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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Court canibal avale ses congénères

Autres informations / 15.03.2009

Court canibal avale ses congénères

PRIX EXBURY

Dans les années 1970, le

grand cycliste belge Eddy Merckx était surnommé “le cannibale’’, tant il

accumulait les victoires et avait soif de compétition. Le représentant de la

Marquise de Moratalla, Court Canibal (Montjeu), a lui aussi joué les cannibales

en dévorant un à un ses adversaires dans la ligne droite du Prix Exbury (Gr3).

Sauf qu’à la différence du quintuple vainqueur du Tour de France, il ne s’agit

ici que de sa première victoire au plus haut niveau.

Mikel Delzangle : « Il a bien

évolué »

D’un point de vue strictement

théorique, on ne peut être que sur- pris de la victoire de Court Canibal. Tout

simplement parce qu’après avoir terminé 2e de Full of Gold (Gold Away) – après

un parcours en or - dans le Prix Noailles (Gr2) l’an dernier, il a dans l’ensemble

déçu, accumulant des performances assez moyennes. On avait alors vite enterré

les espoirs qu’avait fait naître Court Canibal. Mais entre 3ans et 4ans, il

peut se passer des choses, et comme l’expli- quait son entraîneur, Mikel

Delzangle, après la course : « Il a bien évolué cet hiver. Avant le coup, je

n’étais pas sûr qu’il ait suffisamment de qualité pour battre des chevaux de la

trempe de Trincot. Mais il s’est montré très courageux. Il faut dire aussi que

le cheval est toujours bien en début de saison. Désormais, il devrait logique-

ment aller sur le Prix d’Harcourt (Gr2 – le 5/04). » >>

 

Une course décousue

Cheval de classe, mais

délicat, Runaway (King’s Best) a mené une bonne partie de la course en

compagnie de l’in- fatigable Lady Deauville (Fasliyev). A mi-parcours, la

physionomie de la course était assez bizarre, avec les deux fuyards en tête,

suivi à bonne distance par le peloton emmené par Chichon (Marju) – qui ne

démérite pas en gardant la 3e place. A l’entrée de la ligne droite, il y avait

bien 30 mètres en les premiers et le peloton. Même avec du rythme, c’est

toujours difficile, quand on se retrouve à l’arrière du peloton, de venir jouer

l’un des premiers rôles.

 

Diyakalanie se retrouve

Troisième du Prix de Diane

(Gr1) en 2007, Diyakalanie (Ashkalani) est passée à côté de son année de 4ans.

Transférée dans les boxes d’Yves de Nicolaÿ, dont l’habileté ne se dément pas,

elle avait refait surface à Deauville dans le Prix Lyphard (L), se classant 3e.

Cette fois, elle a gagné un rang. Mais, plus que cela, c’est l’impression

visuelle qu’il faut retenir. Encore parmi les derniers à l’entrée de la ligne

droite, elle a “refait le champ de course’’ pour venir échouer de peu. Son

propriétaire, Raymond Luce, était radieux de voir sa championne revenir à son

meilleur niveau, et nous disait : « Elle était si loin ! C’était impossible de

revenir. Ce Prix Exbury était une vraie course, de niveau Gr1. Désormais, elle

va courir le Prix d’Harcourt. » Yves de Nicolaÿ nous confirmait ces propos : «

C’est une jument sympathique. Les circonstances de course ont voulu qu’elle se

retrouve très loin à l’entrée de la ligne droite. Elle court très bien et

va se diriger vers le Prix

d’Harcourt. »

 

Bonnes rentrées de Loup

Breton et Trincot Respectivement 4e et 8, Loup Breton (Anabaa) et Trincot

(Peintre Célèbre) n’ont pas démérité pour leur retour à la compétition. Tous

deux sont assez         liés       et,        après            s’être affrontés dans le Prix Dollar

(Gr2), le 4 octobre, ils avaient de nouveau croisé le fer dans le Hongkong Cup

(Gr1), le 14 décembre.

Samedi, à Saint-Cloud, Loup

Breton débutait corde à gauche et, après avoir été longtemps enfermé, il a

tracé une belle fin de course, en dedans. Son entraîneur, Elie Lellouche, nous

a déclaré après l’épreuve : « Avec son numéro à la corde [le 3, ndlr] il s’est

retrouvé en dedans. Vu la physionomie de la course, il court très bien. »

Malheureux à l’entrée de la ligne droite, et longtemps derrière un “mur’’,

Trincot n’a pu s’exprimer au moment où les choses sérieuses ont commencé. Du

côté de son entourage, on n’était pas déçu, car d’autre belles aventures

attendent ce cheval régulier et pétri de qualité, mais qui n’a pas toujours eu

de la chance (cf. ses Prix du Jockey-Club et Jean Prat) : « On n’avait pas trop

le choix pour lui faire faire sa rentrée, nous a déclaré Mademoiselle Bader. Le

Prix Exbury était donc une épreuve logique pour le revoir. Normalement, il

devrait maintenant courir le Prix d’Harcourt. C’était une rentrée, alors nous

n’avons pas voulu donner une course trop dure au cheval. C’est pour- quoi il

n’a pas été cravaché. Concernant ses voyages à l’étranger, on y pense, mais

plutôt pour la fin de saison. »

Court Canibal offre une

victoire de stakes supplémentaire à Montjeu, digne successeur, avec Galileo, de

Sadler’s Wells. Ce qui est intéressant dans le pedigree maternel de Court

Canibal est que sa mère, Pas d’Heure, a pour géniteur Arazi. On se rappelle tous

de ce petit cheval formidable, lauréat mémorable du Breeders’ Cup Juvenile

(Gr1) à 2ans, avant de partir favori à 3ans du Kentucky Derby (Gr1), dans

lequel il échoua. Au haras, Arazi fut une réelle déception en tant que père.

D’ailleurs, il fut “baladé’’ d’un haras à un autre, échouant finalement en Australie

en officiant au tarif de 7.700$Aus… Néanmoins, il réapparaît aujourd’hui dans

certains pedigrees en tant que père de mère. Notamment dans celui de Kareemah

(Peintre Célèbre), ? JDG Rising Star ? et lauréate de Listed l’an

dernier. Mais, surtout, on le retrouve à la même place dans le pedigree

d’Electrocutionist (Red Ransom – Dubaï World Cup, Gr1), Lahudood (Singspiel -

Breeders’ Cup Filly and Mare Turf, Gr1), Spinning Queen (Spinning World - Sun

Chariot Stakes, Gr1), ou encore Jeremy (Danehill Dancer - 2e des Queen Anne

Stakes, Gr1).