Urban sea : une légende vivante s’en est allée

Autres informations / 04.03.2009

Urban sea : une légende vivante s’en est allée

L’exceptionnelle Urban Sea

(Miswaki et Allegretta, par Lombard) est morte lundi, suite à des complications

lors de son poulinage à l’Irish National Stud. Son foal, un mâle d’Invincible

Spirit, a été confié à une nourrice. Urban Sea était âgée de 20ans.

Responsable des étalons à

l’Irish National Stud, Julie Lynch a déclaré :

« Tout le monde ici a reçu la

nouvelle comme un choc. Nous étions extrêmement fiers d’avoir la charge d’une

poulinière        aussi    phénoménale.  Une

matrone de son niveau, on n’en rencontre qu’une au cours de sa vie. » Née au

Kentucky, cette pouliche de Marystead Farm a été vendue yearling à Deauville

par le Haras d'Etreham, et placée sous la responsabilité de Jean Lesbordes.

Urban Sea s’est imposée dès sa deuxième course à MaisonsLaffitte avant une

campagne très réussie à l’âge de 3ans : lauréate du Piaget d’Or (L) à Deauville,

avant de finir troisième – tout près – dans le Prix Vermeille G1 à Longchamp.

Cette année 1992 se termina en Amérique du Nord pour la représentante de David

Tsui, deuxième de Hatoof (Irish River) dans les E.P. Taylor Stakes (alors Gr2)

à Woodbine.

1993 allait être l’année Urban

Sea, comme le pressentait son entraîneur. A 4ans, elle remporta quatre de ses

sept sorties : le Prix Exbury (Gr3), le Gontaut-Biron (Gr3), la course qui

allait porter son nom au Lion d’Angers et, évidemment, le Prix de l’Arc de

Triomphe G1.

A 5ans, elle s’imposa dans le

Prix d’Harcourt (Gr2) et finit troisième dans le Ganay (Gr1), concluant sa

carrière par une quatrième place dans le Coronation Cup (Gr1) à Epsom.

Bilan : vingt-trois courses,

huit victoires, quatre places de deuxième et trois places de troisième, pour

plus de 1,3 million d’euros de gains.

 

Evidemment, sa victoire dans

l’Arc faisait d’elle une compétitrice de tout premier plan, une des rares

pouliches à gagner la plus grande course du monde, en terme de prestige, voire

d'allocations, suivant les moments. Mais sa légende s'est construite sur la

très rare combinaison d'une pouliche gagnante de l'Arc, donc un super

performer, qui devient une poulinière rarissime, produisant une flopée de chevaux

de Groupe, dont évidemment Galileo qui est aujourd'hui le meilleur étalon

européen, sans doute du monde. C'est beaucoup pour cette alezane un peu sèche,

au cœur d'acier tant elle était courageuse.

Urban Sea a déjà produit

aujourd'hui huit produits qui sont stakes' performers, dont six gagnants de

Groupes parmi eux, ce qui est tout à fait exceptionnel

Son premier foal a été Urban

Ocean (Bering), gagnant de Gr3, étalon.

Son second produit, la

pouliche Melikah, par le médiocre étalon Lammtarra, sera lauréate de Listed,

deuxième des Oaks (Gr1) à Epsom puis troisième des Oaks irlandaises (Gr1),

après avoir fait le top-price des ventes d’août à Deauville. Avec Melikah, il

devenait évident que la fille de Miswaki allait devenir une incroyable

reproductrice, alors qu'elle a couru jusqu'à 5ans !

En 1998, passée pour quelques

années dans l'orbite de Coolmore qui, une fois de plus, a eu du nez en la

présentant systématiquement à Sadler's Wells avec qui il était évident qu'elle

allait bien croiser, elle donne naissance à un mâle, donc, par Sadler’s Wells :

c’est Galileo. En 2001, ce poulain béni des Dieux réussit un triplé de haute

volée au niveau Gr1 : deux Derbies (Epsom et Irlande) et les « King George ».

Super cheval de course, supérieur à son père Sadler's Wells, il allait devenir

l'étalon les plus recherché du monde, continuateur et améliorateur de son

exceptionnel géniteur de Coolmore dans la mesure où il produit plus de vitesse

que son père, comme le prouvent les deux champions 2ans de Jim Bolger, Teofilo

et New Approach, tous deux par Galileo.

Associée à Sadler’s Wells,

Urban Sea donna dans la foulée un nouveau gagnant de Gr1, Black Sam Bellamy,

étalon

en pleine réussite

actuellement. Puis All Too Beautiful (toujours par Sadler’s Wells), vendue 1,1

million de guinées, foal, en 2001 à Tattersalls, avant de signer une victoire

de stakes, et de conclure à la deuxième place dans les Oaks (Gr1) d’Epsom, à

l'instar de sa sœur Melikah.

Nouveau coup d’éclat en 2002

: sa pouliche par Giant’s Causeway signe le record du monde pour une foal, adjugée

1,8 million de guinées à Tattersalls. Baptisée My Typhoon par

ses acheteurs américains qui

mirent plus que John Magnier, elle fit une belle moisson aux Etats-Unis,

remportant les Diana Stakes (Gr1) à Saratoga, et huit autres stakes, et 1,6

million de dollars. Notons que My Typhoon vient de donner vie à un foal

d’Awesome Again, un croisement pour le moins inattendu.

En 2004, Urban Sea produit

Cherry Hinton (Green Desert), placée de Gr3 pour le compte de John Magnier qui

récupère ainsi une fille de la jument qui lui a donné la star Galileo.

Son foal de 2006 par Cape

Cross, baptisé Sea the Stars, qui a été conservé par la famille Tsui, a été élu

TDN Rising Star suite à sa victoire dans les Beresford Stakes (Gr2) à l’automne

dernier. Ce cheval entraîné par John Oxx, quoi qu'il arrive en 2009, se

retrouvera au haras pour tenter de ressembler à son frère et à sa mère!

Toute l'histoire d'Urban

Sean, indissociable de sa mère Allegretta, aura marqué les courses et l'élevage

mondial dans de nombreuses dimensions et directions. Dès le début, son histoire

est faite de multiples détails et bifurcations entre son éleveur, son

entraîneur, son propriétaire et tous ceux qui ont gravité autour de ce soleil.

Nous en raconterons certaines phases dans les jours qui viennent. Cette

disparition est celle d'une lumière de l'élevage.