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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Henri poulat : « c’était inimaginable, même dans mes rêves les plus fous »

Autres informations / 18.03.2009

Henri poulat : « c’était inimaginable, même dans mes rêves les plus fous »

Les « Buck’s ». Depuis

quelques jours, on n’entend parler que d’eux. Au cœur de cette magnifique

réussite, Henri Poulat, propriétaire passionné, restau rateur de métier et

désormais éleveur d’une famille connue des deux côtés de la Manche. Les Buck’s,

c’est bien sûr Big Buck’s (Cadoudal), couronné lors du célèbre Festival de

Cheltenham dans le World Hurdle (Gr1). Mais c’est aussi Buck’s Boum, son propre

frère, deuxième du Prix Cambacérès (Gr1) derrière le crack Long Run (Cadoudal).

Focus sur une famille hors du commun.

 

 

A l’origine de cette

réussite, une jument de niveau handicap devenue une formidable poulinière :

Buck’s (Le Glorieux), achetée yearling pour 115.000 francs. « J’en ai fait

l’acquisition au mois d’août lors des ventes publiques, nous a déclaré Henri

Poulat. Mon choix s’est porté sur cette pou liche car j’avais acheté à

l’amiable sa sœur, Buck’s Glory, qui avait gagné huit courses avant de se tuer

à Enghien. » Henri Poulat est l’un de ces propriétaires-éleveurs fidèles à une

seule famille. Il croit en la notion d’héritage. Et il ne s’est pas trompé car

sa poulinière, achetée yearling en 1994, a produit deux champions : Big Buck’s

et Buck’s Boum. « Elle a produit cinq fois, puis je lui ai laissé une année de

repos, avant qu’elle ne produise encore quatre autres poulain. De ce fait, je

l’ai sciemment laissée tran quille l’an passé. Cette année, elle retournera à

Trempolino qui est déjà le père de son dernier yearling. »

Deux "Cadoudal",

puis deux "Turgeon" et maintenant présentée deux fois à Trempolino,

la petite Buck’s a droit à des top-sires. « Son premier produit, Jeune Fille,

était par Jeune Homme. Son propriétaire, un milliardaire japonais, m’avait fait

cadeau de la saillie car j’avais intégré son fils comme serveur dans mon

restaurant. Et puis ensuite, j’ai fait appel aux Haras nationaux et de fil en

aiguille, j’ai pu la présenter aux meilleurs étalons. J’ai été très content

d’avoir eu un autre mâle par Cadoudal [Buck’s Boum sui vait Big Buck’s dans la

production et tous deux sont par Cadoudal, ndlr]. J’ai d’ailleurs décidé de ne

pas castrer Buck’s Boum pour le garder à l’élevage. Ceci est d’ailleurs

toujours d’actualité, Buck’s Boum n’est pour l’instant pas à vendre et il

faudrait qu’il gagne son Gr1 ! »

Buck’s Boum a été l’une des

révélations chez les 3ans à la fin de l’année dernière. Dimanche, à Auteuil, il

a effectué une mauvaise rentrée dans le Prix Jacques d’Indy (Gr3), mais il

paraît que c’est de famille : « Bien souvent, les pro duits de Buck’s ne

réussissent pas leur course de rentrée et sont mieux pour leur deuxième course.

Bien sûr, j’espérais qu’il coure mieux et j’ai pris une douche froide, mais il

est bien rentré de sa course, c’est l’essentiel. Le lendemain, tout allait

bien, nous allons attendre les résultats de la prise de sang qui sera effectuée

cette semaine. Sur ce qu’il a montré l’an dernier, il est capable de gagner un

Gr1. »

 

Big Buck’s, le Gold Cup en

point de mire

Buck’s Boum est entraîné par

René Lecomte, « un homme sérieux, discret, à son travail et honnête », tout

comme l’était Big Buck’s qui a pris la deuxième place du Prix Alain du Breil

(Gr1), en 2006, pour l’entraîneur français. Une per formance qui a valu à Big

Buck’s beaucoup de convoitises. Direction, donc, les boxes du top-entraîneur

anglais Paul Nicholls, puis le Festival de Cheltenham, la semaine dernière. «

Je n’étais pas à Cheltenham, mais Paul Nicholls m’a envoyé un mail de

félicitations, me disant que Big Buck’s était un crack. Son bras droit m’a

ensuite envoyé deux pages manuscrites dans lesquelles il me racontait tout sur

mon cheval. Big Buck’s restera encore sur les haies cette année et visera le

Gold Cup 2011 ! Cette réussite était inimaginable, même dans mes rêves les plus

fous. »

 

Tout autour de Buck’s

Parmi les produits de Buck’s,

Henri Poulat a conservé Buck’s Beauty (Lyphard’s Wish). Buck’s Beauty a produit

un mâle par Turgeon, vendu lors d’une vacation Arqana. Elle a ensuite eu une

femelle par Kapgarde, aujourd’hui yearling. Comme sa mère, elle a été présentée

à Trempolino et devrait pouliner au mois d’avril. Cette année, elle sera

présentée à Nickname, un étalon dans lequel Henri Poulat a investi en achetant

une part.

Henri Poulat est un éleveur

sans terre. L’intégralité de son élevage vit aux Haras de Gouffern et de

Rabodanges. « J’ai rencontré M. Lemoine Boucaud, propriétaire des lieux, par

l’intermédiaire de Frédéric Danloux et j’avais acheté un cheval au haras. De ce

fait, quand j’ai décidé de devenir éleveur, je me suis naturellement tourné

vers eux. » Avec cette réussite, Henri Poulat pourrait rêver un jour d’avoir

ses propres terres pour élever ses chevaux. « Pour le moment, tout fonctionne

très bien comme cela et puis c’est un vrai métier ! Je suis bien ainsi et je ne

pense pas, même à long terme, acheter mes terres d’élevage. » Parisien, Henri

Poulat possède une résidence à Deauville et passe dix à quinze jours par mois

sur la côte Normande, au plus près de ses petits bijoux.