Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Blue bresil, un rêve éveillé

Autres informations / 30.04.2009

Blue bresil, un rêve éveillé

Blue Bresil (Smadoun) fait

rêver. Troisième du Prix Noailles (Gr2), il obtient le même classement dans le

Prix Hocquart (Gr2). Jusqu’ici, Blue Bresil est "simplement" un très

bon cheval. Mais son histoire ne s’arrête pas là et toute la saveur de ce petit

cheval costaud accroche les papilles gustatives de son entourage et de tout un

public le 15 mars dernier : Blue Bresil débute en obstacle. Mais pas n’importe

où. Directement dans un Groupe 3, le Prix Jacques d’Indy. Les observateurs

attendent de voir. Et Blue Bresil leur montre d’emblée de quoi il est capable :

deuxième, oui, mais qui plus est, de Long Run (Cadoudal), le chef de file des

4ans sur les haies. Trois semaines plus tard, le petit phénomène revient à

Auteuil…et confirme ! Deuxième du Prix de Pépinvast (Gr3), en se montrant

fautif à la dernière haie. Une faute qui lui coûte beaucoup… « On élève des

chevaux pour un peu de rêve, surtout lorsqu’on élève pour courir et non pour

vendre ». Jean-Louis Pariente, co-fondateur d’une entreprise de sous-vêtements

pour hommes, a 47 ans. Et depuis 1986, année où il acheta sa première jument,

ce passionné de courses, d’élevage et de chevaux tout simplement, est éleveur

de pur-sang. Il a bercé un grand rêve : Blue Bresil

 

Blue Bresil et Miss Salvador,

le même croisement frappe deux fois

Les cinq poulinières de

Jean-Louis Pariente, éleveur sans sol, sont stationnées au Haras de la Poterie.

La meilleure d’entre elles se nomme Miss Recif (Exit to Nowhere), une fille de Miss

Bresil (Bellypha), double placée de Gr3.

« J’étais propriétaire de

Miss Bresil et, en 1996, j’ai acheté sa fille Miss Recif. Sa mère était bonne,

mais Miss Recif n’était pas très bien faite de devant. J’ai donc pu l’acheter

peu cher. » Miss Recif a produit Blue Bresil, mais aussi et avant lui, Miss

Salvador, sa propre sœur, gagnante de Gr3 (Prix de Flore) et placée de Gr2. «

Blue Bresil et Miss Salvador sont les meilleurs chevaux que j’aie élevés et ils

sont propres frères et sœurs, souligne Jean-Louis Pariente. Je crois un peu en

cela. Le même croisement peut marcher plusieurs fois. » Quand il parle de

croisement, Jean-Louis Pariente peut échanger durant des heures. « Certains

comptent les moutons, le soir, dans leur lit, moi, j’étudie les croisements ! »

Jean-Louis Pariente a gardé

Miss Salvador comme poulinière. Elle est aujourd’hui pleine de Shamardal

(Giant's Causeway). « Il y a plus de choix d’étalons en dehors de nos

frontières. C’est assez nouveau pour moi d’aller à l’étranger. Je regrette

d’ailleurs qu’en France, on ne garde pas assez d’étalons améliorateurs. » Avant

2009, les croisements de Jean-Louis Pariente ont été "fabriqués" avec

des étalons du parc français. « Avec la crise, le prix des saillies a un peu

baissé. C’est pour moi le moment opportun pour essayer de nouveaux croisements.

Miss Recif doit donc aller à Hurricane Run cette année, mais elle retournera

certainement ensuite à Smadoun, il va très bien avec des filles d’Exit to

Nowhere. »

 

« Miss Recif produit des

chevaux très costauds » Hurricane Run, un jeune étalon peu confirmé, a séduit

Jean-Louis Pariente par ses performances en course, mais aussi par son

pedigree. « C’est un fils de Montjeu (Sadler’s Wells) et je pense que le sang

de Sadler’s Wells et celui de Top Ville [père de mère de Montjeu, ndlr] se marient

bien avec celui de Lyphard. Et Miss Recif possède du sang de Lyphard. »

Véritablement amoureux de ses chevaux, Jean-Louis Pariente a attrapé tout jeune

le virus de son père, Pierre-Alain, lui-même éleveur. Pour son anniversaire, ce

sont des magazines Courses et Elevages qu’il réclamait. Il connaît ses chevaux

sur le bout des doigts et voue une passion « dévorante » pour ce monde à la

fois mystérieux et plein de connaissances. « Miss Recif produit toujours des

chevaux très costauds et très calmes. Miss Salvador est d’ailleurs surnommée

nounours. Pourtant, elle-même est pleine d’espèce. Elle possède beaucoup de

caractère et d’influx. J’essaye de repérer les croisements qui fonctionnent et

je croise des modèles complémentaires. Je veux faire des chevaux de distance,

de 2.000 ou, car d’abord, les poulinières que je possède ont de la tenue, et

ensuite parce que je pense qu’élever des chevaux de vitesse, c’est encore autre

chose ! ». Aujourd’hui éleveur sans sol, Jean-Louis Pariente aimerait profiter

de sa retraite pour élever ne serait-ce qu’une ou deux juments sur ses propres

terres. Pour que le rêve ne s’achève jamais.