Encouragement

hégémonique est encore dans les mémoires (rires). Evidemment, les deux derniers

présidents qui ont fait les plus longs mandats à France Galop, Jean-Luc

Lagardère et Edouard de Rothschild, sont avant tout connus comme des

propriétaires de chevaux de plat, même si l’actuel président a aussi des

chevaux d’obstacle. Mais je dois dire qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas très

inquiets : je ne note aucun conflit interne entre obstacle et plat et

l’équilibre des 2/3-1/3 est parfaitement entré dans les mœurs. Vous savez, les

problèmes de l’obstacle et du plat sont les mêmes. Et même si chacune des deux

disciplines a son propre Conseil, les cloisons ne sont pas étanches et les

hommes collaborent parfaitement

Qu’est-ce qui pourrait

aujourd’hui remettre en cause cet équilibre ?

Rien si nous continuons à

assumer nos responsabilités, c’est-à-dire notamment si nous faisons tout pour

apporter notre part à la progression des recettes. Les évolutions qui nous

avons apportées dans le programme nous permettent aujourd’hui d’organiser des

Quinté+ en obstacle régulière ment, et donc de contribuer à l’augmentation du

chiffre d’affaires du PMU.

On ne parle plus,

aujourd’hui, de la fermeture d’un des deux hippodromes parisiens, mais ce fut

le cas dans un passé récent. La fin d’Auteuil aurait-elle signé la mort de

l’obstacle ?

La mort de l’obstacle, non,

parce que notre discipline est très fortement ancrée dans les régions

françaises. Mais disons que, dans la mesure où Auteuil est notre grande

vitrine, sa fermeture aurait été un traumatisme épouvanta ble [lire encadré :

JO 2012 à Paris = mort d’Auteuil].

Vous devez vous réjouir de la

réussite de la race AQPS. Pensez-vous qu’elle sera un jour la seule à courir à

Auteuil ?

De la même manière qu’il

n’est pas question de recréer une société de courses d’obstacle indépendante du

plat, je ne crois pas qu’il soit profitable, sportivement, de bâtir un mur

entre pur sang et AQPS.

L’obstacle doit continuer à

répondre à deux types de carrière : à la fois être une porte de sortie pour les

pur sang qui sont peu rentables en plat et possèdent une qualité de sauteurs,

et constituer un objectif en soi pour une race bâtie dans une logique de

sélection. L’élevage spécifique des AQPS a fait ses preuves : il produit

aujourd’hui les meilleurs sauteurs du monde !

France Galop doit continuer à

encourager l’élevage d’obstacle, comme le font aussi les Haras Nationaux avec

succès.

Le sujet est totalement

différent. Mais en tant que représentant des « PP », dont vous êtes le

Secrétaire général, comment est l’ambiance poli tique à France Galop ?

Votre question me gêne un

peu, parce que je n’aime pas mélanger les genres. Là, notez bien que je ne vais

pas parler en tant que Président du Conseil de l’obstacle…

Je crois que nous sommes dans

une période où chacun a mis son mouchoir sur les sentiments belliqueux qui

caractérisent les périodes électorales.

Il existe en ce moment une

volonté d’unité avec les autres associations professionnelles, comme le

Syndicat des Propriétaires ou le Syndicat des Eleveurs.

Nous avions pourtant ressenti

un peu de « tirage » sur la question de l’ouverture du marché des paris, où les

PP ne semblaient pas favorables au 100% mutuel sur le sport…

Nous sommes totalement

solidaires de la défense du mutuel. Mais nous sommes aussi conscients que le

débat finira toujours par revenir et que le 100% mutuel ne sera pas toujours

facile à défendre – même si je vois bien les dangers de la cote fixe… La France

est une exception, une bonne exception. Il faut défendre notre modèle