Une grande présidence

Autres informations / 17.02.2009

Une grande présidence

Par Mayeul CAIRE, Directeur

de JDG

JDG l’a annoncé en

exclusivité la semaine dernière : Philippe Germond succédera à Bertrand

Bélinguier à la tête du PMU au mois de mai.

Une page du livre des

courses, ouverte en 1997, se tourne. Et quelle page ! De toute l’histoire du

PMU, la grosse dizaine d’années qui vient de s’écouler a été sans aucun doute

la plus importante depuis le temps d’André Carrus, qui avait fait entrer le

pari hippique dans chaque foyer français.

Ce qui est frappant

d’ailleurs, lorsque l’on compare le travail d’André Carrus et celui de Bertrand

Bélinguier, c’est qu’ils ont tous les deux su parfaite ment stimuler les deux

ressorts essentiels de notre activité : développer l’offre et faciliter l’accès

au pari. Chacun l’a fait à sa manière, au gré des techniques et mœurs de son

époque. André Carrus a créé le Tiercé, développé le maillage des points de

vente et automatisé le traitement des paris pour accélérer la publication des

rap ports. Bertrand Bélinguier a étendu l’horaire de la prise de paris,

multiplié le nombre de courses PMU, élargi les moyens de parier (Equidia et

Internet notamment) et transformé l’échec de Pégase en un système parfaitement

fiable.

Pour commenter le bilan de la

présidence Bélinguier, les chiffres parlent mieux que les mots :

Chiffre d’affaires : +76%

entre 1997 et 2008 (5,27 milliards d’euros à 9,27).

Chiffre d’affaires du PMU

direct (paris à distance) : +481% (642,7 millions d’euros).

Chiffre d’affaires des paris

Internet depuis 2004 : +203%.

Quand l’on repense à ce

qu’était le PMU en 1997, l’on ne peut qu’être ébahi à la vision de ce qu’il est

devenu. La présidence de Farge, qui incarnait à elle seule la mainmise mal adroite

de l’Etat, avait plongé les courses dans la crise. Car sans res sources,

comment continuer à élever et à faire courir des chevaux ?

En 1997, les courses ont eu

la chance d’avoir Jean-Luc Lagardère, qui a refondé un partenariat productif

avec l’Etat, avec comme première condition que les courses puissent choisir le

président du PMU. Ce fut Bertrand Bélinguier, qui avait à la fois l’expérience

de chef d’entreprise et la confiance des hommes du cheval – par sa solide

passion du milieu.

Et depuis – c’est l’autre

grand apport de la présidence qui s’achève –, les courses ont retrouvé du

crédit et au plus haut sommet de l’Etat, et dans toutes les strates de la

société. A ce sujet, le fait que les courses aient pu choisir le nouveau

président du PMU (avec la bienveillance des pouvoirs publics, mais sans se

faire imposer un

Inspecteur des Finances) est

très significatif. Comme l’est aussi le fait que cet homme, Philippe Germond,

soit un vrai homme d’industrie, que la perspective de diriger le PMU n’a pas

rebuté. Vraiment, les mentalités ont changé en douze ans…

 

Il y eut des phases où

l’actuel président ne fut pas compris. Notamment lorsqu’en accord avec les

sociétés de courses et avec l’Etat, il entreprit sa politique d’augmentation du

nombre de courses PMU. Le nombre de réunions nationales est passé de 534 en

1997 à 831 en 2007.

Depuis, chacun a pu en

mesurer les bienfaits. Pour la première fois, en 2008, le chiffre d’affaires du

PMU va probablement dépasser celui de la Française des Jeux. Cette information

dit, à elle seule, l’incroyable réussite de cette politique.

Mais cette intuition qu’il

fallait augmenter l’offre à destination des parieurs trouve encore plus de sens

avec la concurrence qui se profile face aux autres sports. Oui, cette idée a

plus d’avenir que jamais, et le PMU devra pouvoir proposer des courses toutes

les dix minutes quasiment du matin au soir pour que toute la filière trouve les

moyens de son finance ment. Et bien d’autres choses encore car, une fois de

plus, l’ouverture du marché des paris va exiger beaucoup du nouveau président.