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Gérald mossé : « c’est très naturellement que je reviens en france »

Autres informations / 05.03.2009

Gérald mossé : « c’est très naturellement que je reviens en france »

A 42 ans, Gérald Mossé

retrouve la France après dix-sept saisons à Hongkong. Séparé de Miguel

Blancpain, qui a mis fin à sa carrière, Carlos LaffonParias, a fait appel à ses

services et le pilote a accepté. Actuellement en Chine, Gérald Mossé posera ses

valises à Chantilly, le 23 mars.

 

JDG – Pourquoi avoir choisi

de revenir en France ? Gérald Mossé – Le plaisir de retrouver le pays… Je suis

loin de ma famille [ses trois enfants vivent en France, ndlr] et de mes amis

depuis des années. Le métier de jockey demande une remise en question

permanente. C’est ce que j’ai fait et c’est très naturellement que je reviens

en France.

N’avez-vous pas pensé aux

Etats-Unis et à l’écurie de Patrick Biancone ?

Non, car aux Etats-Unis, il

faut être très léger. Et je n’ai jamais réussi à l’être, même plus jeune.

Comment est née l’association

avec Carlos LaffonParias et qu’en attendez-vous ?

Il savait que je devais

rentrer et il a vu partir son jockey [Miguel Blancpain, ndlr] en fin de saison

dernière. Ce n’est pas une surprise puisque nous avons travaillé ensemble par

le passé. Nous espérons simplement sortir de bons chevaux. J’ai également

derrière moi deux autres entraîneurs : Alain de Royer Dupré et Mikel Delzangles

qui devrait faire appel à moi au coup par coup. J’espère ne pas les décevoir.

Je pense avoir acquis évidemment un peu de maturité et de l’expérience qui

rendront, je le souhaite, de bons résultats sur les pistes. Je suis plein

d’espoir. Cela fait vraiment du bien de rentrer en France.

Pensez-vous justement que

votre expérience hongkongaise vous servira en France et dans quelle mesure ?

L’expérience sert toujours.

C’est un plus, c’est sûr, mais les courses chinoises sont très différentes des

courses européennes. A Hongkong, on ne monte que sur deux hippodromes, associé

à des chevaux qu’on connaît par cœur. Tous les ans, on prend les mêmes et on

recommence. Une routine s’installe et on prend moins de plaisir. Les chevaux

asiatiques sont loin d’avoir le niveau des chevaux européens.

 

 

L’adaptation a-t-elle été difficile,

tant dans la sphère professionnelle que privée ?

Non, je ne peux pas dire

cela. Certes, il faut s’adapter aux traditions, aux us et coutumes, à la langue

et la culture, mais lorsqu’on choisit de partir, toutes ces découvertes sont un

plaisir. J’ai d’ailleurs l’intention de revenir en Asie pour ma reconversion.

 

Pour devenir entraîneur ?

Si les choses se passent

comme je le souhaite, je compte en effet devenir entraîneur en Asie, sinon

j’essaierai en Europe.

 

Pourquoi là-bas ?

Car le projet est, à mes yeux

et à ma connaissance, plus facile à réaliser en Asie. Le système est simplifié

par rapport à ce qu’on connaît en Europe. Là-bas, vous entraînez vos chevaux,

point. Le Jockey Club s’occupe de tout le reste.

 

De Hongkong, avez-vous pu

suivre les chevaux français, ceux de l’Aga Khan, la saison dernière en

particulier ?

Oui. Je m’intéresse beaucoup

à leur évolution. J’ai fait partie de l’équipe pendant huit ans. Je suis très

fier d’avoir travaillé pour un homme comme Son Altesse Aga Khan. Il est

incontournable spirituellement et professionnellement. Quand on sort d’une

équipe, elle poursuit son chemin et c’est toujours un plaisir de continuer à la

suivre. Lorsque l’équipe réalise une année extraordinaire comme la saison 2008,

on est heureux pour elle.

 

Vous verra-t-on à nouveau

sous les couleurs vertes à épaulettes ?

Je ne suis plus dans

l’équipe, mais je sais que lorsqu’ils ont deux chevaux dans une course et

qu’ils n’ont pas de jockey, ils pensent à moi. J’ai de bonnes relations avec

toute l’équipe. Je travaillerai avec eux quand ils auront besoin de moi.

 

Vous répétez très souvent le

mot « équipe », a-t-il une importance particulière à vos yeux ?

Oui, parfaitement. Nous ne

parlons jamais assez de l’élevage, des garçons d’écurie, etc. En somme, tous

ces professionnels que l’on voit un peu moins. Le succès d’un cheval est bâti

sur une équipe et l’ensemble des connaissances, des capacités, des

investissements personnels ou financiers de chacun. Ce qui me plaît, c’est

justement de faire partie d’une équipe.

 

Que peut-on vous souhaiter de

plus ?

On a toujours besoin de

monter des champions pour les voyages, le prestige, les sensations et le

plaisir d’être un pilote de Formule 1.

Voilà ce que je souhaite :

monter les meilleurs chevaux sur les meilleurs champs de courses du monde

entier et vivre toute cette aventure au sein d’une belle équipe !