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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Deux “poules” sans précédent, la province grandit

Autres informations / 12.05.2009

Deux “poules” sans précédent, la province grandit

Voir deux casaques

différentes d’un même entraînement aux deux premières places de la Poule

d’Essai des Pouliches (Gr1) a été une grande première dans l’Histoire du

classique de Longchamp. Jean-Claude Rouget a inscrit son nom au palmarès pour

la première fois et en lettres capitales grâce à Elusive Wave (Elusive City) et

Tamazirte (Danehill Dancer). Il faut d’ailleurs remonter à une autre époque,

celle des années 1950, pour découvrir le doublé d’un entraîneur dans la Poule

d’Essai des Pouliches (Gr1). En 1952, Pomare (Eble) et Devinette (Eble) offrent

les deux premières places du classique à Robert Baril et Georges Courtois.

Trois ans plus tôt, les deux pensionnaires de Charles-Henri Semblat portant la

casaque de Marcel Boussac, Coronation (Djebel) et Galgala (Goya), ne peuvent

être départagées pour la première place et le dead-heat est prononcé.

Ce dimanche, les Poules

d’Essai ont été une vitrine éloquente de la réussite de plus en plus marquée

des entraîneurs de province dans les plus belles joutes françaises. Bien loin

d’être inimaginables, ces arrivées sont historiquement inédites, car chez les

poulains, Yves de Nicolay a présenté le premier partant deauvillais, devenu le

premier gagnant, Silver Frost (Verglas). Son dauphin, Le Havre (Noverre) pro-

vient également d’un entraînement provincial, celui de Jean-Claude Rouget.

Depuis trente ans, la

province grandit au fil des courses de Groupe qu’elle rem- porte. Retour sur un

palmarès fleurissant.

L’anecdote est belle : le

premier Gr1 remporté après- guerre l’a été par un entraîneur de province,

installé à Saint-Cyr-Les-Vignes (42), Albert Swann Jr pour René Bedel (Burgos,

Grand Prix de Saint-Cloud en 1956). Son assistant de l’époque se nommait Louis

Boulard et c’est ce même Louis Boulard qui a empoché le premier Gr2 pour le

fils de René Bedel, Jacques ! En 1988, il remporte le Prix Guillaume d’Ornano

(Gr2) avec Valanjou (Pampabird). Derrière cette anecdote s’en cache une plus

importante, grandissant au fur et à mesure des pages de l’Histoire de

l’entraînement provincial dans les Groupes. Remontons donc en 1979. Cette

année-là et l’année suivante, la Province remporte un Groupe, le Grand Prix de

Vichy grâce à Alain Lyon et Perouges (Tiffauges) qui remportent deux victoires

consécutives. Il faudra ensuite attendre 1985 pour voir l’entraînement en

région s’imposer au niveau Groupe avec Dominique Sepulchre et Beaujolaise dans

le Prix Eclipse (Gr3). Jusqu’en 1991, les entraîneurs provinciaux remportent

une ou deux courses de Groupe dans l’année dont leur premier Gr2 grâce à Louis

Boulard. Et en 1992, quatre chevaux provenant de province remportent des victoires

de Groupe et les chiffres sont en pleine croissance, car si en 1993, une course

de Groupe, le Prix du Calvados (Gr3), est à mettre à leur actif, toutes les

années suivantes sont très fructueuses. Jusqu’aux années 2000, la province

remporte près de sept courses de Groupe en moyenne par an. Depuis, c’est avec

un nombre moyen de treize victoires qu’elle s’illustre dans les plus belles

épreuves du pro- gramme français. Et nul besoin de chercher trop loin les deux

plus belles années. Elles font partie de nos souvenirs les plus frais puisqu’en

2007, l’entraînement provincial s’impose dans vingt et une courses de Groupe et

l’an dernier, il a brillé à dix-sept reprises.

 

 

Les

entraîneurs de province se sont évidemment illustrés dans les Gr1. On pense

notamment à Eric Libaud et son Ange Gabriel (Kaldounévées). On se rappelle

forcément de Mercalle (Kaldoun), mémorable gagnante de bout en bout du Prix du

Cadran (Gr1) en 1990, entraînée par Maurice Bouland. On se souvient aussi de

Jean-Claude Rouget - l’entraîneur en province le plus titré dans les Groupes -

avec Millkom (Cyrano de Bergerac) dans le Grand Prix de Paris et le Prix Jean

Prat, ou encore des deux succès de François Rohaut dans la Poule d’Essai des

Pouliches avec Torrestrella (Orpen) et Tie Black (Machiavellian), les deux

seules pouliches entraînées en province apparaissant au palmarès après-guerre

du classique. Après 130 années de disette, l’entraînement provin- cial

s’illustre dans le Prix de Diane grâce à Henri-Alex Pantall et sa championne

West Wind (Machiavellian).

Au

total, vingt-cinq Gr1 français sont tombés dans l’escarcelle de l’entraînement

de province.