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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Saison de monte 2008

Autres informations / 11.04.2009

Saison de monte 2008

Aujourd’hui...

DIABLENEYEV

En station au Haras du

Thenney

Prix de saillie : 3.000€ HT

Live Foal

Haras du Thenney 14950

Saint-Pierre-Azif

Tél. : 02 31 79 22 65

et 06 29 02 67 39

Ou Jean-Pierre Deroubaix : 06

07 76 38 54

Père de Diableneyev, Nureyev

fait partie avec Lyphard et Riverman de cette fameuse génération de champions

français exilés aux Etats-Unis pour y devenir de grands sires.

Rétrospectivement, cette fuite des cerveaux (formule élégante…) a

fait manquer une marche à

l’élevage national, selon les penseurs de la fin du siècle. Pourtant, si

Nureyev a porté la bonne parole outre-Atlantique, il a finalement donné le

meilleur de sa production en Europe. C’était l’époque, les années 80, où

l’Irlande se situait dans le Kentucky et Coolmore excellait avec ses étalons

d’obstacle…

Oncle maternel de Sadler’s

Wells, Nureyev a dressé une liste sans fin de champions, dominée cependant par

un nom, Miesque. Phénomène aux dix groupes 1, dévolue par une mystérieuse justice

à la France et à l’équipe Niarchos/Boutin (celle déjà de Nureyev), Miesque

s’est ensuite muée en incroyable poulinière. Par gourmandise, on rajoutera le

sensationnel Peintre Célèbre, désigné champion du monde de l’année 1997.

Nureyev est-il, oui ou non,

un père d’étalons ? La question se pose dans les milieux autorisés à tempes

grises et yeux plissés. Il est vrai qu’on peut opposer à la réussite de Peintre

Célèbre, de Theatrical ou de Polar Falcon avec son prolongateur Pivotal, les

bilans plus contrastés de Fasliyev, Soviet Star, Spinning World ou Lead On Time

ou les mentions tout juste passables de Zilzal, King Charlemagne, Stately Don,

sinon les échecs patentés de Romanov, Wolfhound (Bright Sky exceptée) et Jeune

Homme.

Dans ce concert de noms

célèbres, Diableneyev est, de très loin, celui qui a été le moins bien servi au

niveau de la qualité des juments, puisqu’il n’a jamais croisé le doux regard de

la moindre black-type en début de carrière d’étalon. Fils de Nureyev ou non,

Diableneyev s’en sort donc avec la palme du mérite

Sprinter, Diableneyev a

poursuivi en cela la tradition familiale, spécialisée depuis des décennies sur

les parcours de vitesse. Elevée aux Etats-Unis, puis acquise par la famille

Wertheimer, sa mère La Pitié (Devil’s Bag), a débuté en juin de ses deux ans.

Elle a frôlé le black-type, en prenant les 4e places, toujours sur le sprint,

du Prix du Petit Couvert (Gr3), des Prix de la Vallée d’Auge (L) et du Cercle

(L). Poulinière, elle a donné un propre frère de Diableneyev, nommé Empireneyev,

lui aussi précoce et dur puisqu’il a tout gagné au fil du temps en Suisse après

avoir conclu 3e du Prix Djebel (L). Personne ne fut surpris que La Pitié

produise une bonne 2 ans, croisée avec l’avion de chasse Dayjur (Danzig), en

l’occurrence Tender Morn, gagnante des Rêves d’Or (course A) à Vichy durant

l’été puis dauphine dans la foulée de son compagnon de couleurs Iron Mask

(Danzig) dans le Prix de la Vallée d’Auge (L).

En ce sens, La Pitié

respectait les prédispositions familiales affichées par sa grand-mère, Queen

Empress (Bold Ruler), championne américaine aux 15 victoires dont les Frizette

Stakes (aujourd’hui Gr1 majeur américain) à 2 ans. Et la vaste descendance de

cette matrone, exploitée essentiellement par George Strawbridge, a donné des foules

de black-type sur les parcours de vitesse, avec en point d’orgue Silver Fling

(The Minstrel), lauréate du Prix de l’Abbaye de Longchamp (Gr1) en 1989.

Expression plus récente de cette souche, Snow Key (Cozzene) a poussé jusqu’aux

1800m du Prix Casimir Delamare (L) l’automne dernier à Longchamp.

Père de La Pitié, Devil’s Bag

(Halo) a, lui aussi, apporté de l’influx. Il est, par exemple, l’auteur du

taureau nippon Taïki Shuttle (Prix Jacques le Marois – Gr1) et de la mère du

flyer Orpen (Prix Morny – Gr1), étalon arrivé cet année au Haras du Thenney.

En toute logique, Diableneyev

était non seulement un sujet précoce, doté d’une grande vitesse naturelle, mais

aussi un compétiteur qui a su durer. A 2 ans, il n’a échoué que d’une courte

tête face à son compagnon de boxe Roi Gironde (Fairy King) dans le Critérium de

Maisons-Laffitte (Gr2), et ce directement après sa victoire de début, sur le

même parcours des 1400m en ligne droite. Raccourci ensuite, Diableneyev a

participé assidument pendant deux saisons au circuit du sprint français.

Anglais, il aurait eu beaucoup plus de choix dans cette spécialité. Il a

néanmoins mis à profit la maigre marge de manœuvre du programme pour

enregistrer une victoire de listed dans le Prix Cor de Chasse, devant

l’inusable britannique Repertory (Anshan), et une multitude d’accessits dans

des groupes et listeds enlevés par de très bons flyers tels Nuclear Debate

(Geiger Counter), Josr Algarhoud (Darshaan), et autre Kéos (Riverman). En

visite chez Christiane HeadMaarek, à la quête d’un nouvel étalon pour son Haras

de la Rousselière dans le Maine-etLoire, Pierre de la Guillonnière est tombé en

arrêt devant Diableneyev, impressionné par son physique de talonneur de rugby.

Non pas qu’il soit grand (1,62m), mais il force le respect avec son poitrail

largement ouvert et le propulseur lui tenant lieu d’arrière-main. Le tout

enrobé d’une couleur presque noire.

D’emblée, Diableneyev a

produit avec Helios Quercus un gagnant de groupe 1 en plat.

Ce fait d’arme est partagé

avec seulement quatorze autres reproducteurs installés actuellement en France.

Certains sont en fin de carrière et tous ont disposé de listes de juments

évidemment plus prestigieuses que Diableneyev.

La plus belle histoire du

galop des années 2000, Hélios Quercus, entraîné par Cyriaque Diard et monté par

Alex Roussel, a donné un grand coup de sabot dans une montagne d’a priori et de

sourires condescendants lorsqu’il a brillamment gagné le Critérium

International (Gr1) en 2004. Il confirmait tout simplement sa victoire du Prix des

Chênes (Gr3), faisant suite au Prix des Yearlings (L) en août à Deauville.

Porte-drapeau de l’ouest, région dont les sportmen ont une certaine

considération de la chose hippique, Hélios Quercus avait débuté directement à

Maisons-Laffitte par un succès fin mars 2004. Son dernier et émouvant succès en

septembre 2006 avait pour cadre une listed à Craon, pour sa toute première

sortie dans sa région et devant son public. Personne ne savait encore qu’il

allait mourir d’une crise de coliques trois semaines plus tard.

Fils de la confirmée Criss

Cross (Crystal Palace), la seule vraie bonne jument qu’il a rencontrée à ses

débuts, Hélios Quercus a été conçu et élevé par Martine et Daniel Chassagneux

au Haras du Bois aux Proux (49). Leur quête? Le sang de Nureyev pour établir

avec le sang de Caro, le grand-père de Criss Cross, leur croisement favori,

celui ayant présidé à la naissance de leur championne d’Auteuil Maia Eria

(Volochine). Les candidates à cette union sont légion, vue la propagation de

Caro en France par l’entremise de Kaldoun et de ses fils. Jusqu’à la révélation

d’Hélios Quercus en 2004, issu d’une première génération qui compte 6 vainqueurs

pour seulement 18 sujets, Diableneyev n’avait pas de véritable cote d’amour. Il

officiait alors à 900 euros. Entre 2002 et 2005, entre 10 et 20 produits sont

nés par an, dont une moitié d’AQPS auquel son profil ne correspond pourtant

guère…

Les sommets atteints par

Hélios Quercus ont convaincu Giulio et Julia Riva d’acquérir Diableneyev durant

l’intersaison 2004/2005. Et les retombées médiatiques d’Helios ont fait

exploser les listes de juments en quantité et en qualité. Les produits nés de

sa 1re année de monte au Haras du Thenney viennent de prendre 2 ans. 2008 et

2009 sont donc des années-clés pour Diableneyev qui a pris en quelque sorte un

deuxième départ. Il pourra compter sur les fruits de ses rencontres avec 82

juments en 2005, puis une soixantaine en 2006 et 2007.

En attendant, les Diableneyev

se sont bien défendus aux ventes avec une moyenne de 18.000 euros pour un prix

de saillie de 3000 euros, soit six fois la mise. A eux désormais de prouver que

leur père fait partie des rares étalons comme Indian Ridge, Muhtathir, Djarvis,

Kaldoun, Verglas ou autre Vidéo Rock, aux profils bien différents mais doués du

même talent : leur indéniable vertu d’améliorateur.