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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

André michel : « au débourrage, très, très vite, david powell m’a dit que milord thomas avait quelque chose en plus »

Autres informations / 18.05.2009

André michel : « au débourrage, très, très vite, david powell m’a dit que milord thomas avait quelque chose en plus »

André Michel a vibré avec la

victoire de son élève, Milord Thomas, dans le "Grand Steeple". Très

proche de la famille Powell depuis trente-cinq ans, il a co-élevé le cheval

avec son filleul, Thomas Le Boucher, au haras du Lieu des Champs. Ce dimanche,

il a signé sa plus belle victoire en tant qu’éleveur et nous a accordé un peu

de son temps pour revenir sur Milord Thomas.

 

JDG. – Comment avez-vous vécu

la course ?

André Michel. – On sait qu’il

peut avoir une appréhension sur la rivière. La première fois qu’il a couru en

steeple à Auteuil, il était tombé à cet obstacle. Dominique [Bressou, ndlr]

l’avait très habilement envoyé à Dieppe pour le remettre en confiance, lui

changer les idées. Dans le Prix La Haye Jousselin, il avait fait une faute au

premier passage, et au second, cela s’était mieux passé. Aujourd’hui, il nous a

encore fait une grosse bêtise à la première. La deuxième, cela s’est très bien

passé, comme dans le Prix La Haye Jousselin. Mais cette fois, j’ai vraiment cru

à la chute. Après, cela a roulé, nous avons vu que Jacques [Ricou, ndlr] avait

la course en main. Je n’ai pas trop regardé derrière, mais j’ai vu que Bel la

Vie (Lavirco) avait été arrêté. C’était l’un des concurrents à battre. Shannon

Rock (Turgeon), c’est un très bon, très grand cheval. On a vu sur la butte et

le railditch qu’il prenait son destin en main. Mais bon, tant que la dernière

haie n’est pas passée…

 

Pourquoi avoir choisi

Kapgarde pour Star d’Avril ? Nous avons été à Kapgarde car c’était évidemment

une belle origine. Côté maternel, nous avions déjà de la qualité d’obstacle car

sur la même lignée, nous avons eu Haut Plessis, double gagnant du Prix Robert

de Clermont-Tonnerre (Gr3), qui avait dominé Al Capone II.

Nous avions choisi Kapgarde

car c’est un cheval puissant, qui a du battant, de l’allure. Et puis j’avais

deux "Kapgarde" sur la mère et la grand-mère de Milord Thomas. Ce

sont deux chevaux totalement différents. Il y en a un qui est très typé

"Milord", qui a beaucoup d’allure, et l’autre qui est un peu plus

puissant. Mais la génétique, si c’était comme les mathématiques, tout le monde

gagnerait. Star d’Avril a malheureusement coulé de Saint des Saints. Elle a eu

un 3ans par Martaline qui est chez Dominique aussi. J’ai un 2ans par Al Namix

et cette année, elle est suitée du propre frère de Milord Thomas. Elle devrait

retourner cette semaine à la saillie de Kapgarde.

 

Comment était Milord Thomas

lorsqu’il était jeune ? Nous, les éleveurs, nous les voyons toujours avec les

yeux de l’amour. Mais je dirais que c’était un cheval commun. Dans les prés,

c’était un cheval comme les autres, joli, bien fait, pas trop de gabarit,

allant.

Mais bon, bien malin qui

aurait pu dire qu’il aurait cette destinée. Par contre, lorsqu’on l’a mis au

débourrage, très, très vite, David Powell m’a dit qu’il avait quelque chose,

dans sa façon de galoper, dans sa façon de faire. Il m’avait dit qu’il devrait

être un bon cheval. Il ne s’est pas trompé. David, on peut lui faire confiance.

 

Combien de poulinières

avez-vous ?

Je n’ai que quatre

poulinières au haras du Lieu des Champs. J’ai donné dix pour cent de Milord Thomas

à mon filleul [Thomas Le Boucher, d’où Milord Thomas, ndlr] pour son quinzième

anniversaire. Je lui avais dit que je lui donnais dix pour cent et qu’à ses

dix-huit ans, le cheval aurait 3ans et que s’il prenait de l’argent, il

pourrait faire la fête. À 3ans, il n’a pas fait beaucoup la fête, mais

maintenant, je pense qu’il va se rattraper.

 

Comment êtes-vous arrivé dans

le monde des courses et de l’élevage ?

Mon père était originaire de

la Manche et il avait des chevaux. Il avait notamment des chevaux de concours

hippique et il a d’ailleurs fait naître quelques chevaux de concours. Au début

des années soixante, il a acheté un lot de chevaux à la boucherie pour manger

l’herbe et dans ce lot de chevaux, il y avait, entre autres, une jument fille

de Wild Risk qui ne devait théoriquement plus jamais faire de poulain. Mais

elle avait été vue par le docteur Plainfossé et il nous avait dit qu’il ne

voyait pas pourquoi elle ne ferait pas de poulains. La première fille de cette

jument, nous l’avons récupérée, la suivante a été accidentée à l’entraînement.

C’est elle qui nous a donné notre bonne lignée d’où provient Haut Plessis.