Un marché résistant par temps de crise

Autres informations / 12.02.2009

Un marché résistant par temps de crise

Nous y sommes désormais

habitués. Le marché mondial du pur-sang a baissé, comme les marchés boursiers,

de 30% à 50% pour ses chiffres moyens. Et Goffs nous a donné une très bonne

illustration de cette incontestable réalité avec laquelle nous devons composer

aujourd'hui comme nous y invite le directeur de Goffs, Henry Beeby, avec ses

commentaires positifs et lyriques.

 

Le 2e jour, avec la présence

d'un fort contingent d'une vingtaine de pouliches de 3ans présentées par

Darley, démontre deux enseignements majeurs :

1) Elles se sont toutes

vendues et elles monopolisent les premières places de la vente. Par exemple,

sur les cinq achats français du jour, on note cinq pouliches Darley de grandes

origines, mais toutes non courrues. Nos courtiers présents, MAB en tête, ont

réalisé d'excellentes affaires pour leurs clients car ils ont acheté toutes ces

pouliches à 40%, en moyenne, de ce qu'elles auraient atteint l'an dernier.

Donc, ce lot homogène indique très précisément la baisse qui affecte le marché

du pur-sang en Irlande.

2) Tous les acteurs présents

se sont battus pour ces pouliches qui se sont vendues sans aucun problème : le

marché était très actif, mais à un palier inférieur aux valeurs antérieures. Ce

qui signifie que dès que l'on offre des sujets qui sont valables, c'est-à-dire

que l'on peut exploiter, tant yearlings que jeunes pouliches, il existe une

demande fournie pour les acheter. Ce grand lot Darley a montré que le marché

était présent, qu'il fonctionnait, mais à un niveau inférieur.

L'autre conséquence de cette

observation est simple : les animaux qui sont en bas de la gamme, vieux, de

faible qualité ou qui ont des défauts physiques pénalisants n’ont aucune valeur

: soit ils partent à 1.000€, soit il n'y a aucune enchère. Bref, les animaux de

la surproduction n'ont pas une valeur faible, ils ont une valeur nulle. Pour la

santé économique de leurs propriétaires et du marché, ils doivent se raréfier.

 

Le bilan de Goffs février est

à l'image de la tenue des marchés de l'hémisphère Sud : le pur-sang traverse

une mauvaise période qui n'est pas désastreuse, mais qui place tous les acteurs

dans des difficultés financières transitoires. C'est un mauvais moment à

passer. Les chevaux gardent des valeurs minimales, les meilleurs d'entre eux

faisant des prix voisins de certaines périodes antérieures. C'est pourquoi, on

est conduit à conclure comme Henry Beeby qu’il est nécessaire de conserver

l’optimisme structurel des éleveurs, des propriétaires ou des entraîneurs, la

solidarité des uns et des autres en cette période morose.

Le business continue sans

problème sur un ton mineur, l'embellie est à venir très rapidement car le

marché reste actif. Les courses continuent, surtout en France : rien de grave

ne peut arriver avec une telle locomotive qui motive tous les espoirs. Les

acteurs du marché travaillent pour demain