Jean-rené auvray : « entraîner en angleterre apprend à se battre »

Autres informations / 20.02.2009

Jean-rené auvray : « entraîner en angleterre apprend à se battre »

Jean-René Auvray, le fils de

l’entraîneur de trotteurs René, est le seul entraîneur français à avoir choisi

d’exercer son métier en Angleterre. A 40 ans, Jean-René Auvray affûte ses armes

en vue d’autres projets… Rencontre.

Dès son plus jeune âge,

Jean-René Auvray a été au contact des chevaux, des courses, de trot certes,

mais des courses tout de même. Davantage inspiré par la discipline du galop, il

entre en stage chez Luca Cumani, entraîneur italien. Nous sommes au début des

années 1990…

Jean-René Auvray enchaîne les

expériences. Retour en France, il devient deuxième garçon de voyage de Criquette

Head-Maarek avant de repartir en Italie aux côtés de Luciano Camici qu’il

assiste. Puis, l’Angleterre fait son apparition. Il rentre assistant entraîneur

chez Martin Pipe puis chez Nicky Henderson.

2001 : il devient permis

d’entraîner. L’année suivante marque un grand tournant dans la vie de Jean-René

Auvray. Il fête la naissance de sa fille, Georgina, et l’obtention de sa

licence d’entraîneur public. Installation à Lambourn. L’aventure commence. Une

aventure périlleuse à laquelle il fait face avec sa femme Alison.

« Financièrement, s’installer

en Angleterre n’est pas très intéressant, nous a confié l’entraîneur. Il y a

plus d’argent en France, mis à part sur les très gros meetings. Il y a

énormément de compétition. Ce n’est pas comme en France, il n’y a pas de

découpage Paris/Province. Tous les hippodromes se valent. » Cette expérience

forgent ses armes. « Même sur les hippodromes comme Lingfield, on se retrouve

en concurrence avec des « Nicholls »… Mes chevaux doivent donc être à 150%.

Entraîner en Angleterre apprend à se battre. » En 2008, Jean-René Auvray a rem porté

cinq victoires pour 60 partants en plat comme en obstacle.

La tentation de la France

Pourquoi Jean-René Auvray

a-t-il pris cette décision ? « J’ai terminé ma formation là-bas et je me suis

marié en Angleterre. J’avais simplement davantage de relations de travail. Mais

j’ai dans l’idée de revenir en France. » A court ou à moyen terme, Jean-René

Auvray aimerait venir s’installer dans l’Hexagone. Mais il est un homme de

raison et ses projets doivent se construire dans le bon ordre. « J’attendais

d’avoir un peu plus d’exposition pour ne pas repartir de zéro une fois revenu

en France. » En contact avec Marcel Rolland, Jean René Auvray a accueilli l’un

de ses représentants en décembre, Original (Robin des Champs). Il l’a alors

pris sous sa responsabilité et lui a montré ce qu’étaient les obstacles

anglais. Dix jours plus tard, Original a remporté un Gr2 à Kempton, un steeple

pour novices. Fin février, le cheval reviendra chez Jean-René Auvray en vue du

Festival de Cheltenham et de l’Arkle Challenge Trophy Chase (Gr1, le 10/03).

Sa vie à Lambourn

Sa plus belle victoire a été

acquise dans une Listed sur les obstacles grâce à One For Me (Tragic Role).

Jean-René Auvray possède actuellement une quinzaine de chevaux à l’entraînement

partagés également entre le plat et l’obstacle. Il a eu un autre bon cheval

très régulier nommé Pocketwood (Fleetwood).

Installé au sein d’un

véritable petit paradis, Jean-René Auvray se rend tous les matins sur le centre

d’entraînement de Lambourn, centre appartenant au Jockey Club. « Il est

vraiment idéal et possède une piste synthétique, les « All Weather ». Ce sont

les pistes du futur même si elles ne doivent évidemment pas devenir reines à la

place de la reine

: la piste en gazon. »

Jean-René Auvray travaille

avec de petits éleveurs français et anglais. Quelques « FR » vivent à l’ombre

de ses boxes. Il a lui-même une poulinière coulant des jours heureux dans les

herbages français. Belle Divine (Sign Divin), multiple gagnante sur les

obstacles, est stationnée chez Gérard Garaudeau, à côté de Poitiers. Elle vient

de pouliner un mâle par Bachir.