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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Un combat de géants…

Autres informations / 28.04.2009

Un combat de géants…

Par Mayeul CAIRE, Directeur

de JDG

La provocation est triple,

puisque BetClic défie la loi, les opérateurs en place… et son concurrent direct

Unibet, partenaire attitré du quotidien Métro depuis décembre 2008 ! Le ministère

du Budget n’ayant pas les moyens de sanctionner, ni Unibet, ni BetClic, il

appelle au secours le Conseil supérieur de l’audiovisuel (C.S.A.) : RMC est

sommée de respecter la loi. Selon une décision publiée dès le jeudi 23 sur son

site Internet, le C.S.A. souligne que l'activité d'Unibet « est illégale en

France dans l'état actuel de la législation » et que la publicité en faveur de

ces activités est « également interdite » à ce jour. RMC crie à l’injustice,

puisque selon elle, ni Métro ni DirectMatin n’ont été sanctionnés. A suivre…

 

Mais il n’y a guère

d’illusions à se faire sur le pouvoir des "Sages" : pour avoir

diffusé la publicité de BetClic, Europe 1 a fait l'objet le 21 avril d'une «

mise en garde » du CSA contre le « renouvellement d'une pratique ». La mise en

garde est réputée plus sévère que la simple lettre. Bof.

Vendredi 24, nouvelle

contre-attaque de BetClic, qui annonce son intention de continuer à communiquer

dans les médias français et demande une « égalité de traitement » avec la

Française des jeux et le PMU. Isabelle Parize, Directrice générale de Mangas

Gaming, holding qui possède BetClic, a les honneurs d’une interview au Figaro

(qui, certainement, récompense son « courage »). Elle confirme, tranquillement,

que la campagne de publicité, qui a débuté le week-end dernier sur Europe 1, se

poursuit. N’oublions pas de préciser qu’après Directmatin et Métro, ce même

Figaro a accepté une publicité de BetClic.

 

Et pendant ce temps, la

F.D.J. annonce avoir reconduit son partenariat avec le Comité national

olympique et sportif français (CNOSF) pour quatre ans. L'accord autorise la

F.D.J. à « développer de

façon exclusive des jeux sur le thème des Jeux Olympiques et des valeurs du

sport olympique », comme ce fut le cas pour les J.O. de Sydney (2000),

d’Athènes (2004) et de Pékin (2008), avec notamment des jeux de grattage.

 

Voilà, j’en ai terminé avec

le récit de la première semaine de guerre entre les géants du jeu. Vraiment,

n’ai-je rien oublié ? Malheureusement, non. Les courses, mis à part deux heures

d’antenne le dimanche de Pâques en direct de Longchamp sur Europe 1 (une

initiative de France Galop et du PMU), sont totalement absentes du champ de

bataille. Alors il y a deux manières d’interpréter ce silence. Bouteille à

moitié pleine : le modèle hippique français a encore de beaux jours devant lui,

puisque aucun grand opérateur n’investira des millions pour venir contester le

monopole du PMU. Bouteille à moitié vide : Unibet et BetClic sont prêts à

défier l’Etat français pour parler aux fans de football ; pas aux turfistes.

Mais s’ils ne considèrent les courses que comme un sport mineur, comment le

chiffre d’affaires de notre filière va-t-il continuer à augmenter ?