La fédération nationale…

Autres informations / 01.03.2009

La fédération nationale…

Autre mission de la

Fédération : répartir les aides communes aux sociétés de province, jusqu’alors

distribuées par les sociétés parisiennes selon leur bon plaisir, et de

coordonner les activités et les initiatives locales. C’est ainsi que parmi la

kyrielle de vœux présentés par les sociétés de courses départementales durant

la période d’entre-deux-guerres, on remarque le plus souvent :

les arbitrages de différends

à propos de dates de réunions de sociétés de courses voisines ; la connaissance

des assurances à souscrire et des taxes et impôts frappant les sociétés ;

l’organisation d’un service d’inspection technique des champs de courses ; l’amélioration

des conditions de transport par chemin de fer jugées « déplorables », avec des

retards « inadmissibles » et des tarifs « prohibitifs » ; les demandes d’envoi

inopiné sur les hippodromes d’un vétérinaire chargé d’effectuer des

prélèvements en vue de la répression du doping ; la possibilité de confier les

fonctions de juge au départ et à l’arrivée à des personnes, en quelque sorte

professionnelles, qui donnent à ceux qui les emploient toute sécurité pour

l’exécution, des différentes opérations ; et l’obtention d’entrées gratuites

aux propriétaires sous certaines conditions

En réalité la province est

délabrée. C’est la conclusion de l’enquête décidée en 1924 par la Fédération et

menée jusqu’au début des années 30 par des inspecteurs des sociétés mères du

galop. Ainsi sur les 450 hippodromes étudiés pratiquant l’obstacle, près d’un

tiers sont médiocres (99) ou mauvais (41) pour cette discipline. Quant aux

limiers de la Société d’Encouragement ils dénoncent des sols défectueux, des

pistes mal entretenues, sans compter les réunions inorganisées dont les

opérations se déroulent

« lentement », sans

précision, parfois mal conduites, sans discipline, avec méconnaissance de tout

règlement par des commissaires, certes dévoués, mais bien souvent incompétents,

ignorants de leurs fonctions, inconscients de leurs responsabilités. Constat

sévère qui, s’ajoutant à la faiblesse des allocations et au coût élevé du

transport, explique la rareté des partants sur ces hippodromes victimes de leur

développement immodéré, incontrôlé. Les « munificences obtenues par intrigues,

influence politique ou relations mondaines », octroyées par les sociétés

parisiennes doivent être remplacées par des subventions versées en fonction de

l’utilité et de la qualité des champs de courses. Car, si le joueur se dérobe

et le spectateur se désintéresse, ne serait-ce pas que régularité et moralité leur

semblent

suspectes ? Dans de telles

conditions, on ne peut être surpris que les courses de province doivent céder

le pas à différents sports, bénéficiant d’atouts déterminants, leur nouveauté

et leur pratique par une jeunesse nombreuse alors que le cheval fait place à

l’automobile.

 

L’année 1924 voit la

Fédération perdre ses pionniers, décédés à quatre mois d’intervalle, le comte

de Quincey le 23 août, et Maurice Romanet, premier secrétaire, le 11 décembre.

À la présidence sont nommés le baron Lejeune, qui renonce à ses fonctions en

1927 pour raison de santé, puis le comte Antoine Hocquart de Turtot, premier commissaire

de la Société d’Encouragement, avec pour secrétaire René Romanet-Riondet. Ce

sont eux qui ont la charge du dossier de l’extension du pari mutuel en dehors

des hippodromes, événement majeur de l’entre-deux-guerres. C’est ainsi que,

dans le but de lutter contre les paris clandestins, l’article 186 de la loi de

Finances du 16 avril 1930 donne naissance au Pari Mutuel Urbain, le P.M.U.

Réunie le 25 septembre, la « Chambre Fédérative des Sociétés de Courses de

France » décide, en accord avec les pouvoirs publics, de confier l’organisation

matérielle du Pari Mutuel Urbain à une gérance (réunissant des spécialistes en

la matière de paris), la haute direction demeurant entre les mains des sociétés

de courses organisatrices. Ainsi le 2 mars 1931 à Vincennes, fonctionne pour la

première fois le P.M.U., dès lors source intarissable abreuvant les courses

françaises. La France se trouve ainsi être le premier pays dans le monde à

pouvoir organiser officiellement le pari mutuel hors les hippodromes. C’est ce

P.M.U. qui permet à l’élevage français immédiatement affecté par la crise

économique, de traverser les années 30 sans trop d’encombres.

 

Quand survient la Seconde

Guerre mondiale, la Fédération nationale veille à la survie des courses. Elle

est entendue par les autorités compétentes, but atteint au prix de la fermeture

de certains hippodromes parisiens et d’une forte réduction d’activité en

province. Les partants sont nombreux malgré les difficultés de ravitaillement

et de transport. Devant un public redevenu dense, car privé de moyens de

locomotion, peut s’opérer une certaine sélection. Bien que numériquement

diminué, l’élevage français prouve dès la fin de la guerre que sa qualité

demeure. En témoignent les incursions victorieuses de nos chevaux outre-Manche

en 1946, confirmation étant donnée par cinq succès des « bred in France » dans

le Derby à Epsom de 1947 à 1956.