Jean-françois bernard, entre dubaï et le qatar

Autres informations / 26.02.2009

Jean-françois bernard, entre dubaï et le qatar

L’entraîneur français

Jean-François Bernard est arrivé à Doha avec son cheval Jalab Al Khalidiah,

candidat au Qatar International Trophy Championship, une épreuve pour pur-sang

arabes labellisée Gr1. Pour JDG, il revient sur la forme de son cheval et les

raisons de son déplacement, mais également sur sa vision des courses de

pur-sang arabes.

JDG Pourquoi venir au Qatar ?

Jean-François Bernard Jalab

est un cheval facile, et il voyage très bien. De plus, il s’adapte très vite à

de nouvelles conditions de vie. Malgré les 1.600m, une distance un peu courte

pour ses aptitudes, cette course va nous permettre de voir s’il peut courir une

fois encore dans un mois, à Doha dans l’Emir Sword (2.400m). Le calme de Jalab

n’est malheureusement pas l’atout principal de son compagnon d'écurie Naswhan

Al Khalidiah, parti à Dubaï où il doit courir le dernier Round du Maktoum

Challenge en vue d’une participation à la Khalaya Classic. Nous l’avons vu lors

de sa dernière sortie, Naswhan est un cheval très délicat. Ces prochaines

semaines, je vais donc partager mon temps entre Dubaï et Doha.

Où est logé votre cheval

durant votre séjour au Qatar?

Après avoir fait les papiers

d’importation à l'aéroport de Doha, Jalab Al Khalidiah, est désormais dans les

boxes sur le site même de l’hippodrome. Là-bas, il y a également un centre

d’entraînement. Les installations sont superbes et la piste est dans un très

bon état. JeanBernard Eyquem [jockey de Jalab, ndlr] est arrivé lundi.

Qui est Al Khaledia Stables,

l’un de vos propriétaires, nouveau venu sur la scène des courses de chevaux

Arabes ? Comment se passe l’acheminement de ces chevaux en France ?

Al Khaledia n'est pas une

écurie toute neuve, cela fait quinze ans que les chevaux du Prince Khaled Bin

Sultan Bin Abdulaziz Al Saud courent dans des courses privées en Arabie

Saoudite. Depuis deux ans, grâce à l’action de JeanPierre de Gasté, les chevaux

du Prince Khaled arrivent chez moi à La Teste. Trois fois par an, je vais

choisir avec JeanPierre de Gasté des chevaux qui passeront sous mon

entraînement. Le Prince Sultan.possède un centre d’entraînement de première

classe à côté de Riyad.

J’ai actuellement quatorze

chevaux appartenant à l’Al Khaledia Stables qui, pour leur première saison de course

en France, sont sous le suffixe KSA.

Depuis cette année, une

dizaine de leurs chevaux sont préentraînés au Haras de Gouffern, en Normandie.

Ils rejoindront mon établissement au printemps.

Les chevaux élevés dans le

Golfe possèdent-ils les moyens de s’imposer face aux "FR" ?

Oui, bien sûr. Il y a une

vingtaine d’années, le Cheikh Mansoor Bin Zayed Al Nahyan et le Cheikh Adullah

Bin Khalifa Al Thani ont acheté des poulinières en France et les ont croisées

avec des étalons français. Leurs chevaux sont capables de gagner sur notre sol.

Ils ont mis beaucoup d’argent sur la table pour obtenir une jumenterie de

première classe. Ils disposent de superbes infrastructures et d’un personnel

hautement qualifié. Ils ont un vrai retour sur investissement, et il va falloir

compter avec eux, maintenant.

Les courses de pur-sang

arabes ont-elles la place qu’elles méritent dans le programme français ?

Il serait étrange de répondre

par la négative car depuis la saison dernière, les courses d’Arabes ont une

place de choix dans le programme français avec le partenariat signé entre le

Qatar et France Galop sur le week-end de l’Arc. L’A.F.A.C. a également remis au

goût du jour les épreuves dites Breeders’ Cup réservées aux pur-sang arabes en

les programmant à Saint-Cloud. C’est une très bonne chose. Depuis dix ans,

elles sont devenues de plus en plus intéressantes et d’un meilleur niveau. En

revanche, je regrette que France Galop ne se soit pas penché sur une

augmentation des courses pour les chevaux de 3ans avec davantage de maidens.

Les éleveurs et les entraîneurs de pursang arabes attendent une amélioration de

ce côté. Cela pourrait également inciter davantage les propriétaires du Golfe à

laisser leurs chevaux à l’entraînement en France.