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Jour de Galop

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Christophe clément : « le développement du polytrack a beaucoup changé la donne »

Autres informations / 13.04.2009

Christophe clément : « le développement du polytrack a beaucoup changé la donne »

 

Installé aux Etats-Unis

depuis 1991, où il a connu une très belle réussite, Christophe Clément était de

passage en France à la fin de la semaine dernière. L’occasion de lui poser

quelques questions sur l’actualité de l’Amérique hippique.

Jour de Galop. – Les

Etats-Unis ont été le point de départ de la crise financière mondiale. Les

courses locales ont-elles été touchées ?

Christophe Clément. – La

crise financière touche surtout les propriétaires qui étaient impliqués à Wall

Street. Mais je ne suis pas sûr que les Etats-Unis aient plus souffert que

l’Angleterre ou l’Irlande. Sur le plan strictement hippique, les allocations

sont restées les mêmes. Les grands champs de courses n’ont pas souffert : la

moyenne journalière des allocations distribuées sur les hippodromes de Del Mar,

Saratoga et Keeneland est de 650.000$ ! Et les propriétaires traditionnels sont

toujours là. En revanche, en matière d’élevage et de commerce, il y a un

problème de surproduction. Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs, et cela a

conduit à aligner les prix de vente sur la réalité des allocations. Tout s’est

un peu réajusté. Cela me paraît plutôt sain.

Vous avez quitté l’Europe en

1991, à l’âge de 25 ans. Dix-huit ans après, que diriez-vous à un jeune

entraîneur français qui voudrait s’inspirer de votre parcours ?

Ça vaut toujours le coup de

se battre ! Evidemment, ce n’est pas toujours facile : il faut des contacts,

des chevaux et un minimum de talent… C’est sans doute un peu plus difficile

aujourd’hui. Mais tout est plus difficile, non ?

Comment comparez-vous

l’univers hippique français et américain ?

Les Etats-Unis, sur le plan

humain, c’est plus dur… mais sur

 

le plan hippique, c’est plus

facile parce que le programme est beaucoup plus fourni qu’en Europe.Quel que

soit le type de cheval, nous avons toujours le choix de plusieurs engagements à

travers le pays.

 

Les pistes en Polytrack

rapprochent aujourd’hui les deux continents. Est-ce plus facile, pour vous, qui

avez souvent d’anciens chevaux européens ?

Le développement des pistes

en Polytrack élargit considérablement les possibilités pour les chevaux que

nous importons d’Europe. Pour s’en convaincre, il suffit de repenser aux succès

des Européens au Breeders’ Cup sur le Polytrack de Santa Anita. Je ne reçois

pas plus de chevaux, mais je gagne plus de courses !

 

Regardez-vous encore les

courses européennes ? Je suis les courses françaises dans le TDN [maison-mère

de JDG, ndlr]. Et je viens tous les ans pour le July Meeting revoir mon ancien

maître, Luca Cumani.

 

Comment se présente votre

année ?

L’année s’annonce très bonne.

J’ai déjà dix-neuf gagnants, dont un Gr1 et un Gr3. J’ai pas mal de bons

pensionnaires, dont certains viennent de France. Je pense à Astrologie (Polish

Precedent – lauréate de Listed et 4e du "Royallieu", Gr2, pour André

Fabre), que j’aime bien, et à All is Vanity (Gold Away – lauréate du Prix de

Sandringham, Gr2, pour William Cargeeg), qui court samedi un stake à Gulfstream

Park [elle a fini 3e, lire ci-dessous].